Yonathan Avishaï Trio au Caillou

Texte : Philippe Desmond ; photos : Alain Pelletier

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En arrivant un petit regret que le Caillou ne soit pas Rocher car il est plein, trop plein – tant mieux – et même debout au bar les places sont chères… alors que l’entrée est gratuite.

Ce soir apparemment c’est du sérieux, en effet Philippe Méziat s’est déplacé et il est attablé devant les quelques mètres carrés qui font office de scène. C’est que le pianiste Yonathan Avishaï commence à prendre une place importante dans la scène jazz et notamment avec son nouveau trio. Le voilà donc revenu dans la région, il n’y a pas si longtemps, installé en Dordogne, il jouait en duo avec le batteur Bertrand Noël qui au passage jammait la semaine dernière au Tunnel. Mais revenons à notre Caillou.

Coincé au bar entre le passage et une table je ne sais pas encore que ce soir je vais avoir droit à un concert en stéréo. Le trio vers ma gauche, une famille attablée à ma droite.

Yonathan présente ses compères, Yoni Zelnik à la contrebasse et Donald Kontomanou à la batterie. Départ en douceur pour « Modern Times » restitution de son dernier et superbe album. On sent de suite une touche de poésie notamment lors de passages minimalistes alors qu’à ma droite la conversation commence à s’organiser une fois la commande passée ; mais je ne suis trop distrait par la musique pour comprendre les règles du jeu de rôles évoqué et dont je n’ai pas entendu le nom.

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Le trio a un style vraiment original ce qui n’est pas une mince affaire pour ce genre de formation souvent conventionnelle. Beaucoup de nuances, de délicatesse, des fulgurances puis un retour au calme. Les musiciens s’écoutent, dialoguent, trialoguent. La musique parait très écrite ce que me démentira Donald le batteur à la pause, on fait nos solos ensemble plaisante-t-il. On sent l’histoire du jazz poindre de ci de là, du ragtime au détour d’un morceau, les années 20, le swing des années 40, Duke, Louis…C’est très riche. A ma droite moins, j’apprends que Supertramp passe en automne à Bordeaux et que « cette fois je vais pas les rater ».

Le toucher d’Avishaï est très particulier, passant des mains et doigts tendus très percutants à des caresses aux mouvements imperceptibles ; un virtuose. Il ira même « trafiquer » dans le ventre de son piano à même les cordes. Yoni Zelnik le bassiste est très musical lui aussi capable de finesse et d’énergie. Quant à Donald Kontomanou il joue de la musique plus qu’il ne fait des percussions, il nous gratifiera d’ailleurs d’un solo très original. A ma droite ça l’est moins, on évoque les frais de taxi de l’ex présidente de l’INA « un scandale ! et en plus elle a un chauffeur ! ».

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Tour à tour les passages poétiques et je l’ai déjà dit minimalistes vont se mélanger à un thème latino proche du cha cha, une citation de béguine, un suave tango puis une jolie rumba pleine d’élégance. C’est une découverte permanente. Pas de découverte à ma droite où l’on déplore la France en faillite, la dette et tout le tintouin. On se croirait sur BFM. Heureusement pour eux et pour moi la viande est bien cuite.

Certains passages sont résolument modernes presque free. Puis – j’aurais tendance à dire enfin – Yonathan Avishaï nous montre ce qu’il a dans les doigts. Et là ça décolle vraiment. Quel pianiste, il est tout simplement magique. Moins magique est la situation financière de la justice en France, notamment le tribunal de Niort ; faudra que j’aille vérifier.

Très beau concert, très varié, plein de surprises. Un univers original loin de la routine de certains trios, de la finesse, de la subtilité et beaucoup de gaîté. Et le dessert était délicieux, nous voilà donc tous heureux. Et un dernier scoop pour la route : « c’est MC Solar qui a inventé le rap, vous devriez écouter les enfants ».

Yonathan Avishaï, retenez ce nom et ne le ratez pas quand il revient.

 

Texte : Philippe Desmond ; photos : Alain Pelletier

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Nola’s news # 22

Gregory Agid & guests : Khari Allen Lee, Delfeayo Marsalis et Tom Peyron

Gregory Agid & guests : Khari Allen Lee, Delfeayo Marsalis et Tom Peyron

Notre rituel du mardi commence toujours par le 4Tet du clarinettiste/saxophoniste Gregory Agid. Et hier soir, il ne fallait pas rater ce rendez-vous car c’était vraiment particulier. En effet, le quartet débutait avec de belles compos de Gregory, des anciennes et des nouvelles (du prochain CD en gestation). Toujours beaucoup de monde au club « Maison » à 19h00 pour ce concert de 3h00 en 3 sets. D’autant que, ce soir là, le quartet était transformé en quintet puisque le super saxophoniste Khari Allen Lee (enseignant à la célèbre high school Nocca) s’était joint à eux.

