Nola News 2014 (36) The last week…

Nola, le 28 mai 2014,

Bien belle rencontre en cette fin d’après-midi qu’ Isabelle Jacopin (peintre Néo Orléanaise/Périgordine dont il faut absolument découvrir les œuvres) avait arrangé au « Little Gem Saloon » (club sur N.Rempart). C’est en effet le trompettiste et aussi pianiste Charlie Miller, un petit bonhomme de 75 ans avec une pêche d’enfer et beaucoup d’ humour qui avait plaisir à parler tantôt français, tantôt espagnol qui était au rendez-vous. Ce trompettiste a connu Louis Armstrong, a joué avec Monk et a passé 30 ans aux côtés de Dr John. Pour honorer la France, il se faisait un plaisir de pianoter et chanter quelques airs célèbres de Piaf et de quelques auteurs/interprètes bien connus (la vie en rose,…). Entre chaque morceaux il racontait quelques anecdotes et plaisantait avec les quelques personnes venus siroter des margaritas. Il passait volontiers du piano à la trompette selon les chansons que le public lui demandait et toujours avec beaucoup de plaisir et d’envie de partager pour un répertoire très éclectique. Un très bon moment et une sympathique rencontre. Plus tôt dans l’après-midi (à 14h00), c’est au Old Mint (Musée du Jazz) qui a ouvert cette année une petite salle de concert au 3° étage que nous avons écouté une formation (j’ai oublié le nom) très intéressante qui nous interprétait quelques chansons de Louisiane, du Zydeco, du traditionnel, des chansons de Fats Domino …

Bel après-midi musical.

(Photos 1 et 2 : Charlie Miller (piano et trompette, photo 3 : concert à l’Old Mint)

Charlie Miller (piano) Charlie Miller (trompette) concert à l’Old Mint

Nola, le 29 mai 2014,

Fin de soirée pluvieuse à Nola mais du monde dans les clubs. Rendez-vous avait été pris avec Etienne Jean Stoufflet pour un concert de Magnitude à « Maison » sur Frenchmen Street. Le nouveau » Magnitude Quintet » (nouvelle formule) est arrivé ! Que de bons musiciens ! Sous la houlette d’Etienne, ce 5Tet a produit un jazz funk de grande qualité. Nous attendons le CD dans quelques semaines et on en reparlera. Etienne est toujours inventif au saxophone ténor et son tromboniste très élégant dans son phrasé. Guitariste et pianiste (rescapés de la 1ère mouture de Magnitude) sont toujours excellents et complices et le nouveau batteur est de grand talent. Tous ces gens offrent une musique intense, même si quelques détails sont encore à régler dans cette nouvelle formation. Mais quelle générosité … !

(Photo 1 : Etienne Jean Stoufflet, photo 2 & 3 : Magnitude. )

Etienne Jean Stoufflét Magnitude 1 Magnitude 2

Nola, le 31 mai 2014,

Un jeudi à Nola sans « Jazz in the Park », ça fait bizarre. Les orages annoncés ont contraint les organisateurs d’organiser cette soirée festive. Quel dommage car les orages, certes très violents, sont passés au nord et il n’y a eu que 15’ de pluie. Bon, il faudra revenir l’année prochaine pour d’autres éditions de « Jazz in the Park » … Moi, j’en ai ras le bol de tous ces trompettistes, trombonistes, que sais-je, qui font du bruit dans les rues … et tous ces gens qui s’agglutinent dans les clubs et il y a tellement de choix qu’on ne sait plus où aller… c’est décidé, je rentre ! Non, pas au calme car à Bordeaux, ça bouge aussi, certes un peu moins mais tout de même …

