Didier Ballan Jazz Ensemble, Chez Alriq Bordeaux 16/08/16

Par Dom Imonk, photos Irène Piarou

Didier Ballan Jazz Ensemble

Didier Ballan Jazz Ensemble

Partir, larguer les amarres, c’est un peu ce que propose la guinguette Chez Alriq, car l’eau qui lui chatouille les pieds, vaste comme une mer, en fait un port, une escale. On y embarque sans se faire prier, à la découverte de nouveaux paysages sonores, et ce soir, c’est le bateau du Didier Ballan Jazz Ensemble qui nous accueillait pour revivre son projet Japam, dont l’esprit colle parfaitement au lieu. Peu avant le concert, Didier Ballan nous parlait de l’Inde, pays vénéré, qu’il visita plusieurs fois, avec son épouse Christiane, cinéaste. Il évoquait la remontée du Gange jusqu’à sa source, parcours spirituel, sur des flots chargés d’histoire et de signes. Marqué par une telle aventure, l’un de ses projets est de filer ainsi sur la Garonne, pour atteindre son berceau, dans les Pyrénées espagnoles. Et qui sait, peut-être lui dédiera-t-il une composition. La présence de ce fleuve tout proche est source de sérénité, et ce magnétisme aquatique rend les gens heureux et curieux. De semblables flux traversent la musique de l’Ensemble. Le concert a délivré un message de paix, susurré dès l’ouverture, sur fond de bourdon joué par Didier Ballan à l’harmonium indien, par l’excellente Emilie Calmé (flûte, bansuri) jouant une douce introduction à Japam, hymne de vie, dont le thème qu’on n’oublie plus est une respiration. Tout est calme et s’accélère soudain d’une fièvre collective où Didier Ballan, passé au piano, et Emilie Calmé sont vite encerclés par les rythmes et les sons capiteux d’une troupe bien soudée. On retrouve la patte de Nolwenn Leizour (contrebasse), un jeu stylé, profond et précis, limite « vitousien » par moment, alors que Jéricho Ballan (batterie) s’affirme de jour en jour en s’envolant de plus en plus haut, tel un Peter Pan des baguettes. Ce soir à ses côtés Ersoy Kazimov (derbouka, bendir), l’associé idéal, subtil mais enflammé jongleur de peaux, carrément en état de grâce. Un chorus de guitare incendiaire d’un Christophe Maroye en grande forme, a conclu cette consistante mise en bouche.

Nolwenn Leizour & Émilie Calmé

Nolwenn Leizour & Émilie Calmé

Ersoy Kazimov

Ersoy Kazimov

Christophe Maroye

Christophe Maroye

Le groupe fait corps et les morceaux se bonifient avec le temps. Ainsi « Amour » nous téléporte dans un paradis de douceur où quiétude et sérénité sont inspirées par une flûte fluide et onirique. « Jeru’s Dance », hommage calme et ensoleillé de Didier le père à son fils Jéricho, rondement mené, met tout le monde en valeur, et en prime un chorus tout en finesse du jeune batteur. Le premier set se termine déjà, avec un somptueux « Massala Café », méditatif au début, puis gagné par le rythme et un peu de mélancolie, lézardée d’une guitare torturée.

Jéricho Ballan

Jéricho Ballan

Le deuxième set démarre très fort par « Kaos », une sorte de heavy rock mutant, torride et crépusculaire, mené par un riff de guitare hallucinant. La batterie n’a rien à envier à celle d’un Bonzo et la basse pilonne. Le binaire est roi, tout le monde s’affaire à la fusion de ce métal et le piano du chef est l’oiseau qui survole la cité en flamme. Au final, comme une rédemption, le guitariste roi pourfendra les fumées d’un éclair ferraillant. Après la tempête, l’accalmie avec « Doute », l’un des grands thèmes du projet, l’impression qu’on est en apesanteur dans un éther bleu pacifique. Piano, flûte, harmonies de guitare et pouls rythmique apaisé, tout respire une beauté, transmise aux délicieux « Madhavi » et « Cerise » qui referment ce set. Le public jubile et en veut plus, alors voilà le rappel.  » La surfeuse des sables « , titre qui démarre en mode bluesy et se mue bien vite en un groove irrésistible, guidé par la flûte très seventies d’Émilie Calmé, qui mène un bal où tout le monde prend de monstrueux chorus. Un vrai feu d’artifice qui clôt une magnifique soirée que l’on souhaite revoir bien vite. Le bateau s’est transformé en un immense tapis volant qui nous emmène tous, au loin, très loin, nous ne sommes pas prêts d’en redescendre !

Didier Ballan

Didier Ballan

http://www.didierballan.com/

http://www.laguinguettechezalriq.com/

Ça balance à Capbreton. Août of Jazz 2016


Par Philippe Desmond.

