Tom Ibarra Quartet au Caillou le 28/05/16

Par Dom Imonk, photos Thierry Dubuc

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Tom Ibarra Quartet

Il n’y a pas que le Petit Poucet qui sème des cailloux pour retrouver son chemin, Tom Ibarra fait ça très bien aussi, il en a même retrouvé un gros, le Caillou du Jardin Botanique, dans le ventre duquel il s’était déjà produit il y a à un peu plus de trois mois, avec un quartet pour moitié renouvelé, se cherchant encore un peu, mais qui annonçait la couleur future du groupe. C’est le dernier concert du Printemps de Music [at] Caillou, avant que ne démarrent les très attendues Estivales dès le 1° juin. Beaucoup de monde pour cette ultime soirée, il y en a dedans, qui se régalent déjà de mets gouteux et de fins élixirs, d’autre préfèrent le grand air, mais les oreilles aux aguets. Le quartet c’est donc toujours Tom Ibarra à la guitare et aux compositions, Pierre Lucbert à la batterie, Christophe de Miras aux claviers et Jean-Marie Morin à la basse électrique. Ils sont tout sourire, pas de stress, mais aux regards entendus que l’on croise, quelque chose nous dit qu’on va passer une soirée mémorable, si l’on se souvient du feu qu’avaient mis début Mai ces quatre diables au Siman Jazz Club, dont on salue au passage l’équipe de passionnés.

Un premier set particulièrement riche a mis le public en condition, en piochant des thèmes de « 15 », l’album de Tom sorti fin 2015. L’énergie du live transfigure les « Be careful » , « Mr Chat » et autres « Thank you Bob » (dédié à Bob Berg). Ils sont développés et dévoilent à chaque fois une âme neuve, alors qu’on se délecte des petits nouveaux, de vrais brûlots, qui se rodent au mieux comme« I’m sick », « Question », « Inside » et « My Red Book », envoutante allusion au projet « Jazz India » dont on reparlera. Autant dire que ceux qui ne connaissaient pas en ont pris pour leur grade et sont repartis le cd dédicacé sous le bras, même si d’aucuns ont pu trouver le groupe un peu sous-sonorisé au début, mais ça s’est arrangé par la suite. Il est clair que depuis sa refondation, le quartet a gagné en cohésion et en rigueur, ce qui renforce l’impact de la musique, servie par un son de plus en plus affuté et évolutif. Chacun est à sa place pour alimenter le groove d’une musique qui, de façon presqu’imperceptible, précise son essence, parée d’habits jazz-funk, voire soul, en délaissant tant soit peu l’écharpe fusion des tout débuts.

Le deuxième set a carrément mis l’aiguille dans le rouge en ouvrant avec le « So what » de Miles Davis, très pêchu et funky. Mais de petits soucis techniques sur le clavier ont agacé le groove qui, n’y tenant plus, est reparti de plus belle dès les choses réparées par Benoît Lamarque, bienveillant maître des lieux. Résultat des courses, un son gros comme ça, de la patate dans tous les virages et un final sur le « Billie Jean » de Michael Jackson, plus funky que soul cette fois-ci, ingrédients savamment épicés qui ont achevé la conquête d’un public qui n’en revenait pas. Et il n’avait d’ailleurs pas tout vu, car d’autres nouveautés sont venues enfoncer le clou dans le sol d’un Caillou réjouit, comme « The notes », « The Lego », dédié à un fan anonyme, et « Death », autre extrait gorgé de spiritualité, tiré du projet « Jazz India ». C’est un « Mona » au feeling encore renouvelé et plus profond, qui est venu conclure ce set. Morceau mystérieux, le petit secret de son auteur…

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Christophe de Miras et Jean-Marie Morin

Le groupe évolue et murit en mode accéléré. Chaque concert  réserve sa part de surprises et de petits signes témoignent de ces changements, comme par exemple le jeu expert de Christophe de Miras, qui privilégie de plus en plus des envols jazzy, teintés de groove vintage, laissant à Jean-Marie Morin et sa superbe basse six cordes au son de velours, le soin de garder le temple du fusionnel dont ses lignes longues et racées raffolent. Quant à Tom Ibarra et Pierre Lucbert, leur complicité les soude d’une joie évidente de jouer dans l’échange incessant, et chacun sourit sans retenue des trouvailles de l’autre, qui jaillissent d’un peu partout. C’est presqu’un spectacle dans le spectacle. On ressent de plus en plus une sorte de gémellité entre eux, voire une « union sacrée ».  Je chipe « le diamant s’affine » à ma voisine, et c’est tout à fait ça. Du haut de ses 16 ans, Tom Ibarra est, rappelons-le, endorsé par Ibanez, mais son jeu s’est enrichi du soutien de la marque Roland. En effet, il utilise désormais un GT 100 (Boss) qu’il manie déjà à merveille pour offrir un nouveau son particulièrement riche et profond, ceci s’accordant à ravir à son souhait de jouer moins de notes, laissant toute la lumière à celles qui demeurent. Il nous a encore enthousiasmés par la limpide beauté de son jeu, sa justesse, mais aussi par sa direction de groupe très précise. Quant à Pierre Lucbert, c’est un batteur qui impressionne par sa déconcertante facilité à nourrir d’un drive riche et puissant le groove du quartet, et à savoir aussi gérer les accalmies. Alternances de climats parfaitement maitrisées, petits roulements par-ci, gros breaks ajustés au millimètre par-là, bref, ce n’est pas pour rien qu’à 19 ans, il est le plus jeune endorsé de la marque Yamaha, et qu’il a récemment obtenu son DEM Musiques Actuelles avec d’excellentes notes.