Pas de Congo Square donc mais une fin de soirée en apothéose avec Johnny Vidacovich qui, comme tous les jeudis au « Maple Leaf » invite 2 musiciens différents chaque semaine. Et il a eu le bon goût d’inviter l’extraordinaire pianiste/organiste David Torkanovski et le bassiste Tony Hallo pour 2 sets d’ 1h40 chacun. C’est de suite D. Torkanovski qui lançait la machine et décidait des morceaux à jouer et Johnny suivait avec toujours autant de maîtrise et d’inventivité. Quant à Tony, il proposait à son tour quelques chansons de Benson avec brio. Quel bassiste et en plus, excellent chanteur. David, plus jazzy que jamais, balayait un répertoire allant de  D.Brubeck (take five, …) à Hancock (hurricane, …) en passant par quelques airs néo-orléanais car la set list n’était, comme d’habitude, pas définie. La grande classe de D. Torkanovski, le brio de Tony Hallo et le génial et décontracté J. Vidacovich ont fait un tabac devant seulement une cinquantaine de personnes. Magnifique concert … et c’est tous les jeudis à Nola ! Et comme chaque semaine, Johnny distribue les cookies qu’il a préparé pour remercier « ses amis du public » d’être venu. Bien belle soirée.

(Photo 1 : Davis Torkanovski (p), photo 2 : Johnny Vidacovich (dr), photo 3 : Tony Hallo (b) )

Davis Torkanovski Johnny Vidacovich Tony Hallo

Le 03 juin 2014 : Last day in Nola,

Pour un dernier jour, c’est un feu d’artifice. En effet, la soirée commence, bien sûr sur Frenchmen, par une visite dans tous les clubs pour dire au revoir aux copains et on se fixe au « Blue Nile » car nous étions invités par le pianiste Tom Worrell. Tour d’abord, à 20h00, c’était l’excellent batteur Shannon Powell et son large sourire et sa bonne humeur qui  prenait place après la prestation d’autres groupes, un peu plus tôt. En grande forme, Shannon faisait quelques solos très remarqués. Il était accompagné par un pianiste, le formidable bassiste Roland Guerin et le fameux  trompettiste Leroy Jones pour un répertoire Be Bop (D. Gillespie, Parker, etc …) dans une très bonne ambiance et une très large audience. Un début de soirée donc sur les chapeaux de roues et ça n’était pas terminé. Les connaisseurs avaient renforcé les spectateurs déjà présents et le Blue Nile était comble pour accueillir « Wild Magnolias », excellente formation qui accompagne quelques indiens. C’est Tom Worrell qui ouvre les débats au piano électrique, à l’orgue et au chant et ça démarrait fort. Les gens dansaient (enfin ils essayaient car la foule était dense). Après 2 ou 3 morceaux, les « Wild Magnolias » invitaient le resplendissant Big Chief Bo Dollis Jr dans son magnifique costume de plumes et le concert était lancé car il faisait chanter le public avec quelques refrains lancinants et la transe n’était pas loin surtout quand il se mêlait au public et montait sur une chaise pour chanter et se pavaner. Après 1h00 de performance, dans une ambiance survoltée, il laissait le micro au très respecté Big Chief Monk Boudreaux et son nouveau costume imposant et très coloré. Les Chiefs cousent un nouveau costume tous les ans (voir la série Treme). Et lui aussi a le secret pour mettre l’ambiance, soutenu par les Wild Magnolias toujours au top. Magnifique spectacle jusqu’à 02h00 … l’heure pour nous de rentrer mais les clubs de Frenchmen restaient encore en pleine effervescence. Pour une dernière soirée … on en redemande … l’année prochaine !

Alain Piarou

(Photo 1 : Leroy Jones et Roland Guerin, photo 2 : Shannon Powell)

Leroy Jones et Roland Guerin Shannon Powell

(Photo 1 :  Big Chief Bo Dollis Jr, Photo 2 : Tom Worrell, Photo 3 : Big Chief Bo Dollis Jr et l’excellent guitarise de Wild Magnolias)

Big Chief Bo Dollis Jr Tom Worrell Big Chief Bo Dollis Jr et l’excellent guitarise de Wild Magnolias

(Photos 1 & 2 : Big Chief Monk Boudreaux)

1  Big Chief Monk Boudreaux 2 Big Chief Monk Boudreaux

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Nola News 2014 (35) Un dimanche tranquille à Nola…