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La déambulation musicale du Bignol Swing se termine sous les chaleureux vivas du public, juste le temps de passer un moment chez Tap-Tap le bar tapas du marché de Capbreton. « Tu viens aux balances cet après midi ? » me lance Bernard Labat un des organisateurs du festival Août of Jazz. Tiens, bonne idée, le temps est maussade on sera mieux qu’à  la plage. Bonne idée  ? Non, excellente idée !

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Sur scène au milieu de l’agitation habituelle de ces moments, pas moins de six musiciens, tous vainqueurs en leur temps du prestigieux prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz. Allons-y : le « Roi René » Urtreger (piano, prix 1960), Henri Texier (contrebasse, 1977), Eric Le Lann (trompette, 1983 ), Louis Moutin (batterie 2005), Pierrick Pedron (sax alto, 2006 ) et Géraldine Laurent  (sax alto, 2008) !  Ils sont réunis grâce à  François Lacharme directeur musical du festival mais aussi président de l’Académie du jazz. On fait les choses bien à  Capbreton.

C’est René Urtreger qui « dirige » l’équipe ;  il n’arrête pas de plaisanter, de jouer avec les mots, de faire des calembours douteux. Un boute en train. Il joue aussi… Henri Texier tient le rôle du sage, assis derrière sa « grand mère » il recadre les tonalités bien assisté par Pierrick Pedron qui est visiblement un puits de science musicale. Louis Moutin toujours branché sur le 10000 volts donne le tempo ou plutôt le propose car ça discute pour quelques bpm ; pas au métronome, au feeling : padam padam padam. Éric Le Lann se bagarre avec un mini micro-clip de trompette qui cohabite mal avec son retour. Quant à  Géraldine Laurent elle ne tient pas en place mais donne toujours un avis pertinent, sur l’ordre des chorus notamment ;  c’est vrai que parfois ça  fait un peu armée mexicaine tout le monde commandant ou essayant de le faire. Mais que de bonne humeur sous les rires de René  ! Un bout de « Milestones « , deux trois réglages,  c’est bon, c’est « facile ».

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La playlist élaborée par le roi René


– C’était prévu ça ?
– non !
– On le garde c’est bon.

– OK mais sans les couac.


Sur scène les techniciens s’activent, se parlent à  haute voix pendant la musique “ la grosse caisse sur le 18”, les photographes mitraillent,  un joyeux bazar. On voit les choses se mettre en place, les assaisonnements se préciser, un moment  vraiment  intéressant qui montre que même les grands ont des hésitations, des incertitudes et se remettent sans cesse en question. Le concert apportera les réponses à ces questions : magnifique.

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Au tour de Sinne Eeg et se son trio de se mettre en place. Sauf que depuis deux jours ce trio n’est plus qu’un duo, le batteur étant tombé d’une scène  – accident relativement courant – et s’étant sévèrement blessé. Au pied levé,  ça s’est décidé la veille, c’est Dré Pallemaerts – qui jouait dans le trio de Paul Lay le vendredi – qui assure la suppléance. Il a reçu les partitions vers 17 heures au début des balances. Il va donc répéter des bouts de morceaux en déchiffrant, Sinne lui expliquant ce qu’elle souhaite et lui proposant même de placer un solo sur un titre.

– I’m sorry Dré it’s very tiny

Mais Dré n’est pas n’importe qui – en plus d’être musicien il enseigne la batterie au Conservatoire de Paris  – et il apprend vite. C’est ahurissant.

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François Lacharme m’avait averti « en balances elle ne se livre pas beaucoup  » pourtant je la trouve déjà très à  l’aise, voix immédiatement en place. Quelques légères vocalises, pas de scat. Elle est très pro, très pointilleuse. Pour « les moulins de mon coeur » de Michel Legrand elle va travailler une bonne demi heure, soignant les détails, reprenant l’introduction,  le final. Du travail de précision.

– It works.

– No ! It kills ! précise Sinne

Le concert donnera raison à François Lacharme, Sinne physiquement métamorphosée, coiffure sophistiquée, talons aiguilles au lieu de ballerines, va nous éblouir. Sa voix, son charme, sa présence sont extraordinaires. Nous avions vu la préparation de la pâte dans l’après midi, là  nous goûtons le pain tendre et croquant, doré à  point. Elle chante et  scate à merveille. Le trio au top et Dré comme s’il avait toujours joué dedans !


Le soir donc, grâce à ces instants privilégiés, le concert aura une autre couleur. Si vous avez un jour une telle opportunité saisissez la c’est unique.

NB : le compte rendu complet du festival paraîtra dans la Gazette Bleue de novembre. 

Andernos … 45ème … ça tourne !

