Marc Ducret et Journal Intime Toulouse 18/09/16

Par Stéphane Live

En ce dimanche 18 septembre, l’association « Un Pavé Dans Le Jazz » présente ses activités pour le trimestre à venir. Cette soirée à lieu à Toulouse, au Théâtre du Pavé, structure située dans les faubourgs de la ville rose.

L’accueil du public se fait autour d’un verre, et les premiers arrivants ont pu avoir un aperçu du concert de Marc Ducret et de Journal Intime (Sylvain Bardiau, trompette, Matthias Malher, trombone, Frédéric Gastard, saxophone basse) en entendant les balances. Ce son de cuivres envahi le hall du théâtre et l’attente est longue car l’avant goût était tonitruant.

On patiente en découvrant les futurs concerts mis en place par « Un Pavé Dans Le Jazz ». Un mélange de free jazz, de musiques improvisées dont une création dans une grotte de l’Ariège, ou comment l’art pariétal peut se mêler au jazz actuel. Cette programmation est proche de celle de l’association bordelaise Einstein On The Beach, que certains connaissent peut-être grâce aux sessions Le Monde Est Free au Rocher De Palmer.

Marc Ducret arrive sur cette scène avec un décor inexistant, un éclairage minimaliste, mais ce n’est pas un problème car notre esprit va se remplir de mille images au fil de ce set. Pas d’accessoire particulier pour la guitare, seulement une pédale d’effet et aucun dispositif électro-acoustique pour les trois cuivres. Marc Ducret nous conte la genèse de son album et les conditions dans lesquelles il a été composé. Le concert reprend le répertoire de l’album « Paysage, avec bruits », il n’y a pas meilleure description de ce que l’on verra sur scène ce soir que ce titre. Tout défile devant nous, des paysages avec des ambiances calmes ou plus tendues, oppressantes parfois…. Contemplatif par moment et plus sur la défensive pour d’autres… Lorsque les trois cuivres jouent ensemble on est dans une sorte de bestialité, de furie où la guitare de Marc Ducret vient délicatement se poser, tel le pointillisme des peintres, par petites touches le morceau avance et se construit. Dans des passages plus intimes l’échange est calme et léger, on apprend à écouter ces instants de quasi silence où les instruments apparaissent tranquillement et dialoguent, on écoute le souffle des musiciens, les doigts effleurer les instruments.

Les morceaux, d’environ 15 minutes chacun, nous font traverser des terres inconnues. La culture, l’imaginaire de chaque spectateur l’amènent sur des rivages différents. La richesse de ces expérimentations est de laisser libre cours au public, pas de règles établies pour l’écoute, on se laisse aller, l’imagination est au pouvoir. Aucune vision urbaine ici, de la nature, de la campagne, des forêts, des bords de mers….On marche, on court… On contemple, on observe l’environnement ou des animaux. Cette musique à la fois expérimentale, complexe et rafraichissante est un vrai régal pour les neurones.

On laisse les quatre musiciens, après 1h30 de concert, avec du regret mais le cœur rempli d’émotions, d’images et avec l’envie de réécouter tranquillement chez soi l’album studio de cette collaboration. Les habitants de la région bordelaise auront la chance de revoir le trio Journal Intime dans une configuration différente le 13 avril 2017 au Théâtre des Quatre Saisons de Gradignan.

dsc_3361

Coup de vent sur le bassin

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

tdbg7279-modifier

Best Western La Teste de Buch le samedi 17 septembre 2016

Ce soir l’association Bassin’ Jass présidée par monsieur Jean Claude Doignié invite la formation Tenor Battle composée aux saxophones ténors de Claude Braud, Pierre Louis Cas, Philippe Chagne et Carl Schlosser ténor et flûte.

La section rythmique est assurée par Patricia Lebeugle à la contrebasse, Franck Jaccard au piano et Stéphane Roger à la batterie.

tdbg7189-modifier

Ni flonflons ni paillettes, juste une sobre décontraction aux sourires généreux, c’est la touche des grands qui gagnent leur place, dans le coeur des gens.

D’ailleurs tout le monde est là de 7 à 77 ans, du découvreur au connaisseur. Ici et maintenant chacun peut y trouver son compte et marquer ses points …

Le voyage commence à l’heure, le décollage s’amorce enfin, nous voilà soudain empoignés par une première volée de mots fulgurants et cuivrés.