Khari Allen Lee, Gregory Agid, Delfeayo Marsalis

Khari Allen Lee, Gregory Agid, Delfeayo Marsalis

Le 3ème set voyait un autre invité de choix, cette fois imprévu, venir faire la jam : le tromboniste Delfeayo Marsalis, en personne. Le public était donc comblé et très attentif aux chorus de chacun qui sortait évidement le grand jeu. Vraiment du haut niveau. En fin de set, Gregory appelait à la batterie un petit frenchy en vadrouille à Nola et que nous connaissons bien puisqu’il s’agit de Tom Peyron, lauréat du Tremplin Action Jazz 2015 avec « Isotope ». Et Tom, un peu impressionné au début, était à la hauteur de cette invitation à jouer avec tout ce beau monde et de cet honneur qui lui était fait. Mais, ça se passe toujours comme ça à Nola. Tout le monde joue avec tout le monde, sans distinction de « hiérarchie » ou de niveau.

Tom Peyron

Tom Peyron

La soirée commençait donc très bien. Et puis, nous réussissions à obtenir 2 tickets pour le concert, à quelques dizaines de mètres de là, au Snug Harbor, pour écouter Dr Lonnie Smith – Donald Harrison quartet. Le 1er concert de 20h00 était archi complet, on s’en doute et le second, de 22h00 aussi.

Dr Lonnie Smith - Donald Harrison Quartet

Dr Lonnie Smith – Donald Harrison Quartet

Quel bonheur d’avoir pu assister à un tel concert. Le Snug Harbor était gavé de monde, de fans de l’un ou de l’autre, d’inconditionnels. Lonnie Smith faisait chanter son orgue Hammond avec, comme d’habitude, douceur, intelligence et subtilité.

Dr Lonnie Smith

Dr Lonnie Smith

DonaldHarrison faisait des merveilles et suscitait les ovations du public. Ce n’était pourtant pas facile de suivre le maître de l’orgue Hammond car il s’amusait tellement qu’il partait d’un thème à un autre, changeant souvent de tempo.

Donald Harrison

Donald Harrison

Plus timide mais tout aussi efficace, le guitariste local, Detroit Brooks qui se contentait de suivre. Il prenait toutefois trois superbes chorus qui suscitait d’importants applaudissements.

Detroit Brooks

Detroit Brooks

Et puis, derrière,  un jeune magicien avec ses baguettes faisait des merveilles. Humble, discret mais d’une redoutable efficacité et d’une intelligence de jeu extraordinaire, Joe Dyson (Bridge Trio, Donald Harrison quartet, …) faisait preuve d’une aisance et d’un facilité déconcertantes. Non seulement, il assurait un groove incroyable mais il réalisait 2 ou 3 solos qui forçaient l’admiration, certes du public, mais aussi des autres musiciens qui pourtant ont joué avec les plus grands. Ce jeune homme est déjà un grand batteur, dans la tradition de New Orleans (Johnny Vidacovich, Stanton Moore, Shannon Powell, etc …).

Joe Dyson

Joe Dyson

Quelques gags avaient étoffé ce concert comme par exemple, Lonnie Smith qui jouait de sa canne qu’il avait amplifié et qui avait un son de basse ou de guitare. L’humour et le plaisir étaient bien présents lors de cette soirée … exceptionnelle. Remarquable concert qui laissait à la sortie tout le monde sur un petit nuage. On en redemande.

Dr Lonnie Smith

Dr Lonnie Smith

Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

 

 

 

Nola’s news # 21

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Club Rock'n Bowl à New Orleans

Club Rock’n Bowl à New Orleans

Immense salle que ce « Rock’n Bowl » à New Orleans. On y joue bien sûr au booling, on y mange, on y boit et on y écoute de la musique en live. Hier soir, c’ était le début du « Rock’n Bowl JazzFest » et, dans une ambiance de fête (comme toujours à Nola), nous assistions, avec près de 500 spectateurs, à 3 mémorables concerts de blues.