Par Ivan-Denis Cormier, Photos : Philippe Marzat
Inauguré en cette douce journée ensoleillée du vendredi 22 juillet 2016, le 45e festival de jazz d’Andernos s’ouvrait sous les meilleurs auspices. Nul coup de canon pour ameuter le voisinage, mais un modeste « ding » de l’instrument le plus minimaliste qui soit –le triangle– façon subtile d’évoquer le thème des festivités : « Percussions en tous genres, vous êtes désormais autorisées à battre le pavé trois jours durant ! » Dans cette station balnéaire d’ordinaire si sage, si tranquille, du fond du bassin d’Arcachon, où grands parents et familles choisissent de passer l’année au vert, l’été au chaud, comblés par la douceur de l’air, le bleu du ciel et de la mer, le festival de jazz est devenu un temps fort désormais indispensable, une institution sous la protection des élus, pompiers, gendarmes, agents de sécurité, et sous le regard amène des commerçants et artisans qui contribuent à faire d’Andernos un lieu éminemment vivable, et disons-le quasi-paradisiaque pour un festivalier.
Dans un de ces coins de France à dimension humaine où le culte de l’authenticité et de la bonne chère l’emporte encore sur celui de l’argent et du pouvoir, où les barres de béton et  les hypermarchés n’ont guère droit de cité, une musique urbaine aussi peu paisible que le jazz n’allait-elle pas détonner ? Une musique de rebelles, quand ce n’est pas de sauvages, caractérisée par des soubresauts, gesticulations et éructations, une musique d’aliénés qui génère autant de stress qu’elle en libère ; une musique violente qui exprime confusément la rage de ne vivre sans autre horizon qu’horizontalement, de grands axes bruyants, surpeuplés, embouteillés et survoltés et verticalement, d’immenses façades plutôt grises, sinon souillées de graffiti  ? Certains clichés ou a priori ont la vie dure ; un choc culturel brutal, un rejet total étaient à craindre, et pourtant…
A en juger par l’écoute attentive de ceux qui ont eu la bonne idée de venir entendre ces tambourineurs, souffleurs, gratteux produire des sons étranges sûrement venus d’ailleurs, il n’y a ni panique ni révulsion, la curiosité est là et la soif de découvrir des sensations nouvelles évocatrices d’autres horizons finalement pas si lointains que cela semble satisfaite. Toutes les conditions étaient réunies pour favoriser cette écoute. Andernos adhère à des choix esthétiques audacieux –entendez, sans intolérance aucune– dont le jazz est plus petit dénominateur commun. Pour la municipalité, saluons un vrai respect et une volonté d’accueillir non seulement dignement, mais chaleureusement ces visiteurs d’un soir. Admirons l’engagement des énergies locales, rassemblées et organisées, dévouées et généreuses. Le big band qui a l’honneur d’inaugurer la scène du jardin Louis David tandis que les bénévoles servent aux invités boissons, verrines et huîtres a choisi le mélange des genres, signe d’ouverture d’esprit qui correspond bien à la volonté du grand maître des cérémonies Eric Coignat ; idéalement situés et très conviviaux, les lieux sont propices à l’échange, la communion. La ferveur des artistes se nourrissant toujours aussi de celle de l’auditoire, on peut s’attendre à un vrai succès –pas seulement un succès d’estime, manifesté par quelques applaudissements polis– chacun aura compris qu’ici on ne se fiche pas du monde, qu’on offre au visiteur une expérience globale hors du commun. L’effort consenti est aussi financier –l’hospitalité n’est pas un vain mot : la gratuité de ce festival exceptionnel est admirable, c’est l’autre raison qui emporte l’adhésion.
La maison Louis David qui borde le jardin s’est transformée en centre culturel et ce soir, en musée où est présentée une magnifique collection privée d’instruments à vent, des plus rudimentaires –didgeridoo ou chofar — aux plus sophistiqués, trombone à coulisse et à pistons, cornet, trompette ou bugle, saxophone. De surprise en surprise, ce festival-là a pris le parti de nous instruire, d’étonner et de réjouir.

Alexis Valet

Alexis Valet

Direction la scène qui jouxte la jetée, pour y écouter Alexis Valet, vibraphoniste, et son sextet lauréat du tremplin d’Action Jazz cette année. Ce groupe se compose de jeunes et de plus anciens. Percussif dans son essence, son jazz post-moderne déroule des mélodies soignées, des harmonies très travaillées et ne cède jamais à la facilité. Julien Dubois, qui œuvre au saxophone et Sébastien ‘Iep’ Arruti, au trombone, en musiciens accomplis, exposent avec brio des thèmes auxquels ils donnent du sens et de l’expression, s’appuyant sur une rythmique solide ;

Sébastien "Iep" Arruti

Sébastien « Iep » Arruti

Aurélien Gody à la contrebasse pilote le tempo, qu’il souligne, ponctue ou appuie bien par quelques mesures de walking bass, et on se régale du jeu très fin du batteur Jéricho Ballan qui donne à l’ensemble un relief saisissant. A la guitare, quelques accords bien ouverts et quelques lignes mélodiques style contrechant donnent de l’épaisseur et une texture particulière à chaque titre et Yori Moy emploie une palette de sons différente selon les morceaux ; le maître d’oeuvre, lui, est toujours présent mais intervient de façon décisive en chorus,

