Stage de formation professionnelle avec Christian Vander et Simon Goubert

Stage de formation professionnelle avec Christian Vander et Simon Goubert au  du 14 au 18/04/14.

stage rocher paimer 2014

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Conférence « Les femmes et le jazz » à la médiathèque de Mérignac

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« Les Femmes et le Jazz » par Philippe Méziat
Samedi 25 Janvier 2014 – 15h30
Pôle Art Musique Image

Si l’histoire du jazz reste marquée par quelques chanteuses emblématiques dont les critiques font régulièrement l’apologie, la réalité quotidienne des chanteuses et instrumentistes de jazz les tient le plus souvent à distance.

En partenariat avec Action Jazz. Venez nombreux !

Bienvenue sur le blog d’Action Jazz !

En ce début d’année 2014, que nous vous souhaitons très bonne, à toutes et à tous, une réflexion cruciale nous est venue : Action Jazz sans blog ? Sans blague ! Était-ce bien raisonnable ? Non bien sûr, il fallait donc combler ce vide par un petit espace d’expression instantanée, où l’on puisse vous rendre compte de divers coups de cœur et d’expériences fraîchement vécues. La musique nous anime en bien des occasions et sous toutes les formes, disques, dvd, concerts, festivals, presse, web, cinéma, conférences, rencontres etc… Ce blog est là pour ça et vous proposera de brefs billets, des photos, des liens et plein de petites choses de l’instant, qui voletteront ainsi, au gré de l’envie, comme de petits papillons échappés d’un bloc-notes, entre notre site et la Gazette bleue…

Bonnes lectures et n’hésitez surtout pas à nous faire remonter vos impressions et à nous dire vos attentes… Tout se construit de jour en jour !