Nola, le 26 mai 2014,

Un dimanche tranquille à Nola qui a commencé par du Gospel en l’église Sainte Augustine à Treme … toujours émouvant. Le soir, direction le « Cafe Istanbul » sur St Claude Street pour écouter un concert étonnant de Free  Jazz. Loin des Brass Band Funky, ce sont en fait 2 duos qui finissaient par se réunir pour former un quartet très imaginatif. Le 1er duo était proposé par la saxophoniste d’origine Allemande mais vivant maintenant à New York : Ingrid Laubrock (Anthony Braxton, Dave Douglas, …) et l’excellent batteur New Yorkais, lui aussi :Tom Rainey (Tim Berne, J. Abercrombie, Louis Sclavis, …) nous amenait dans un univers fantastique lors de 2 longues impros de 20’ chacune, l’une au ténor (quel son !), l’autre au soprano … remarquable. Le 2ième duo était constitué d’un jeune pianiste du Mississippi, Will Thompson et de l’incontournable contrebassiste Néo Orléanais, James Singleton. Superbe prestation de 40’ (4 morceaux de 10’ qui finissaient par se structurer) devant seulement une trentaine de personnes … Pour finir, les musiciens décidaient de se rejoindre pour former un quartet qui avait belle allure (sonore) sur des thèmes de chacun des musiciens. Très bon concert qui change du funk … De belles découvertes et d’excellentes rencontres … on en reparle.

Ça bouge aussi à Nola … !

Demain lundi : Memorial Day.

Alain Piarou

Ingrid Laubrock & Tom Rainey, Le 4tet, Messe Gospel à Ste Augustine (Treme) et Will Thompson & James Singleton :

Ingrid Laubrock -Tom Rainey le 4Tet Messe Gospel à Ste Augustine (Treme) Will Thompson - James Singleton

Nola News 2014 (34) Fin de semaine chargée !

Nola, le 25 mai 2014,

Une fin de semaine chargée à Nola ! Mercredi soir, une petite virée sur Frenchmen où le bluesman Ed Wills faisait son show au « BMC» … toujours excellent et les habitués le savent car ils répondent toujours présents. Et puis, nous voilà impliqués dans le tournage d’un film ou série, toujours sur Frenchmen, derrière un Brass Band pour une « second line ». Une centaine de mètres, répétés plusieurs fois devant les caméras et le réalisateur en marchant et se trémoussant … amusant. Après quoi, nous avons écouté un très bon set d’ afro jazz au « Blue Nile » toujours gavé de monde, et pour terminer la soirée, encore un peu de blues avec d’excellent musiciens locaux.