Jéricho Ballan

Jéricho Ballan

Les compositions sont riches, relativement complexes, du coup, les improvisations présentent pour les solistes de nouveaux défis, car les suites d’accords sont tout sauf conventionnelles et poussent chacun à explorer et à articuler des combinaisons harmoniques inédites, la gageure étant de construire un discours en référence au thème qui s’inscrive dans la tradition jazzistique –variations infinies sur un thème pré défini. Le public a-t-il de l’oreille ? Apparemment oui, et il la prête volontiers –cette curiosité et cette marque de respect de la part de néophytes étonnent dans le bon sens.

Aurélien Gody

Aurélien Gody

Retour au jardin Louis David pour écouter le trio du Québécois Jérôme Beaulieu. Dès les premières envolées on est frappé par la qualité et surtout la précision rythmique de l’ensemble. Ce sera décidément le temps fort de la soirée. La progressivité de la montée en puissance et la netteté des changements de plans sont frappantes. Le public n’a pas à compter les mesures : le groupe lui fait ressentir le découpage de façon évidente, le plonge dans une expérience physique qui prend aux tripes et monte à la tête. Sans compter que l’abord jovial du contrebassiste Philippe Leduc à l’enthousiasme communicatif suscite immédiatement l’empathie. Les trois acolytes emmènent l’auditeur dans un univers assez proche de celui d’Esbjörn Svensson mais en plus dynamique et plus coloré, notamment grâce à un pad de percussions échantillonnées, utilisé par le batteur William Côté avec sagacité et parcimonie. L’utilisation de l’archet par Philippe Leduc est judicieuse et révèle du même coup la justesse des notes (jusqu’à NHOP cela n’a pas toujours été le fort des contrebassistes de jazz) A consommer sans modération.

Philippe Leduc, "Misc"

Philippe Leduc, « Misc »

Pas de faute de goût, finitions impeccables, dans ce répertoire qu’immortalise l’album Misc. , tout séduit et impressionne. La maîtrise des volumes, des masses et timbres sonores, le soin apporté à l’architecture et les surprises que créent les variations montrent un formidable travail de composition et de cohésion instrumentale en amont. Dans l’entame des morceaux, on réalise que l’accentuation des notes, qui définit la pulsation avant même que n’interviennent la basse et la batterie, est parfaitement dosée et que le toucher du pianiste est bel et bien magistral. L’on comprend que Jérôme Beaulieu traite résolument le piano comme un instrument à percussion (il l’est par nature, mais ses autres attributs ont peut-être fait oublier qu’il peut aussi se réduire à cela) c’est un choix esthétique qui ravit. Et lorsque le ‘drive’, l’énergie d’un couple contrebasse-batterie dansant prennent le pas sur la mélodie, le pianiste choisit d’exploiter la diversité de timbres que permet la fonction percussive de son instrument, d’étouffer toute résonance en posant la main sur les marteaux à l’intérieur du piano ou de gratter quelques cordes. L’effet est saisissant.

Jérôme Beaulieu "Misc"

Jérôme Beaulieu « Misc »

Très conscients de l’abrasion que produit une trop grande complexité harmonique sur des oreilles non exercées (ou pas assez endurcies, comme on voudra) le groupe a choisi de s’inspirer de musiques réputées moins savantes, le rock ou la pop, et de privilégier une rythmique à la fois complexe et abordable, stimulant en nous quelque chose de plus viscéral, de plus immédiat, et ça marche ! Pas de déchet, rien n’est gratuit… sauf le concert lui-même ! Dans cette recherche de la perfection d’exécution, de la pureté, de la gaieté et de l’ardeur juvénile, il y a une fraîcheur qui tranche sur les productions cérébrales purement expérimentales comme sur celles bien trop lisses qui répondent à des exigences commerciales. Cette nouvelle génération enterre joyeusement les fossiles (leurs aînés, héros couverts de gloire, se retrouvent aujourd’hui dans la position d’anciens combattants arborant leurs médailles et avançant avec peine lors de commémorations officielles).

Je ne le cacherai pas, une certaine amertume m’envahit lorsque je vois se caricaturer elle-même telle ou telle légende des années 60 ou quand je vois se produire des stars qui ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, une certaine fierté aussi quand je vois de jeunes musiciens reprendre le flambeau et se battre à leur tour en revisitant les standards avec conviction et inspiration ; cependant je me dis qu’avec Misc, on assiste à tout autre chose, car là où les anciens alpinistes traçaient péniblement des voies dans un environnement hostile pour arriver au sommet, eux partent du sommet et dévalent à toute vitesse des pentes vertigineuses après avoir pris le télésiège, mais qui peut en vouloir à ces jeunes talentueux de faire du hors-piste ? Dans la voie qu’ils ont choisie, les obstacles et les aspérités sont multiples, mais les difficultés du parcours sont effacées par la sûreté des trois musiciens. Au final, c’est un peu comme si l’auditeur était un randonneur novice amené à suivre un sentier de haute montagne balisé par des guides expérimentés.