La rédaction

Didier BALLAN JAZZ ENSEMBLE chronique de JAPAM

Par Dom Imonk

Parue le 01 janvier 2014 dans la Gazette Bleue n° 2

DIDIER BALLAN JAPAM jacquette ext - Copie (2) - Copie

Musicien en perpétuel mouvement, à la tête ou partie prenante de divers projets, Didier BALLAN vient ainsi de reformer son Jazz Ensemble qui avait déjà tourné de 2004 à 2006. Il a réuni une toute nouvelle équipe, Nolwenn LEIZOUR est toujours à la contrebasse, et l’on s’en réjouit ! Le reste du groupe est formé d’excellents musiciens qu’on connait bien et qui tournent beaucoup, dans diverses formations, sur Bordeaux et la région et même ailleurs : Christophe MAROYE (guitare), Jéricho BALLAN (batterie), Ersoy KAZIMOV (derbouka, bendir) et Emilie CALME (flûte bansuri). Tout le monde se retrouve sur le tout nouvel album du Jazz Ensemble : « JAPAM ». Didier BALLAN est au piano et à l’harmonium et il a composé tous les morceaux, mais il indique bien que c’est un travail collectif, chaque musicien ayant apporté sa pierre à l’édifice. Et puis pour enrichir le tout, Carole SIMON, Magali PIETRI, Indiana BALLAN et Olivier OLIVERO viennent en invités offrir leurs belles voix sur certains morceaux, et c’est Patrick LAFRANCE qui est l’ingénieur du son.
Ce disque est une sorte de carnet de route, ou mieux, notre planète en réduction sous forme de belle mappemonde, éclairée de l’intérieur, qui flotte et s’offre à la vue et à l’écoute.
On pénètre en son atmosphère par le morceau titre, « Japam », tout en douceur. Un raga d’harmonium nous accueille, puis une belle flûte annonce le thème qui ne nous quittera plus. Le pouls du groupe s’amplifie, balais et cymbales, guitare, accords délicats de piano, la guitare revient en un beau solo tout en finesse boisée, le chœur final du morceau nous donne envie d’en savoir plus.
On « atterrit » alors pour visiter deux pays « suggérés ». « Egyptomania » , promenade dans quelque rue du Caire, foisonnantes percussions, piano nostalgique et accords de guitare mystérieux, une belle voix arrive à point nommé pour magnifier le tout, en un scat pour les étoiles, avant qu’un vif solo de guitare ne vienne électrifier le tout, quel son! c’est remarquable, mais l’on n’en restera pas là ! Le morceau se finit, presque calme et serein.
L’étape suivante, c’est l’Inde avec « Madhavi », très beau prénom féminin, mais aussi celui d’une célèbre actrice de ce pays. Ca démarre en voix récitative sur fond d’harmonium méditatif puis la contrebasse nous réveille et nous aspire dans un groove rond et joyeux, tout s’emballe, le groupe fait bloc et l’on pourrait presque danser, comme sur la bo d’un film façon « bollywood », c’est d’un guilleret souffle jazz que le piano reprend les affaires en main, pour ensuite laisser la main à la batterie et aux percussions, final en communion collective et l’on se sent indien.
Les trois morceaux suivants sont peut-être les plus marquants de l’album. On quitte la surface pour un voyage intérieur, au plus profond de l’« Homme », pour évoquer trois de ses plus beaux sentiments. « Amour », qui prend une signification toute particulière car, au moment où j’écris ces lignes, Nelson Mandela vient de nous quitter…Tempo très calme, voix chaleureuses , celle d’un homme à l’accent indien, et paroles d’amour dites en français par une jeune femme à la douce diction, flûte aussi limpide que les eaux d’un lagon, le son de la contrebasse figure de grands arbres protecteurs, aux pieds desquels la guitare semble faire des ronds dans l’eau, et tout est posé sur le battement discret des percussions et des toms. C’est comme un Eden. Très beau.
Après le calme, la tempête, « Kaos » c’est la touche rock du maître des lieux. L’épicentre magmatique de notre petite planète est aussi celui de l’album. C’est le côté tourmenté de l’Homme, ses colères ses conflits. Rock puissant qui rappelle un peu le Led Zeppelin des mid 70s, mais aussi le King Crimson des 80s, ou le plus récent « Crucible » de John Zorn. La voix crépusculaire rappelle un peu celle d’une Diamanda Galas, la batterie puissante propulse le tout vers l’avant, associée à une basse cathédrale, le piano volète ça et là en des accords obliques et la guitare qui ferraille en accords puissants, s’explosera en un magnifique solo acide vers la fin de ce jubilatoire chaos.
Le « Doute » , n’est-ce pas finalement là que la nature humaine est la plus belle ? Sûre de rien, douter de soi, douter de l’autre, se remettre en question. Ce magnifique morceau intemporel retranscrit bien cela. Sonorités délicates et cristallines, comme mues par un rythme universel que l’on ne sait pas bien étiqueter, et c’est tant mieux. Beau comme un lever de soleil hivernal, limpide, avec les jeux combinés du ciel bleu, de l’astre qui s’éveille et des nuages gris orangés, spectacle furtif porteur de paix.
Fin du voyage intérieur et retour en surface avec d’abord « Jeru’s Dance » , une aguichante promenade dans quelque club où un beau jazz fruité se joue et nous emporte en mid tempo sur les rives du ternaire, tout le monde s’affaire avec joie, des cymbales bien décidées du batteur au solo de guitare décidemment fort inspiré. Irrésistible.
Puis l’époustouflant « Massala Café» finit de nous séduire par la fusion épatante et alternative entre une musique world intimement vécue, douce intro de raga, percussions, basse pilon, et une matière plus jazz fusion au thème un peu nostalgique mais fermement drivé par la batterie, la contrebasse, et surtout ce solo de guitare « scofieldien » en diable qui vient totalement fendre le morceau et nous assujettir définitivement à cette fête impie !
Avec « Japam Song », on regagne l’éther, heureux et quiet, la reprise du thème initial est ici chantée, jolies paroles, le piano nous enchante, douceur de ce thème qui nous a conquis et que l’on fredonne. On veut partir avec eux…
C’est vrai, maintenant, on a grande envie de les voir en concert, un tel disque va s’épanouir au contact du public, il est fait pour ça, et puis ce voyage est aussi pour nous. Oui, c’est sûr, on doit partir avec eux !