La formation riche d’amitié, d’une réelle complicité et d’humour que ces messieurs et dame partagent à volo …

C’est l’union sacrée des sages qui a su préserver son esprit d’enfant pour le laisser se manifester et courir librement hors de sa bulle comme un supplément d’âme frais et tendre.

tdbg7208-modifier

Il ne semble pas que les prévisions météorologiques aient annoncé tant de souffles ce soir et pourtant !!  Un souffle tournant depuis les points cardinaux, presque espiègle, fougueux, en petites fugues et bouquets fleuris, tout y est.

Dès la première page de la soirée nous sommes surpris de temps à autre les yeux mi-clos, entrain de déguster intérieurement la qualité de jeu de chaque artiste pour nous faire prendre conscience que nous sommes ce soir au creux de l’instant nommé privilège.

Tenor Battle, leur album sorti en janvier 2016 nous est présenté à cette occasion. C’est la musique des année 50, jazz swing, boogie, blues, adaptée par nos compères.

D’ailleurs c’est avec Flight of the foo birds de Neil Hefti popularisé par Count Basie mis à l’honneur ce soir, que précisément une femme féline est apparue subitement sur l’espace carrelé noir et miroitant. Comment vous dire ?… Aussi légère et vive portée par ce rythme surchauffé ondulant, sautillant, bondissant et enjoué, lorsque la belle prend la main de son ami ravi semble-t-il  … Les voilà tous deux glissants et virevoltants avalés dans le ruban multicolore des saxos, piano, contrebasse et battant pavillon de la joie d’un couple enchanté. Vous pouvez me croire, ce fabuleux duo a bel et bien existé, même s’il n’a pas quitté mon imagination avant ce soir. Ceci dit je suis certaine que d’autres ailleurs et à d’autres moments les ont également remarqué …

tdbg7117-modifier

Playlist de la soirée

1. My Delight (Rashaan Roland Kirk)

2. Stolen Sweets (Wild Bill Davis)

3. Flight of the foo birds (Neal Hefti)

4. Moten Swing (Bennie & Buster Moten)

5. After Supper (Neal Hefti)

6. Comin’ home baby (Bob Dorough and Ben Tucker)

7. Drums boogie (Gene Krupa)

8. Shiny Stockings (Frank Foster)

9. Cristo Redentor (Duke Pearson)

10. My Full House (David Newman)

11. The preacher (Horace Silver)

12. Robbin’s Nest (Charles Thompson/Illinois Jacquet)

13. In A Mellow Tone (Duke Ellington)

Le prochain concert de l’association Bassin’ Jass :

Le samedi 15 octobre, Les oracles du phono avec Nicolas Fourgeux ténor, Jacques Sallent trompette, Vincent Libera trombone, Jean Pierre Caré Banjo, Mathieu Bianconi Sousaphone, Stan Laferrière Batterie, Daniel Huck alto et chant.

http://www.bassin-jass.net

Un air frais et doux, venu de Québec au Caillou

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc  

tdbg6502

Si le Caillou a pour simple coutume de nous offrir de beaux ricochets musicaux dont il a le savant secret… ce soir alors il en est un à marquer d’une pierre blanche, oui blanche comme neige et chaleureuse tel un été indien. Ce jeudi 8 septembre 2016, nous voilà face à trois jeunes musiciens forts de leurs talents aux allures boréales.

Il s’agit de Simon Bellemare à la batterie, originaire de Sherbrooke, Jeanne Corpataux, la petite magicienne à l’archet, contrebassiste. Elle a étudié le piano et le violoncelle durant 6 ans, puis la contrebasse à partir de ses 11 ans originaire de Drummondville et Simon Denizart, leader du groupe, pianiste et compositeur français, originaire de Créteil.

tdbg6491

Les trois jeunes gens se sont connus à l’université de Montréal en 2011.

Ils sont alors influencés musicalement par Esbjörn Svenson, Avishaï Cohen, Tigran Hamasyan et Keith Jarrett, dont ils jouaient quelques reprises à l’époque.

En 2013, leur projet voit le jour et s’avance, remarquable et remarqué.

En 2014, ils sont sélectionnés pour le concours de la relève du festival de Rimouski … Cet élan va les porter pendant 20 dates dans une tournée à travers le Québec, où le public charmé les accueillera cordialement, tout comme nous ce soir…

Le trio est uni au label canadien ( The 270 Sessions ) qui produit leur premier disque  ‘’between two worlds‘’ sorti en 2015, s’en suivra alors une tournée européenne en France et en Pologne, toujours avec succès. Si vous ne les connaissez pas encore, allez tendre l’oreille vers leurs deux disques, dont le dernier ‘’beautiful people’’ ouvrira notre soirée, comme le précise Simon Denizart, ce titre est un hommage à la beauté malgré un contexte parfois très difficile… Suivi des titres : Monique, Leaving Créteil, If my balcons could talk, No more love et Family time qui s’égrainent avec délice.