Clap de fin …

Par Annie Robert

Chroniques Marciennes  fin
Marciac 15 Juillet 2016

Clap de fin : Florilège des petits agacements et autres satisfactions….

Lorsqu’un festival se termine, pour l’équipe qui l’anime, c’est le temps du rangement, de la désinstallation et du nettoyage. C’est également le temps de la séparation et des bilans en tout genre. La pression retombe, la fatigue s’installe et la nostalgie n’est pas loin. L’année suivant pointe déjà le bout de son nez…
Pour les festivaliers, il s’agit de récupérer les heures de sommeil  trop brèves et ses pénates, de quitter la jolie bastide, de réactiver les images et de se raconter les moments forts mais aussi les petits riens qui ont traversé la bulle musicale vécue. Des petits riens  agréables souvent et des petits riens bien agaçants parfois:

On ne dira pas merci :

– aux « officiels », invités, sponsors des premiers rangs arrivant sans vergogne en retard sous le nez des artistes.
– aux « non officiels » qui arpentent les travées, rentrent et sortent à tous moments et gênent l’écoute.
– à la salade gasconne que l’on retrouve partout.
– au monsieur avec son panama vissé sur la tête, et qui malgré les protestations discrètes le gardera jusqu’au bout du concert.
– à la queue interminable pour récupérer les sacs à dos trop volumineux au goût de la sécurité.
– au jeune homme, qui face au concert, iphone vissé aux oreilles, écoute autre chose et parasite son voisinage.
– au vin rouge de St Mont, servi systématiquement froid.
– à la clim trop fraîche de l’Astrada à laquelle on doit un petit rhume.
– aux bougons, râleurs en tout genre, parleurs sans vergogne.
– aux joggeurs du petit matin qui vous font ressentir encore plus à quel point vous êtes nazes après une courte nuit.
– aux coups de coudes, écrasements de pieds et bousculades sans excuses.

On dira merci :

– aux coups de coudes, écrasements de pieds et bousculades avec excuses.
– à la voix inimitable de Cardoze  à la présentation du chapiteau avec ses torrents de cailloux et à la voix enjôleuse d’ Helmie à la présentation du bis.
– aux petits vendeurs de glace du chapiteau avec leur voix tonitruante.
– aux échanges passionnés après les concerts avec n’importe qui, son voisin, son copain ou un parfait inconnu.
– aux petits jardins frais pour aller dîner.
– aux groupes joyeux, talentueux ou pas mais passionnés qui animent les rues.
-au stand de France Inter qui permet aux sans -billets d’écouter quand même un bout de concert.
-au jeune bénévole qui avec sa raclette s’est escrimé à tenir au sec des toilettes dont le lavabo fuyait.
-aux deux amoureux serrés-collés pendant un concert, se fabriquant de beaux souvenirs.
– aux soupirs, enthousiasmes et petites larmes retenues.
-au cinéma, tout petit, tout accueillant offrant fraîcheur, doux fauteuils et docs intelligents
– au commerçant fatigué mais souriant quand même lorsqu’à la fermeture on vient juste acheter un paquet d’allumettes.
– aux jeunes placiers, patients, infatigables qui arpentent les allées du chapiteau.
-à la petite gazette du festival et ses jeux de mots laids.

-à tous les bénévoles bien sûr, les jeunes, les vieux, les routards, les fêtards, les sourcilleux et les joyeux, toujours disponibles
-à la musique tout simplement
– à Marciac  qui sait  faire le grand écart entre Mississippi jazz band et Kamasi Washington

 L’année prochaine, c’est la 40° édition … j’ai l’impression qu’on y sera…. !!!!

 

Les merles blancs …

Par Annie Robert, Photos : Lydia de Mandrala et Thierry Dubuc

Chroniques Marciennes  # 12
Marciac 13 Août  2016

Hugh Coltman  /  Jamie Cullum

Dernier concert, pour moi, de cette 39° édition de Jazz In Marciac, un peu de nostalgie, et de bleu au cœur mais un beau feu d’artifice pour une soirée 100% mec…
Un chanteur de jazz, c’est peu courant, mais deux c’est carrément l’équation rare. Voici donc des merles blancs en double exemplaire et quels merles blancs, les filles (les gars aussi si vous voulez) j’en suis toute « bouleversifiée »…  !!