Par Dom Imonk

Production Didier BALLAN – Copyright © 2013  http://www.didierballan.com/

THE BRIDGE TRIO chronique du CD

Par Dom Imonk

Parue le 01 janvier 2014 dans la Gazette Bleue n° 2

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Il se dit que New-Orleans est une ville magnifique où, comme à New-York, le jazz ne dort jamais. Ses intimes l’appellent « Nola » et la musique y est multiple, du jazz le plus mainstream aux grooves les plus endiablés. Nola a vu naître bien des grands noms du jazz comme Louis Armstrong, Sydney Bechet, Mahalia Jackson, Dr John, Fats Domino, Alvin Batiste, Christian Scott, Davell Crawford, la famille Marsalis, Donald Harrison et Terence Blanchard etc…Et puis il y a les jeunes qui sortent des écoles de musique, comme le prestigieux NOCCA (New Orleans Center for Creative Arts). Ils font déjà le jazz d’aujourd’hui et bâtissent vaillamment les fondations de celui de demain. Il y a quelques années, Jazz In Marciac eut la très bonne idée d’inviter des jeunes musiciens du NOCCA à jouer au festival bis. Leur professeur et pianiste reconnu, Michael Pellera, les encadrait, et ce fut un succès total. Ils furent adoptés par le public, les bénévoles et le festival lui-même qui n’hésita pas à les réinviter l’année suivante, avec le même succès. La plupart de ces jeunes mènent carrière aujourd’hui, comme Cliff Hines, Etienne Jean Stoufflét, Oliver Bonie, Martin Masakowski, Andrew Glass, mais aussi Conun Pappas, Joe Dyson et Max Moran qui ont formé vers 2011 The Bridge Trio. Après le NOCCA, Joe Dyson et Max Moran ont également été diplômés du Berklee College of Music et Conun Pappas de la New School for Jazz and Contemporary Music. Ils n’oublient pas de rendre grâce à Alvin Batiste pour ses précieux enseignements et conseils et à Donald Harrison qui très tôt avait su détecter leur potentiel et n’hésita pas à les intégrer dans son groupe pour ses tournées.

The Bridge Trio est aussi le nom de leur premier disque. Conun Pappas est aux claviers, Joe Dyson à la batterie et Max Moran aux basses.
Ce disque riche et habité, est mu par la fraîcheur et l’énergie hirsute propres aux jeunes musiciens. Treize belles compositions dont cinq de Conun Pappas, trois de Joe Dyson et trois de Max Moran.
Le bal est ouvert par un ambitieux « 125 Th And Brodway » (C.Pappas) qui consacre avec panache leur passage à New York. Beau jazz moderne, sautillant et aéré, où chacun prend bien ses marques. S’ensuit une délicieuse balade, « A new round of rounds » (C.Pappas), où Conun fait montre d’une belle maîtrise du Fender Rhodes, beau solo de basse de Max et cette furieuse batterie de Joe qui pousse le tout. Voici le temps des invitations, avec une belle version de « Body and soul » et la voix très soul de Davell Crawford qui arrive à point nommé pour apporter la chaleur de son amitié au trio. Puis vient « Make some noise » (J.Dyson) qui, comme son nom ne l’indique pas, est plutôt un morceau en mid-tempo, un genre de balade, Conun y distille quelques très beaux accords, associés au discret jeu de Max, la batterie de Joe y est plutôt calme pour vraiment bien s’exploser à la fin. On continue avec « So you’re leaving » (M.Moran), balade nostalgique qui exprime bien la douleur de la rupture, Max a pris sa basse électrique et nous en offre quelques belles lignes. Donald Harrison, invité par ses petits protégés, arrive en suivant avec un somptueux « Burnin » sur lequel il s’envole, et le trio avec. Donald est toujours aussi grand, le trio s’adapte illico et offre en l’instant le meilleur de ce qu’il a dans les tripes. Retour au cool avec « If only you were here » (C.Pappas) où le Fender Rhodes de Conun fait de nouveau merveille, atmosphère nostalgique là aussi. Tout le monde s’affaire, drumming débordant d’un Joe en super forme. Le très énergique et groovy « Rapture » (J.Dyson) suit, Max a repris la basse électrique et Joe montre que c’est lui le boss là. Atmosphère à l’opposé avec un superbe « Heroes » (J.Dyson), sorte de fable universelle, à ce que nous disent les notes de la pochette, sur notre condition de mortels et ces héros qui fascinent bon nombre d’humains poussés à s’identifier à eux, pour devenir meilleurs. On continue avec une jolie balade « Tell me how » (M.Moran), gentiment menée par la basse électrique de Max, toute en groove délicat, soutenu pas de jolies phrases de Conun et le scintillement discret des cymbales de Joe. « Truth be told » (C.Pappas) montre encore une fois la qualité des balades de ce trio, de discrètes nappes de synthés viennent souligner la poésie qui flotte un peu partout. Avant dernier morceau déjà : « Untitled » (M.Moran), un beau et triste Fender Rhodes nous dit de belles phrases, bien soutenues par la basse électrique groovy de Max et la batterie de Joe qui s’est raffermie. « Now that i’m there » (C.Pappas) clos l’album de belle façon, un jazz qui démarre guilleret et groove avec puissance sur le final. Belle conclusion à un disque très attachant qu’on aimerait bien écouter en live et auquel une suite parait indispensable! Trop tard, nous y avons pris goût!

Par Dom Imonk

(Autoproduit) Copyright © 2011  http://www.thebridgetrio.com