Jeudi … le traditionnel rendez-vous à Congo Square pour le « Jazz in the Park » … parc Louis Armstrong. Une très bonne première partie avec une formation Louisianaise de blues/rock blues/funk et des thèmes néo orléanais et quelques « tubes » comme « let the good times roll ». Pour le deuxième concert, 1h1/2 plus tard et surtout après une énorme saucisse louisianaise et des jalapenos  et un très bon gumbo, la foule était au rendez-vous pour écouter un groupe local qui fait un tabac : « Bonerama ». Ce sont 3 formidables trombonistes accompagnés d’une guitare électrique, basse et batterie qui produisent une musique locale bien funky, en tous cas, qui fait danser les gens … excellent. La soirée n’était pas finie pour autant puisque nous faisions un retour sur Frenchmen pour écouter et surtout découvrir, au « Snug Harbor » un remarquable batteur/compositeur, Geoff Clapp entouré de Wes Anderson (sax), Dwight Ftich (p), Davery Mooney (g) et David Pulphus (b). Très bon concert découverte … malheureusement … pas de photos à la demande du maître de cérémonie. Enfin, avant d’aller se coucher, nous assistions à un excellent (et je ne mâche pas mes mots) concert de « Midas » la formation du très bon bassiste et compositeur prolifique de grand talent, Andrew Elmo Price avec son complice Etienne Jean Stoufflet (Magnitude). Curieuse formation avec 2 pianos électriques, 2 sax , 1 guitare électr., 1 bass guitare bien sûr et 1 batterie. Un concert phénoménal où tous les musiciens qui s’amusaient comme des petits fous prenaient tour à tour des chorus magnifiques, tout ça dans une toujours bonne ambiance à « Maison ». Il fallut vraiment les arrêter pour fermer la porte et éteindre la lumière car on y serait encore ! Vendredi, l’après-midi commençait à 15h00 avec le « Bellevue College Big Band » au « New Orleans Jazz National Historical Park » dans le French Quarter. Très bonne prestation de 20 musiciens déroulant sur des thèmes classiques bien arrangés. Une petite pause amicale s’imposait, car il faisait très chaud, chez la talentueuse  peintre Isabelle Jacopin qui nous attendait pour un apéro musical (et musclé) sur son magnifique balcon dont la situation stratégique sur Royale St et St Peter fait rêver. Petit tour sur Frenchmen (camp de base) pour écouter çà et là quelques airs néo orléanais à « Maison » puis au « Spotted Cat » puis au « Café Negril », au « Bambolla’s » et à « Vaso » pour finir au « BMC » avec l’excellente formation « An other day in Paradise » qui anime avec grand talent les divers clubs de Frenchmen, entre autres. Samedi, c’est Paul Nevski qui nous avait donné rendez-vous pour une visite du quartier Treme (que je vous recommande de faire avec lui) particulièrement passionnante. Cet écrivain/guide est un véritable puits de science en ce qui concerne, entre autre, la Louisiane et bien sûr La Nouvelle Orléans qu’il habite 7 mois par an. Tout était de belle façon évoqué : la religion Vaudou, l’esclavage évidemment … et la musique … le Jazz. Fabuleuse promenade dans le quartier et des arrêts inévitables dans le plus ancien studio d’enregistrement (devenu partiellement) une laverie et le mythique club « Candle Light Lounge » où le « Treme Brass Band » s’est créé. La soirée devait se terminer bien entendu à notre QG … vous avez dit Frenchmen St ? … gagné !

Alain Piarou

Afro Jazz au Blue Nile, Bonerama et tournage Second Line :

Afro Jazz au Blue Nile Bonerama Tournage second line

Andrew Elmo Price (Midas), Bellevue College Big Band et Midas (avec Etienne Jean Stoufflét et son professeur de saxophone) :

Andrew Elmo Price Bellevue College Big Band Midas (Etienne Jean Stoufflet et son prof de sax)

Nola News 2014 (33) Nola’s Tuesday

Nola, le 21 mai 2014,

Un mardi quelque peu chargé ! Invités par le Directeur du Département Jazz de la Nocca (célèbre high school), nous avons assisté à la répétition, dans la classe Jazz, du concert que la Nocca donnait au « Snug Harbor » le soir même pour fêter la fin de l’année scolaire. Un ancien élève de la Nocca, Sullivan Fortner ( formé par Michael Pellera) et maintenant pianiste de (entre autres) Roy Hargrove était invité pour une séance de travail avec ces tous jeunes musiciens (16-17 ans). Très pédagogue, il leur donnait quelques conseils sur le groove et leur faisait retravailler les morceaux qu’ils allaient présenter en concert. Le soir donc, c’est au « Snug Harbor » que l’on retrouvaient ces jeunes artistes endimanchés pour l’occasion. 4 d’entre eux quittaient Nocca pour poursuivre leurs études à la UNO (Université de New Orleans) avec d’autres profs aussi compétents comme Steve Masakowski par exemple et un autre à Juliard (NY) avec Marsalis … Excellente ambiance familiale (parents, amis, girl friends …) pour 2 sets avec des formations différentes qui interprétaient de fort belle manière déjà, quelques standards comme Body and soul, Juju, Stardust, Naima, All the things you are, … sous les ovations et les flashs des … supporters. Auparavant, nous avions assisté pour patienter à un set de James Martin, très bon saxophoniste, en 4Tet au « Spotted Cat » mélangeant swing, chansons néo orléanaises et jazz moderne interprétés avec fougue et brio. Après le concert de Nocca, toujours sur Frenchmen et à 20 m de là, le  contrebassiste James Singleton nous avait donné rendez-vous au « Blue Nile » pour un hommage à Sun Râ qui aurait eu 100 ans. C’est dans un club bien rempli qu’une douzaine de musiciens (4 sax, 2 trompettes, 2 trombones, 1 flûte, piano, basse, batterie) interprétaient les chez d’œuvres de Sun Râ. Bien entendu, James Singleton et Mike Dillon étaient dans le coup … ! 2 pianistes, tout aussi bon se succédaient et le niveau musical était d’une rare beauté. Ce Big Band d’infortune avait vraiment travaillé l’orchestration et les excellents musiciens qui le formait s’en donnaient à cœur joie et le public les ovationnaient. Nous devions, en repartant, nous boucher les oreilles en passant devant les autres clubs pour ne pas succomber à la tentation et aller reprendre le streetcar … dur, dur les soirées à Nola !