Hugh Coltman

Hugh Coltman     (Lydia de Mandrala)

Je ne reviendrai pas sur Hugh Coltman, déjà chroniqué il y a peu  sur le blog d’Action Jazz : https://blogactionjazz.wordpress.com/2016/03/ en sachant que je ne changerai aujourd’hui pas une seule virgule à la chronique écrite, il y a quelques mois, tellement il s’est montré  égal à lui-même, brillant, charmeur, profond, d’une maîtrise vocale incontestable dans son répertoire autour de Nat King Cole.

Bojan Z (Lydia de Mandrala)

Bojan Z        (Lydia de Mandrala)

Il avait de plus ce soir, un pianiste d’exception en la personne de Bojan Z, inattendu et plus que parfait dans son rôle d’accompagnateur de luxe. La prestation de Hugh Coltman fut formidable d’émotion et son interprétation de «  Morning star » par exemple, a embué les yeux  de centaines personnes. Une découverte pour certains spectateurs enthousiastes et convaincus et un plaisir partagé pour les autres. Un artiste magnifique.

Hugh Coltman Band (Lydia de Mandrala)

Hugh Coltman Band          (Lydia de Mandrala)

En deuxième partie, agité comme un shaker survolté, un air d’adolescent  malgré ses 37 ans, baskets aux pieds et chemise décorée de « Fuck you » qu’il enlèvera à la première occasion, Jamie Cullum investit le chapiteau.

Jamie Cullum (Thierry Dubuc)

Jamie Cullum         (Thierry Dubuc)

C’est une prise en main active, tonique, celle d’un show-man de haut niveau, un raz-de-marée endiablé. On le voit jouer du piano debout, parcourir le public ou donner une démonstration de « human beat box », ou de « piano beat box », dévorant le plancher de la scène, faisant preuve d’un humour certain et d’un abattage de feu follet. Rien ne lui résiste.

Jamie Cullum (Thierry Dubuc)

Jamie Cullum            (Thierry Dubuc)

Une voix de velours  à la Frank Sinatra capable de faire craquer les duègnes les plus rébarbatives, un jeu aérien, solide au piano, et il nous met tous dans sa poche. Conquis, on se laisse embarquer par ce zébulon dont l’enthousiasme  et l’énergie sont contagieux. Autour de lui, deux sidemen poly instrumentistes  et talentueux, Rory Simmons et Tom Richards, passant de la guitare à la trompette, du saxophone  aux synthés avec brio  assurent  des changements adaptés de couleurs pour chaque morceau et le vocal quand il le faut. La section rythmique de belle qualité, Loz Garrat  à la basse remarquable et Brad Webb à la batterie n’est pas en reste.

Jamie Cullum (Thierry Dubuc)

Jamie Cullum           (Thierry Dubuc)

Le passage des impros aux thèmes, des folies à l’apaisement est cependant très réglé, mine de rien. Le trublion aux airs de gavroche fait le fou, mais sait bien où il va. C’est un professionnel accompli qui ne laisse rien au hasard. Et le show tourne comme une montre à plein régime. Pas de temps mort, pas de retombée d’enthousiasme possible. Il passe du piano aux synthés ou aux percus avec la même énergie. Son set est composé massivement de créations personnelles et de quelques reprises. Avec des incursions dans le hip hop, une forte base de pop, des accents rythm and blues,  il décline des morceaux dans la fière tradition du jazz  et repasse tout cela à la moulinette, Jamie Cullum. C’est attachant, brillant  et d’une efficacité sans pareille.
À la moitié du show, les allées du chapiteau sont déjà envahies, les gorges déployées pour chanter (à deux voix s’il vous plait !), les mains rouges d’avoir été trop frappées en rythme et les groupies de tous âges, de tout sexe n’en peuvent plus.

Jamie Cullum (Thierry Dubuc)

Jamie Cullum (Thierry Dubuc)

Le public n’est pas allé  jusqu’à arracher les fauteuils (on est à Marciac quand même !!) mais ça chauffait fort dans le chapiteau et ce samedi soir, a tenu ses promesses. Un final en forme  d’éruption volcanique. Wouah Jamie !!

Du rififi dans les claviers …

Par Annie Robert

Chroniques Marciennes  # 11
Marciac 12 Août  2016

Rémi Panossian trio  /  Bojan Z Trio

Il est bien rare d’avoir un concert dont les deux parties soient aussi intéressantes l’une que l’autre. Il y a souvent une faiblesse, une préférence, une comparaison.
Pourtant ce soir à l’Astrada, rien de tout cela : deux trios, magnifiques en tout point, bâtis sur la même formule, piano, basse, batterie, certes différents dans leur partis pris musicaux, leur expérience et leur âge mais d’égale qualité dans leur production; deux moments de plaisir à admirer le talent à l’état pur.