Kenny Neal

Kenny Neal

20h30, c’est le Louisianais de Baton Rouge, Kenny Neal qui ouvrait les débats et qui devant un public très enthousiaste, présentait son dernier projet. Je dis Kenny Neal mais en fait, c’est la famille Neal qui, comme toujours est sur scène. Seul, le batteur ne fait pas partie de la famille. L’orgue, le piano électrique et synthétiseur, la basse et bien sûr, la guitare et le chant sont l’affaire des Neal. Et c’est bien un blues du delta, un blues du sud que Kenny nous offrait.

Kenny Neal

Kenny Neal

La foule était aux anges et reprenait allègrement les paroles des chansons pendant que Kenny sillonnait la scène de long en large pour venir au plus près de ses fans. Il se promenait même dans la salle, au milieu des spectateurs, pour jouer de l’harmonica et faire quelques pas de danses avec quelques spectatrices. Sa voix est toujours aussi agréable à écouter et son jeu de guitare toujours aussi fougueux.

Kenny Neal

Kenny Neal

Après un rappel et 1h30 de concert et un triomphe ô combien mérité, il venait discuter avec qui voulait et dédicacer son dernier CD.

La soirée avait donc commencée très fort et la Neal family avait placé la barre haute. Et pourtant, ça allait monter crescendo.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

C’est l’immense, le formidable guitariste Sonny Landreth. Alors, pour ceux qui ne le connaissent pas, allez vite le découvrir sur le net. Il est aussi l’invité permanent d’ Eric Clapton dans ses « crossroads ». En trio et soutenu par une basse et une batterie sur sonorisée (comme presque toujours, ici) , il délivrait une musique entre jazz rock, blues rock, et rock avec une virtuosité époustouflante. Littéralement saisissant cet humble musicien.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

Le public, en connaisseur ne s’y trompait pas et l’acclamait avec ferveur à chaque fin de morceaux souvent chantés. La formule du trio l’obligeait à jouer en permanence et il déversait un nombre de notes d’une beauté incroyable. Sa voix est juste mais c’est son jeu de guitare et sa créativité qui prévalaient.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

Un vrai régal que cet intelligent et prolifique guitariste-chanteur, Sonny Landreth. On pensait que ça ne pouvait pas aller plus haut. Et pourtant, le 3ème concert de la soirée en était l’apothéose. En effet, c’est un triomphe que le public, encore nombreux en ce dimanche soir, réservait au bluesman Louisianais (Cajun) Tab Benoit.

Tab Benoit

Tab Benoit

Encore un formidable bluesman au style particulier, à découvrir. Il joue et chante le blues des bayous (immenses marécages Louisianais). Pour autant, s’il commençait, sous les ovations du public, par son blues particulier, Cajun, ventant le bien vivre Louisianais, il s’en écartait peu à peu pour présenter un blues moins roots et donc plus moderne, mais toujours en parlant de sa Louisiane. Et puis, le feu d’artifice commençait quand il opérait des changements dans son trio, offrant la batterie à un autre enfant du pays, le grand Brian Blade. Mais oui, ce formidable batteur de jazz venait accompagner, et de quelle façon, ce magnifique bluesman. Le blues se musclait et le public était sous le charme. Mais, l’embrasement n’était pas pour autant terminé puisqu’il invité un organiste (dont j’ai oublié le nom) qui donnait une autre couleur à cette formation. Le blues devenait encore plus subtil et les quelques chansons lentes faisaient danser les gens. La soirée atteignait alors le sommet quand il invitait à la basse, l’incontournable représentant du funk Louisianais, George Porter Jr (les Meters).

George Porter Jr

George Porter Jr

 

Tab Benoit

Tab Benoit

Brian Blade

Brian Blade

C’est aussi ça, la Nouvelle Orléans et le blues du sud que proposait Tab Benoit qui raconte en permanence que, si par exemple on va faire un tour à New York, on revient vite dans les bayous de Louisiane où il fait bon vivre et ou on « laisse le bon temps rouler ». Pour Tab, la Louisiane et les swamps sont toujours, toujours présents. Pour preuve, sur son ampli, il dépose une tête d’alligator, habitant omniprésent de ces lieux.