Alain Piarou

Michael Pellera, Sullivan Fortner et une classe Jazz :

Michael Pellera Sullivan Fortner Une classe jazz

Concert Nocca au Snug Harbor, James Martin et John Michael :

Concert Nocca au Snug Harbor James Martin John Michael (petit trompettiste prodige de 17 ans étudiant à Nocca)

Big Band, pour les 100 ans de Sun Râ au Blue Nile :

Big Band pour les 100 ans de Sun Râ au « Blue Nile » 1 Big Band pour les 100 ans de Sun Râ au « Blue Nile » 3 DSC05667Big Band pour les 100 ans de Sun Râ au « Blue Nile » 2

 

Nola News 2014 (32) Bayou Boogaloo Fest, suite et fin…

Nola, le 19 mai 2014,

Dimanche, fin du « Bayou Boogaloo Fest ». Le soleil s’étant levé tard (pour nous seulement), nous avons pris les festivités en cours de journée avec l’excellente formation « Funky Monkey » qui, comme son nom l’indique, présentait un répertoire typiquement funk et de belle manière. Malgré la chaleur, les gens dansaient ou se balançaient sur les rythmes endiablés proposés par de formidables musiciens. Sur une autre scène, c’est « Mike Dillon Band » que nous retrouvions avec une formation funk/rock et une jeune tromboniste/percussioniste qui sautille sans arrêt dans tous les sens. Mike Dillon déguisé par moment  en rocker chante, hurle, provoque et fait chanter le public. Lui aussi, avec un tonus incroyable, passe sans cesse du vibraphone aux percussions en jouant et chantant. Un quartet qui proposait une musique d’une grande intensité et un Mike Dillon toujours aussi créatif qui provoquait en duel la jeune tromboniste qui répondait aussi au balafon. Bref, un super concert très apprécié. « Washitaw Nation Mardi Gras Indians » et leurs somptueux costumes faisaient également un tabac en venant se mêler à la foule. Et pour finir cette édition 2014, c’était une autre ambiance mais toute aussi festive avec « Rosie Ledet & the Zydeco Playboys ». La fête était à son comble et les Cajuns s’adonnaient à la danse du « one step. ». Bye bye Boogaloo 2014 ! Trop tôt pour rentrer se coucher, alors une petite virée sur Frenchmen street s’imposait. Là, nous devions aller de club en club chercher les meilleurs moments musicaux proposés. A « Appel Barrell » c’était Etienne Jean Stoufflet en trio qui reprenait quelques standards de Coltrane, Hancock, etc … toujours intéressant à écouter ce garçon. Quelques Blues proposés par un trio Louisianais à « Vaso » sans prétention. Mais c’est au « Blue Nile » qu’on devait terminer la soirée avec le « TBC Brass Band » dans une ambiance de folie et une salle pleine à craquer. Une dizaine de super musiciens sur scène qui interprétaient une musique typiquement Néo Orléanaise : le funk. Epoustouflant ! 3 trompettes, 3 trombones, 1 sax, 1 souba, une caisse claire, une grosse caisse et 2 autres percus s’en sont donnés à cœur joie pour le plus grand bonheur d’un public venu pour se trémousser. Magnifique fin de week end.