Premier sur la scène : Rémi Panossian Trio, des jeunes trentenaires affûtés, dont l’énergie, la rapidité du jeu, l’espièglerie sont les traits essentiels. Ces trois-là sont les rois de la volte-face, des ruptures et des suspensions. Des tue-l’ennui intégraux. Tenue par des bouts mélodiques accrocheurs, dans la tradition du rythme and blues ou de la pop, leur musique s’éclate rapidement en motifs répétitifs à la métrique complexe. C’est construit, travaillé, ciselé, pensé et joyeux mais cela n’empêche pas une improvisation  débridée. Avec Frédéric Petitprez batteur fou, tour à tour léger ou viril qui impose au groupe un rythme débridé, la  contrebasse allongée, déliée et parlante de Maxime Delporte souvent en contrepoint et réponse avec le piano, Rémi Panossian  a trouvé des alter ego pour satisfaire ses envies de contrastes et laisser s’exprimer son piano redoutable d’une agilité de singe. Dans ce trio, chaque instrument a son importance et prend le thème ou le leadership : ballade aux accents de gospel d’une belle pureté pour le piano, danse folle de la contrebasse,  solo introductif pour la batterie où vont s’exprimer toutes les facettes de l’instrument, grincements, frappes , peaux, fers, tintements…C’est un univers, un ton qui n’appartient qu’à eux et dans lequel on entre sans difficulté.
Ces fans du changement de tempo et des contre-pieds sont également remplis d’humour, au vu des titres décalés de leurs morceaux « Brian le raton laveur » « Burn out » ou « Into the Wine ». On sent qu’il y a une vraie vie de groupe, une véritable création collective. Ils se situent dans cette mouvance actuelle des jeunes groupes de jazz, qui travaille en collectif et non plus en individus partenaires d’un moment. Malgré quelques redites et quelques effets de trop, cela donne une musique bluffante, tonique, rusée et de haut vol, une performance technique et une vérité musicale authentique. On ne dira plus « à suivre » mais « allez-y » !
En deuxième partie, le Bojan Z Trio. Bojan Z, la cinquantaine éclatante, est un pianiste qui n’a peur de rien, inclassable virtuose, inventeur permanent, traficoteur d’instruments. Aussi à l’aise aux synthés qu’au piano, il se délecte des échanges, des mélanges, des folies décalées. Sa carrure d’athlète a partagé la scène avec des musiciens de tous horizons, de tous pays, un « xénophoniaque » fertile qui étonne sans cesse. Moins d’urgence dans sa musique, plus de sérénité mais pas moins d’énergie et de partage. Il est peu fréquent de le voir en trio. Mais ce soir pour Marciac, il se plie avec bonheur à ce passage obligé pour tout grand pianiste avec deux compagnons de choix. Thomas Bramerie à la contrebasse est un sideman de luxe  qui sait suivre sa propre mélodie tout en gardant une base rythmique impeccable. Pierre François Dufour est lui, un batteur multicarte, actif, solide et coloré qui va nous révéler une autre facette de ses savoirs. Un groove sans faille ne lâche pas le groupe, il en est l’épine dorsale, court dans les cordes, dans les touches, dans les cymbales. Bojan Z a adapté au trio plusieurs de ces morceaux anciens et récents : un « TNT » explosif bien sûr, un « Tender » mélancolique et obsédant qui virera au paroxysme  grâce à l’ostinato puissant du piano. Bojan Z sait convoquer toutes les couleurs des folklores qu’il aime, celui des Balkans bien sûr avec un « CD Rom » en forme de clin d’oeil mais aussi celui du moyen Orient et du chaabi, celui des îles avec le maloya évoqués dans « Algérique » .
Lorsque Pierre François Dufour se mettra au violoncelle, ils nous offriront une chanson  de Carlos Jobim, à la fois triste et joyeuse, un concentré paradoxal du Brésil, très délicat et sobre. Et le morceau suivant nous fera découvrir les attraits rarement vus du violoncelle jazz.
La musique de ce trio c’est la couleur, une brillance de bayadère et beaucoup d’inventivités, un métissage swinguant et heureux.
Le set se conclura par deux morceaux enchaînés, un « Good wine » gouleyant et un « In goods we trust » en forme de chevauchée fantastique.

Une soirée magnifique, cohérente et revigorante, entre une découverte -confirmation, et confirmation- découverte. Du plaisir pur jus.

All that jazz …

Par Annie Robert, Photos : Thierry Dubuc

Chroniques Marciennes  # 10
Marciac 11 Août  2016

Lucky Peterson Quartet  /  Wynton Marsalis Quintet

Ce soir nous voici revenus aux racines, du jazz, du swing, du blues, de la ballade. Rien d’un musée figé, bien au contraire, la tradition certes, mais la tradition dans ce qu’elle a de bon, le partage avec des plus jeunes, la remise en cause et un ouvrage final, parfait, plein de tonus et de grâce.