Alligator

Alligator

 

 

Nola’s news # 20

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

The Bridge Trio

The Bridge Trio

Un nouveau super club à Nola : the Prime Example. Il y régnait une ambiance de fête pour cet « Album release Party ». En effet, The Bridge Trio présentait son 2ème CD, juste sorti 2 jours avant. Les familles des musiciens étaient bien sûr présentes, les amis et petites amies, aussi, évidemment et tout le monde était très excité de découvrir la musique de ce nouvel album.

Max Moran

Max Moran

Superbe musique, que de nouvelles compositions de chacun des membres. Sans fioriture mais une musique élégante, intelligente et bien écrite. Dom Imonk, par sa chronique, vous fera découvrir la musique de ce nouveau CD. Ces 3 compères se connaissent bien car ils étaient ensemble à Nocca (fameuse high school de Nola) sous la vigilance de Michael Pellera. Ils ont suivi le même cursus et donc terminé leurs études à la U.NO. (Université de New Orleans) sous la responsabilité de Steve Masakowski.

Connun Papas

Conun Pappas

Ces 3 copains ne se sont jamais vraiment quittés, même si Conun et Joe sont désormais plus souvent à New York. Ils accompagnent régulièrement le saxophoniste néo-orléanais Donald Harrisson, ce qui est une sacrée référence. Ce 1er concert à 20h00 tenait toute ses promesses et tout le monde était impressionné et allait de ses commentaires élogieux à la pause. Pour le 2ème concert de 22h00, encore plus de monde et quelques stars venus soutenir ce trio. Dr Lonnie Smith était très attentif et applaudissait allègrement les chorus. Il doit d’ailleurs jouer avec eux 3 et Donald Harrisson dans quelques jours au Snug Harbor. Nicolas Payton était également présent avec le batteur Bill Stewart et le contrebassiste Vicente Archer. Les copains Martin et Sasha Masakowski et bien d’autres étaient là aussi.

Joe Dyson

Joe Dyson

Ces 3 jeunes hommes ont bien grandi après leur passage, il y a déjà quelques années, à Marciac, justement avec l’orchestre de la Nocca et les voila maintenant en passe de pouvoir y revenir, en vedette, cette fois. Bref, une plus que belle soirée.

The Bridge Trio

The Bridge Trio

Petite pensée particulière pour Dom Imonk qui les connaît bien et qui va se faire un plaisir d’évoquer leur musique.

Nola’s news # 19

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

La chaleur est toujours étouffante pour l’ouverture de ce Jazz Fest 2015 et le ciel s’assombrit. Un petit passage à la « Gospel Tent » pour écouter les 3 excellents chanteurs de cette formation « collage 3 » très bien accompagnés et qui, entre rap et prêche, ravissent les spectateurs, debout , les mains levées au ciel.

Collage 3

Collage 3

Et puis, retour à la « Jazz Tent » après une visite rapide des 11 scènes installées sur cet hippodrome. On découvrait alors un très bon trompettiste/chanteur Maurice « Mobetta » Brown accompagné d’une jeune saxophoniste et soutenu par une section rythmique efficace. Musique entraînante, moderne et des compositions bien faites.

Maurice "Mobetta" Brown

Maurice « Mobetta » Brown

Un très bon moment alors qu’il alternait le chant et le jeu de trompette très au point. De très bons musiciens que l’on reverrait bien en club.

Maurice "Mobetta" Brown

Maurice « Mobetta » Brown

Et puis, après le père, voici le fils. En effet, c’est au tour de Kent Jordan (fils de Kidd Jordan) de montrer ses talents. Très bon flûtiste et pourtant très bien secondé par un jeune saxophoniste et le brillant clarinettiste Gregory Agid, Kent avait l’ai un peu perdu sur cette scène.

Kent Jordan

Kent Jordan

Il n’était pas très à l’aise, prenant certes quelques bons chorus mais il devait laisser la vedette à Gregory Agid qui, restant pourtant à sa place de sideman, ravissait le public sur 2 ou 3 interventions. Un très bon bassiste et un bon batteur créaient, avec un inventif jeune pianiste, une excellente assise mais ça ne suffisait pas pour faire un triomphe.

Kent Jordan et Gregory Agid

Kent Jordan et Gregory Agid

Un Gregory Agid qui va jouer à 5 reprises, dans diverses formations, durant ces 3 premiers jours du Jazz Fest. C’est un sideman qui, aujourd’hui, a volé la vedette au leader supposé. Toutefois, la musique proposée était bonne, s’apparentant par moment au latin jazz. Si le leader n’était pas dans son meilleur jour, nous passions quand même un moment agréable.