Nous voilà gratifiés d’une prestation toute en beauté, douceur, finesse et élégance bref, la classe pour une rentrée mélodieuse à souhait et pleine de promesses…

Après une petite pause bien mérité pour le sympathique trio, nous voilà embarqués par le titre between two worlds, puis, Pocket Wheels, Last Dance, Skyline, A day in Hell, et If i Were a Rockstar qui lui rappelle sa conseillère d’orientation lui suggérer de suivre la filière plomberie, ce qui n’était vraiment pas un bon tuyau … Il a bien été inspiré de ne rien en faire et de persévérer dans son propre choix pour son bonheur et le notre avec…

Quelques clients du Caillou qui étaient attendus ailleurs après le dîner n’ont pas pu dire non à l’irrésistible et sont restés comme tout le monde jusqu’au bout des rappels…

Non et non, le bonheur partagé ne se refuse pas…!

tdbg6461 tdbg6470

Le Hot Swing Sextet enfièvre la Guinguette.

par Philippe Desmond.

?

Guinguette Alriq le jeudi 8 septembre 2016.

A Bordeaux depuis quelques jours la canicule étire l’été et entretient une ambiance de vacances, faisant presque oublier que la rentrée est déjà bien installée. Mais ce jeudi soir brutalement les degrés ont chuté, dix de moins que la veille et il fait presque frisquet en arrivant à la Guinguette Alriq. Qu’à cela ne tienne le Hot Swing Sextet s’en occupe, il va enfiévrer le lieu de sa sensationnelle énergie musicale, une énergie qu’on souhaite la plus renouvelable possible.

Comme d’habitude la Guinguette est bondée, son succès et sa fréquentation ont été extraordinaires toute la saison pour la plus grande joie des musiciens qui ont ainsi bénéficié de cette magnifique exposition devant un public pas forcément là pour eux mais qui aura ainsi pu les découvrir. Détail non négligeable, les artistes ayant un intéressement à la recette, trouvent ici un lieu qui récompense leur talent et leur travail de façon très correcte ; ce n’est pas le cas partout.

Dès les premières mesures des couples se lancent sur la piste de danse , le ton est donné ; bientôt ça va danser partout. Et oui, un tel groupe de jazz swing il y a quelques années n’aurait pas forcément intéressé grand monde, ou alors des vieux nostalgiques de cette musique old school de leur jeunesse. Par bonheur, petit à petit et grâce notamment à des associations de danse swing, le public s’est réapproprié ce jazz festif, et ce public est jeune. Ce soir deux associations bordelaises sont présentes pour passer aux travaux pratiques, Tap Swing et Swing Time.

La qualité du groupe est bien sûr un élément décisif ; qualité musicale mais aussi esthétique. Il se sont sapés comme des milords, costards sombres, cravates, casquettes de titi pour les uns chapeau claque pour d’autres ; il ne leur manque que les gants blancs.

Le HSS c’est Thibaud Bonté à la trompette, Bertrand Tessier aux saxophones ténor/soprano, Erwan Muller et Ludovic Langlade à la guitare, Franck Richard à la contrebasse et Jericho Ballan à la batterie, tous d’excellents musiciens. Ils ont choisi délibérément de jouer cette musique de swing des années 30, ce jazz primitif, ce jazz de fête, loin de l’image intello que certains styles du genre ont pu faire naître. Mais attention, pas au prix d’une qualité musicale moindre. Si entre deux passes de rock-swing on dresse l’oreille on entend des chorus de feu, des duels de haut vol ; le swing ne se décrète pas, il se fabrique et ici l’atelier est très performant. Leur dernier CD en témoigne.

La nouvelle piste en bois, la bonne, la vraie, est maintenant prise d’assaut obligeant le repli pour certains sur l’ancienne piste rugueuse en béton qui vous ralentit les pirouettes et use vos souliers, on danse même sur la terrasse entre les tables et les plantes vertes. La température est remontée, que dis-je la température, la fièvre ! En effet arrive le morceau de bravoure historique du swing, le « Big Apple » qui se danse en solo et en cercle chacun passant au centre à tour de rôle. De la folie douce.

20160908_235300

Dans le second set Gaëtan Martin et son trombone viennent rajouter un turbo au moteur déjà puissant du groupe qui va ainsi tout dévaster sur son passage ! Je m’enflamme ? Pas sûr, l’état de ma chemise peut en témoigner… Le lendemain c’est les courbatures et douleurs musculaires qui rappelleront à certains et certaines la soirée endiablée qu’ils ont passée.