Lucky Peterson

Lucky Peterson

Délaissant sa guitare pour l’orgue Hammond dans laquelle il excelle, et après avoir offert  la veille, en guise d’amuse -oreille, un petit concert gratuit d’une demi-heure sur la place du bis à un public « espanté » comme on dit dans le Sud-Ouest, Lucky Peterson est sur la scène du chapiteau pour cette première partie swing and blues.
Celui-là, c’est un phénomène, comme un sale gosse taquin  qui ouvrirait tous les bocaux d’un magasin de friandises. Il picore, s’étonne, rigole de ses excès et de ses facéties « ah, vous ne vous attendiez pas à ça les gars.. » Il regarde le public en riant, heureux de ses pitreries pour revenir au thème que nous n’avions jamais perdu de vue.

Herlin Riley

Herlin Riley

Et derrière, ça suit au quart de tour, ça riposte, nous entraîne dans un vrai manège de chevaux de bois. Il faut dire qu’il a avec lui un batteur de grande classe. Herlin Riley qui est également le batteur d’Ahmad Jamal, autant frappeur de peau que joueur de fer, est d’une régularité de métronome, jamais trop appuyé et inventif. Visiblement il s’amuse bien lui aussi.

Kelyn Crapp

Kelyn Crapp

Le jeune guitariste Kelyn Crapp, discret et frais, et un saxophoniste rutilant, très créatif, monté sur pile (mais dont je n’ai pas saisi le nom.) complètent  le quartet. Quant à l’orgue Hammond, c’est un vrai monstre de force. Inimitable dans les nappes de sons mais aussi dans les impros agiles que ses deux claviers lui permettent. Elle peut se faire tendre pour des slows langoureux mais pleins de surprises, des accords vanillés et décalés. À l’arrivée de Nicolas Folmer à la trompette, une section de soufflants swinguants s’installe pour des unissons ou des jeux harmonisés sur des standards bien plantés : un « Misty » de derrière les fagots, romantique mais épicé de cannelle et de gingembre, un «  Every day I have the blues »  cabotinant et joyeux malgré son titre, un « Purple rain » émouvant, repris en chœur par la salle et décliné par la voix inimitable de Peterson. Des niches, le papy gamin en fera tout au long du set, il appellera même à le rejoindre, un Wynton Marsalis qui ne s’y attendait pas et qui nous offrira un beau solo avec un micro prêté par le sax.

Lucky Peterson

Lucky Peterson

Ce bluesman-là est un concentré de peps tonique, un remède à la mélancolie sous un chapeau noir, un vrai moment de joie et de talent.

En deuxième partie, c’est au tour de Wynton Marsalis de magnifier la tradition du jazz. Le parrain du festival, le fidèle d’entre les fidèles, après avoir célébré les grands orchestres quelques jours auparavant avec les «  Young stars of jazz »  a choisi ce soir une formation plus restreinte, resserrée dans l’espace pour une intimité entre les musiciens et un set centré essentiellement autour des ballades.

Wynton Marsalis

Wynton Marsalis

La formation est très unie, en parfaite harmonie. Il n’y a entre eux aucune hésitation, aucun faux pas. Walter Blanding aux saxophones possède un son rond, profond et virtuose et son phrasé simple est toujours à propos, Dan Nimmer au piano joue à saute-mouton et se montre tour à tour lyrique ou soyeux, Carlos Henriquez est une basse mélodieuse qui soutient sans faille la rythmique. Ses impros sont des modèles du genre, courtes et avenantes. Le batteur Ali Jackson peut se montrer plein d’humour mais toujours solide.
Une unité qui se ressent dès les premiers morceaux. La couleur est la même, les partis prix également. Cela n’exclut pas les surprises.
Hervin Riley, le batteur de Lucky Peterson vient impromptu battre du tambourin avec brio sur le 2° morceau… et une taquinerie de plus…

Wynton Marsalis Quintet

Wynton Marsalis Quintet

Le set s’organise autour de morceaux  toniques et swing  mais surtout de ballades pleines de charme où la trompette se fait amoureuse, soucieuse des nuances avec des petits souffles ou des grands éclats. Le jeu  de Marsalis force l’admiration. Avec son embouchure droite, sa trompette est claire, soutenue. Il a la capacité de lui faire endosser un habit d’ogre ou de ballerine, de fée clochette ou de loup-garou, avec classe, élégance et subtilité qu’elle soit en sourdine ou à pleins poumons.
Ce retour au quintet de base et cette déclinaison de la belle ouvrage  restent vivants, remplis de flamme, festifs et on le comprend vite jamais figés. Wynton Marsalis connaît ses origines musicales, il les cultive et le fruit porté est toujours savoureux.

Wynton Marsalis

Wynton Marsalis

Ces deux grands noms ont du jazz, du blues, du swing collés à leurs semelles, ils nous en ont offert le meilleur et l’essence. À présent rassérénée, bercée, la nuit pourra sans peine se remplir d’étoiles. Good night Jazz.