Sur la plus grande scène « Acura stage » (du nom de la marque de voitures et qui sponsorise cette scène), à quelques pas seulement de la « jazz tent », se rassemblaient des milliers de spectateurs pour écouter le très attendu « Tedeschi Trucks Band ».

Tedeschi Trucks Band

Tedeschi Trucks Band

La foule faisait une ovation à l’arrivée des 2 stars et rapidement, Derek démontrait son talent de guitariste en accompagnant sa femme. Il prenait des chorus de toute beauté avec un son de guitare bien à lui et une virtuosité qui en font un grand Monsieur. Suzan Tedeschi déployait son talent de chanteuse et son mari, guitariste des « Allman Brothers » partageait bien la vedette. Ils étaient accompagnés par un belle section de cuivre, de très bons choristes, et soutenus par une excellent rythmique, notamment un batteur omniprésent. Un triomphe pour ce couple.

Retour à la Jazz Tent où s’aglutinaient de nombreux fans de cet artiste local Nicolas Payton.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Un Nicolas Payton, plus organiste/pianiste que trompettiste, en trio. Et quel trio. Un magnifique contrebassiste Vicente Archer et le très créateur Bill Stewart à la batterie accompagnait Nicolas Payton pour un répertoire rafraîchissant. Le public était conquis et le leader prenait quelques courts chorus à la trompette.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Il alternait ses interventions entre orgue, trompette et claviers. Il jouait même du piano électrique et de la trompette, en même temps.Il s’adonnait aussi au chant, en fin de concert. Prestation pas époustouflante (on devient difficile) mais très honnête et un Bill Stewart très présent.

Bill Stewart

Bill Stewart

Et puis, subitement, le public rajeunissait et envahissait littéralement cette jazz tent. Le service d’ordre avait même des difficultés à faire asseoir tout ce jeune public venu applaudir et danser avec leurs idoles de « Snarky Puppy ».

Snarky Puppy

Snarky Puppy

Immense ovation à l’arrivée de cette petite bande (9 musiciens) de Texans, toujours de bonne humeur, communiant avec leurs fans. Ils faisaient chanter le public qui s’était déjà adonné à la danse. Ambiance formidable sous ce chapiteau où la gaieté prévalait.

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Et, tout d’un coup, patatras, le speaker vient annoncer au micro qu’un gros orage, voire une tornade se prépare et doit arriver dans la demi heure qui suit et demande donc l’évacuation immédiate. Tout le monde est frustré, musiciens et public, déçus mais, à New Orleans, on ne plaisante plus avec la météo. Il y a tellement de mauvais souvenir … (Katrina). Alors, tout s’arrête, au bout de 3 chansons et on s’exécute, avec ponchos et parapluies. Dommage, la fête a tourné court mais tout de même, encore un bon moment passé.

Snarky Puppy

Snarky Puppy

 

Nola’s news # 18

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Jazz Fest 2015

Jazz Fest 2015

Cette édition 2015 du Jazz Fest débutait avec une chaleur intense et orageuse mais les festivaliers étaient toujours aussi nombreux et nous y retrouvions quelques relations venues pour l’occasion, de divers états. Le JazzFest est toujours un marathon et nous commencions avec du blues.

Larry Garner

Larry Garner

Larry Garner, sa superbe voix et son jeu de guitare sensible nous proposait un blues du Delta bien sûr avec beaucoup de tendresse et de générosité. C’est un bluesman à part qui, comme Kenny Neal, revendique cette forme de blues si particulière et émouvante.

Larry Garner

Larry Garner

Toujours un ravissement d’écouter ce merveilleux artiste et le public était venu nombreux sous cet immense chapiteau appelé « Blues Tent ».

On passe au chapiteau à côté , « Jazz Tent » pour écouter cette fois un jeune homme de 81 ans (je dis un jeune homme car, si vous aviez vu la pêche …), saxophoniste réputé puisque néo-orléanais et qui s’adonne depuis toujours au free jazz.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

Kidd Jordan commençait donc en présentant son 4Tet et en saluant le public nombreux (connaisseurs et curieux) et en le remerciant d’être là au début de son concert car il ne sait pas s’il y aura autant de monde à la fin … Son humour est intact, sa fougue et son plaisir de jouer le sont aussi. Il se régale à improviser avec ses complices et joue des thèmes personnels qu’il déstructure pour mieux les restructurer avec une vivacité surprenante.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

Il joue sans arrêt et ses compagnons de jeu s’amusent tout autant. Bref, un très bon moment musical.