Mais voilà minuit, des dizaines de cendrillon redescendent sur terre et partent se coucher, demain il y a école mais au moins ça c’est fait, ce plein d’énergie, de joie et de musique.

En bonus la playlist pour les amateurs (merci Franck) :

1 set
My blue heaven
St Louis blues
I can’t give you anything but love
All that meat and no potatoes
Shine
St James infirmary
Honeysuckle rose
Big Apple 
920 special
Topsy

2 set

Margie
Bei mir bist…
What’s your story
Who’s sorry now
The mooche
Avalon
I’m gonna lock my heart
By and by
Sweet Georgia Brown

Rappel
Ain’t she sweet
I found a new baby

http://melodinote.fr/artist/hot-swing-sextet/

http://www.actionjazz.fr

 

 

 

Concert de blues à distance ; Bordeaux, Montbéliard

par Philippe Desmond.

Aujourd’hui au Quartier libre la balance, le soundcheck, a des allures un peu particulières. Cet exercice est toujours un moment délicat, crucial pour la suite. Mais là il est encore plus compliqué, il s’agit de préparer un concert à distance. Ce soir ouvre le festival de blues de Montbéliard joliment nommé « Mon Baby Blues » et le collectif A4 y teste un nouveau moyen de faire de la musique par vidéo-conférence numérique. A 800 kilomètres de distance deux musiciens vont jouer ensemble ; Dany Ducasse à l’harmonica au Quartier Libre à Bordeaux et le guitariste de blues Marc Parisi à l’Atelier des Môles de Montbéliard. Prouesse technique certes mais pour quel résultat ?

Après une présentation en direct depuis Montbéliard et un hommage aux licenciés d’Alstom (Belfort est tout proche ) le « concert » commence. Pendant un quart d’heure Dany et Marc vont dialoguer sur des mesures bien classiques de blues ; le son n’est pas parfait, les images non plus avec la simple caméra d’un ordinateur portable mais l’émotion est là. On imagine ici à Bordeaux la salle pleine là-bas et le Quartier Libre est fasciné par cet exercice.

?

Dany en live et Marc Parisi à l’écran

Marc Parisi est lui un peu loin et un peu flou sur notre écran pour qu’on puisse apprécier ses grandes qualités de guitariste ; mais on les perçoit bien.

Un moment de partage insolite mais qui a nécessité maintes répétitions aussi bien musicales que techniques. Il y a encore des progrès à faire sur ce dernier point, questions de débits, de flux mais le résultat est prometteur. Bravo à Julian membre du collectif A4 et à Igor les deux responsables du Quartier Libre toujours à l’affût de la modernité et de l’innovation musicale et aux techniciens. A suivre donc.

20160909_211805

Un quart d’heure c’est un peu court mais le QL nous avait concocté une première partie et un concert de clôture.

Dany Ducasse forme avec JP Perkins le John Perkins Group Revival déjà évoqué dans ce blog. Mais le duo vient d’intégrer Oriane une toute jeune chanteuse qui n’a pas encore 17 ans et qui est très prometteuse. Elle étudie le chant avec Pauline Ducasse (rien à voir avec Dany) la formidable et énergique chanteuse du groupe Snawt un des lauréats en 2014 du Tremplin Action Jazz. Pour la première partie un set en duo avec Dany à la guitare et des reprises d’Amy Winehouse, le « Say it ain’t so » de Murray Head… Un joli succès.

?

?

Après le concert à distance un magnifique set du JPGR à deux puis avec Oriane sur deux magnifiques nouveaux titres de JP Perkins. Le répertoire s’est étoffé, plus du tout de reprise maintenant, que des créations originales.

?

?

On voyage toujours de l’Arizona au Mexique en passant par le Bayou, on évoque Radio Caroline pour des histoires toujours très bien écrites et mettant en valeur le duo de guitare qui sonne de façon étonnante ! Un retour de grande qualité pour ces deux musiciens qui en plus associent paternellement la jeune Oriane à leur travail.

20160909_222332

 

https://www.facebook.com/Collectif-A4-428462667348339/

Je (ne) hais (plus) les dimanches

par Philippe Desmond.

Le problème des dimanches c’est qu’ils finissent par se terminer et débouchent ainsi sur le lundi. Pour beaucoup la reprise du boulot avec certes ses satisfactions mais aussi ses contraintes et ses soucis, pour d’autres l’absence de boulot et ses désagréments. « Je hais les dimanches » avait chanté Juliette Gréco. Et bien Action Jazz a trouvé la parade et depuis un moment déjà : aller écouter du jazz ! Et oui plutôt que se fader Drucker en fin d’après-midi et le film saucissonné de pubs un peu plus tard, il est ainsi possible de passer une belle soirée musicale à Bordeaux.