A vous les studios !

Alain Piarou

Funky Monkey, Indians, Mike Dillon, Indians,

TBC Brass Band et la tromboniste du Mike Dillon Band :

Funky Monkey Indians Mike Dillon TBC Brass Band tromboniste du Mike Dillon Band

Nola News 2014 (31) Bayou Boogaloo Festival & more…

Nola, le 18 mai 2014,

Ce vendredi, débutait le « Bayou Boogaloo Festival » (gratuit) avec ses 3 scènes en bordure du Bayou St John. Bluesmen et Brass Band locaux étaient au programme. 2 ou 3 concerts intéressant (à mon goût) mais pas de quoi marquer les esprits. Le soir, nous nous rendions à « Maison » sur Frenchmen où nous avait donné rendez-vous l’excellent saxophoniste Etienne Jean Stoufflét qui souhaitait nous présenter une nouvelle formation qu’il dirige : « Midas ». Une formation composée de 2 pianos électriques, 1 basse électrique (Andrew Elmo Hope, son complice de Magnitude), 1 batterie et 1 guitare électrique. Ils nous proposaient un répertoire très jazz avec quelques reprises à la sauce funk et quelques compos d’Etienne, toujours à la recherche de sons nouveaux. L’auditoire était conquis car la musique était intense et de qualité. Un bon groupe qui devrait rapidement trouver ses marques . A suivre …

Samedi, 2ième journée du Bayou Boogaloo Fest et c’est tout d’abord Waylon Thibodeaux qui nous gratifiait d’une musique Zydeco et faisait danser plusieurs centaines de gens venus s’amuser, car ce festival est très familial. Souvent, ce sont 3 générations d’une même famille qui viennent manger et boire en écoutant la musique et en appréciant la relative fraîcheur des bayous. Quelques minutes passées à écouter « The Iguanas » groupe de funk latino local. Là aussi, ce sont quelques centaines d’inconditionnels qui s’amassaient devant la scène ou plutôt sous les quelques arbres faisant de l’ombre. Sur une autre scène, « Wild Bamboulas » proposaient une musique africaine funky que je ne trouvais pour ma part, pas très authentique. Nous terminions cet après-midi avec « Big Chief Juan Pardo & Golden Commanche Mardi Gras Indians » avec cette musique toujours empreinte de funk mais martelée avec des refrains repris par le public, longs et répétitifs pouvant amener à la transe. Leurs parures sont toujours aussi imposantes et belles. Bref, tout le monde était debout et trépignait. Très bon moment. 1 streetcar (tramway nommé désir) plus loin, nous rejoignions notre camp de base : Frenchmen street et au « Cafe Negril » une excellente formation texane proposait du Blues rock, du funk et c’ était (très fort) et conçu, là encore, pour la danse. Un quartet de qualité et un club plein à craquer pour un bon début de soirée. Par la suite, nous répondions présent à l’invitation de John Boutté (l’enfant chéri des néo-orléanais) à son show au « d.b.a. » où il se produit tous les samedis. Le club affichait plus que complet et John régalait l’auditoire de sa superbe voix et toujours cabotin, surfait et plaisantait sur quelques ambiguités pour le plus grand plaisir du public. Il offrait (comme d’habitude) un superbe show, accompagné par ses musiciens habituels (de plusieurs années), musiciens de grande classe (guitare, trombone, sax alto et flûte, clarinette et clarinette basse et contrebasse). C’était une ovation après chaque chanson et sa prestation était généreuse et s’adonnait à la fin du concert avec gentillesse à quelques échanges avec ses fans et à une large série de dédicaces. Bref, un très bon concert.

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtions à « BMC » pour 1 set d’un groupe (venu des bayous de Louisiane)  interprétant des chansons Cajuns empreintes de blues et toujours un peu funky. Un quartet très au point, de bons musiciens (piano/Synthé, basse, batterie et sax ténor) pour une musique sans prétention mais qui faisait réagir les spectateurs qui dansaient avec toujours un verre à la main (hurricane, rhum punch ou daïquiri) … on est à New Orleans ! Bon, il est 03h00 du mat et il temps de penser à la récupération car demain dimanche, c’est encore le Bayou Boogaloo Fest qui nous attends. Alors … à +.