Un petit tour au Village Indien pour voir différentes danses indiennes expliquées par un narrateur venu des tribus du nord, à la frontière canadienne.

Tribu indienne du nord

Tribu indienne du nord

Quelques belles démonstrations retraçant les coutumes de ces premiers occupants des Etats Unis et du Canada.

Indien du nord

Indien du nord

Je vous passe le moment si agréable du repas (cochon de lait Po-boy) avec quelques crawfish (écrevisses) et ce goûteux sandwich au cochon de lait … un régal. Bon, le coca par-dessus va faire sursauter les épicuriens mais, on est au Jazz Fest et le vin n’est pas le breuvage courant …

Restauration au Jazz Fest

Restauration au Jazz Fest

Sur la scène « Fais Do Do », c’est un blues cajun que proposait le chanteur/guitariste Paul Sanchez. Toujours beaucoup de monde devant cette scène où les Cajuns se donnent rendez-vous pour danser le one step. Les paroles sont le plus souvent en cajun, ce mélange de vieux français et de créole et quelques spectateurs chantent les refrains aux consonances  acadiennes.

Scène "Fais Do Do"

Scène « Fais Do Do »

C’est vraiment amusant d’entendre parler ces gens si sympathiques parler ce cajun et qui revendiquent leur appartenance à la culture française. Un moment agréable.

Paul Sanchez

Paul Sanchez

 

Nola’s news # 17

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Battle of N.O. by Nocca Big Band

Battle of N.O. by Nocca Big Band

Le musée « U.S. Mint Theater » fêtait aujourd’hui la bataille de New Orleans (janvier 1815) et pour ce faire, il invitait le Big Band de la fameuse high school « Nocca ». 20 jeunes musiciens, de 14 à 16 ans, tous étudiants à Nocca se retrouvaient autour des compositions, pour l’occasion, et la direction de Michael Rihner, pour interpréter une suite d’une dizaine de pièces sur le thème de cette fameuse bataille, de l’appel aux armes à la célébration de la  victoire finale, face aux Anglais. La salle était pleine (150 personnes) et l’ambiance à son comble pour soutenir ces jeunes musiciens, stars de demain, du moins, la relève, comme je le disais à Khari Allen Lee, excellent saxophoniste et  professeur de cette célèbre école et lui conseillant de garder le cap car les jeunes poussaient fort. Bref, 1h30 de musique de jazz en Big Band évoquant l’événement. On ne pouvait faire mieux pour commencer l’après-midi.

Nocca Big Band

Nocca Big Band

Après-midi qui ne faisait que commencer car, c’est à « l’Armstrong Park » qu’elle devait se poursuivre avec son festival qui réunit, tous les jeudis, sur « Congo Square » les représentants locaux du jazz et du funk néo-orléanais. A new Orleans, tout commence par une parade.

Parade à "Jazz in the Park" Parc Louis Armstrong

Parade à « Jazz in the Park » Parc Louis Armstrong

Et ce soir, c’est un des musiciens des plus représentatifs de Nola qui se produisait devant un parterre  gavé de monde. Les odeurs de jambalaya, de pork shop et de crawfish venaient se mêler aux sons typiquement locaux. Kermit Ruffins, superbe trompettiste, chanteur et showman évoluait sur cette magnifique scène, face à la statut de King Louis (Armonstrong, bien sûr).  Les tubes s’enchaînaient et tout le monde dansait et reprenait les refrains des célèbres airs de Treme et des chansons contant les louanges de New Orleans.

Kermit Ruffins

Kermit Ruffins

Non seulement il faisait danser les gens mais il leur faisait reprendre, en coeur, quelques refrains ou mélodies des célèbres chansons de King Louis, des thèmes de Treme ou de ses propres compositions que tout les néo-orléanais connaissent bien. Les jeudis du Parc Louis Armstrong sont toujours pleins de promesses, de partage, de bonne humeur et de bonne musique.

Kermit Ruffins

Kermit Ruffins

Et, c’est avec beaucoup d’humour, car c’est un bon vivant à qui la devise « laissez les bons temps rouler » veut dire quelque chose, que nous devions mettre fin à cette après-midi de musique. Pour autant, le spectacle n’était pas terminé puisqu’à la suite, venaient les Soul Rebells. Mais, ce sera pour une autre fois.

Kermit Ruffins

Kermit Ruffins