20160904_185457

On peut commencer à 18h30 au Molly Malone’s quai des Chartrons et cela de septembre à juin au moins. Ce soir c’est un de nos groupes favoris qui opère, Akoda en trio pour l’occasion – du moins au début – avec autour de Valérie Chane-tef, la pianiste compositrice, les fidèles Franck Leymerégie au set de percussions et Benjamin Pellier à la basse. On connaît leur jazz créole inspiré, teinté de des rythmes antillais et réunionnais , leurs envolées lyriques et chaleureuses avec une belle énergie et beaucoup d’élégance. Les trois sets, comme au tennis, vont nous le confirmer. D’autant que très vite le trio accueille un invité, qui n’en est pas vraiment un, François-Marie Moreau, « FM », au soprano et au chant avec notamment un très beau « Nature Boy ». Leur répertoire reprend les titres du dernier EP « Mariposa », pour la plupart composés par VCT, plus la très belle version, méconnaissable pour beaucoup, de « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg et quelques standards dont un « Caravan » modèle de luxe, toutes options, double essieu et surtout de toute beauté. Duke a dû apprécier. Précisons qu’au troisième set un vrai invité a complété le groupe, finissant ainsi en quintet, Michaël Geyre, l’excellent accordéoniste du Peuple Etincelle, la formation jubilatoire et inclassable de la galaxie Lubat.

?

?

La chaleur est encore intense et la musique en rajoute, obligeant le public à tester la large palette de couleurs de ce pub irlandais ; blanche, blonde, rousse, ambrée, brune, il y en a pour tous les goûts. Quant au fish and chips, le simple fait ce soir de le regarder vous fait couler de grosses gouttes sur le front. Mais pourtant fish and chips et burgers traversent sans cesse la salle aux mains des serveurs affairés. Du monde, beaucoup de musiciens venus écouter leurs collègues et amis, une ambiance conviviale et bon enfant, de la très bonne musique, une fin de dimanche après-midi idéale.

C’est fini, il est 21h30, il faut rentrer. Et bien non, ce serait trop triste.

Direction le CanCan, rue du Cerf Volant dans le vieux Bordeaux, où ça guinche jusque dans la rue au son de la musique New Orleans. Le lieu n’est vraiment pas très grand et malgré la clim il y règne une chaleur tropicale. Il faut dire que Perry Gordon & his Rhythm Club rajoutent des calories au climat général. Quatre musiciens sans retenue pour le plus grand bonheur des danseurs que l’étroitesse du lieu ne décourage pas : Ben Ransom à la trompette et au chant, Denis Girault à la clarinette, Nicolas Dubouchet à la contrebasse et le nouveau du groupe Florian Mellin à la guitare dobro.

?

?

Bonne nouvelle, ici la musique New Orleans attire des hordes de jeunes qui viennent faire la fête et danser. On oublie trop que le jazz est à l’origine une musique festive et ce lieu vivant nous le rappelle. Déco vintage hétéroclite, bière artisanale locale et une belle carte de cocktails originaux aux noms insolites comme « Joyeux Bordel », « Sans Culotte », « Fallait que j’en prende ? », à base de breuvages aux noms oubliés, Guignolet, Rinquinquin…

?

?

Sur scène, car il y en a une, Ben Ransom anime la soirée de son fort sympathique accent anglais, alternant la trompette et un chant aux effets eux aussi vintage. Répertoire old jazz, blues New Orleans et beaucoup de swing, la clarinette entraînante de Denis Girault faisant plus que répondre à la trompette. La rythmique souvent déchaînée de la contrebasse et de la dobro contribue à ne pas vous laisser de marbre ! Un bien bon moment.

Minuit approche, le Mississippi va redevenir Garonne, petit à petit les danseurs repartent réalisant qu’apparemment demain c’est lundi. Et oui cette fois c’est fini. Mais mardi ça redémarre chez le Pépère avec la jam mensuelle !

 

La Gazette Bleue N° 18 vient de sortir ! Spécial Yoann Loustalot, les festivals & bien plus !

Bonjour ! Voici la Gazette Bleue N° 18 Sept 2016 !

signature-web

C’est Yoann Loustalot qui vous y accueille. On a aussi rencontré Thomas Julienne et Stéphane Séva. Visite au Quartier Libre (Bordeaux) et flashback sur des festivals comme Andernos, Monségur, Respire Jazz et Saint-Émilion. Sans oublier les chroniques de disques et vos rubriques habituelles.

Bonne rentrée et bonnes lectures !

La Gazette Bleue #18-couv