Alain Piarou

(photo 1 : Big Chief Juan Pardo & Commanches, photo 2 : John Boutté, photo 3 : Midas (Etienne Jean Stoufflét))

Big Chief Juan Pardo & Commanches John Boutté Midas (Etienne Jean Stoufflét)

Nola News 2014 (30) Nola on last thursday…

Nola, le 16 mai 2014,

Après une petite visite amicale à Isabelle Jacopin,( peintre périgordine/néo orléanaise à découvrir absolument) dans son appart/atelier pour admirer son travail en cours, c’est au Louis Armstrong Park que nous poursuivons cette fin d’après-midi comme tous les jeudis. Parade dans le parc avec Brass Band et danseurs puis c’est une formation soul/funk/rap (avec l’excellent saxophoniste Etienne Jean Stoufflét … qui n’a de français que le nom) qui débute devant un public toujours aussi nombreux et venu en famille. Pour ma part, je n’étais pas emballé mais peut-être est-ce parce que je ne maîtrise pas assez bien la langue. Après une bonne platée de crawfish, nous avons assisté à un concert extraordinaire des enfants de Nola, les « Soul Rebels ». Formation soul/funk composée de 2 trompettes, 2 trombones, 1 sax, 1 souba, 1 grosse caisse et 1 tambour, qui devant un public connaisseur, a mis le feu durant 1h45, proposant des chorégraphies à l’assistance qui s’exécutait sans avoir besoin d’insister. Une vrai ambiance de fête comme il en est toujours à Nola et tous les jeudis à Congo Square. Un taxi et nous voilà au « Maple Leaf » pour le rendez-vous donné par Johnny Vidacovitch et ses invités. Tous les jeudis Johnny invite des musiciens différents et hier soir, nous avons eu un trio de haute volée. Johnny à la batterie, Gune Yamagishi à la guitare et Charlie Wooton à la basse électrique nous ont offert (2 sets d’1h40 chacun) un concert d’une rare intensité. Le répertoire … rien de préparé, pas de setliste, juste de l’impro, des thèmes lancés par l’un ou l’autre et aussitôt repris par les 2 autres. Presque tous les styles de musique ont été abordés : d’abord, du fusion, puis du jazz/rock, du funk, du rock … Le guitariste que l’on peut écouter dans plusieurs autres formation est un virtuose et déchaîne le jeune public (une centaine de personnes seulement ). J’insiste sur le fait qu’à Nola, dans les clubs et quelque soit la musique (funk, jazz, soul ou swing) les jeunes viennent se déhancher et faire la fête… ce qui fait plaisir à voir. Bref, après une courte pause de 20 mn, le 2° set commence par du blues roots, du blues du Mississippi, puis du blues de Chicago pour revenir au delta blues et terminer par quelques chansons Cajuns. Je vous le disais, tous les styles sont passés en revue et si le guitariste s’en donnait à chœur joie, le bassiste se régalait lui aussi en prenant de longs chorus bien menés et provoquait même, à plusieurs reprises, le batteur qui n’attendait que ça pour démontrer sa virtuosité. Un concert génial avec des musiciens de grande classe et d’une générosité extrême. Et, comme tous les jeudis soirs, Johnny Vidacovitch prend congé en remerciant le public, en disant qu’il nous aime et en offrant à toute l’assistance, des cookies qu’il a lui-même préparé (il tient à le dire). Voilà une » banale » soirée néo-orléanaise … comme je les aime !

Alain Piarou

(photo 1 : Isabelle Jacopin, photo 2 : Soul Rebels, photo 3 : Tank & Ten Banga’s, photo 4 : Johnny Vidacovich, photo 5 : June Yamagishi (g) et Charlie Wooton (b), photo 6 : June Yamagishi)

 Isabelle Jacopin Soul Rebels Tank & ten Banga’s

 

Johnny Vidacovich June Yamagishi (g) et Charlie Wooton (b) June Yamagishi