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Tom Ibarra

Pierre Lucbert

Pierre Lucbert

Comme si ces quatre garçons n’avaient pas suffisamment mis le feu au Caillou, deux rappels torrides ont suivi, avec « Exotic City » et le « Happy » de Pharrell Williams, qui ont sérieusement ravivé les braises de ce jazz-funk agile et efficace en diable. Et, croyez-le ou non, à peine la scène quittée et une ovation d’un public ébahi, que voici déjà de retour Tom, aux claviers, et Pierre à la batterie pour une sympathique jam improvisée, histoire de remettre le couvert du groove, alors que Christophe et Jean-Marie les rejoignent bien vite. Une sorte d’after-show de folie, dont le grand Prince était friand, on pense très fort à lui. Ne soyez pas tristes si vous avez loupé leurs concerts, le Tom Ibarra Quartet sera le 04 juin à Molières (Dordogne), le 06 juillet au Club House Rugby à Bordeaux (Ancien Comptoir du Jazz), le 23 juillet au Festival de Jazz de Saint-Émilion et le lendemain au Festival de Jazz d’Andernos.  Et le 02 septembre, ils seront de retour au Caillou du Jardin Botanique dans le cadre des Estivales 2016 !

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Tom Ibarra Quartet

Tom Ibarra

Le Caillou du Jardin Botanique

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Nola news # 8

Par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Ooh Poo Pah Doo !

James Andrews

James Andrews

Toujours une formidable ambiance dans ce club du quartier « Trémé » l’ « Ooh Poo Pah Doo Bar ». Trombone Shorty y a fait des débuts fracassants et c’était devenu le fief de Travis « Trompette Black » son cousin, jusqu’à son décés, l’an dernier. Et ce sont ses autres cousins qui mènent la barque, tous les lundis soirs. James Andrews, trompettiste, chanteur, showman y mettent le feu régulièrement. Et avec lui, on ne reste pas assis 5 minutes car il invite de suite le public à danser, à chanter, à organiser une « second line » (sorte de farandole) jusque dans la rue. Et, d’autres voisins viennent se mêler au show, tel Big Chief Doucette (chanteur que l’on peut voir dans la superbe série « Trémé »)

Big Chief

Big Chief Doucette

et Big Chief Bo Dolis Jr, lui aussi, chanteur, ainsi que d’autres musiciens du quartier.

Big Chief Bo Dollis Jr

Big Chief Bo Dollis Jr

Et Judy, la tenancière du bar ne se fait pas prier pour venir prendre le micro et chanter, en dansant, les succès, justement de « Treme ». C’est tous les lundis soirs, une ambiance survoltée dans ce club oublié des touristes … ce qui en fait l’authenticité. Quelle soirée … !

Julie

Judy

 

Instant Opus Improvised Series

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Martin Krusche (sax), Ashley Blume (p), Joesf Butts (ctb), Dan Caro (dr).

Comme tous les lundis, en deuxième partie de soirée, après la réunion Bluegrass, l’ Hi-Ho Lounge donne carte blanche à cette asso qui soutient la  musique improvisée. Et ce soir, c’est un quartet de musiciens chevronnés qui s’y colle. L’excellent saxophoniste Martin Krusche nous régale d’une musique déstructurée mais qui se structure pour encore mieux laisser place à l’improvisation. Il est merveilleusement accompagné dans ses aventures sonores par la discrète mais efficace claviériste Ashley Blume, Joesf Butts à la contrebasse et à la basse électrique et le fougueux batteur Dan Caro. Soirée décoiffante et enrichissante.

 

« 4 Sidemen of the Apocalypse »

Mike & friends

Mike Kobrin & friends

Super quartet de jazz moderne au « Café Negril » emmené par un très bon trompettiste Mike « Trumpet Mike » Kobrin qui a passé en revue quelques excellents standards de Monk à Rollins en passant par Chet Baker. Très bien soutenu par le guitariste Pete Rozé qui s’illustrait dans des solos courts mais bien montés, il bénéficiait également d’un bon drumming de Ethan Shorter et d’une excellente ligne de basse de Mike Robbins qui contribuaient à la réussite de cette soirée.

Mem Shannon Trio

Mem Shannon Trio

C’est le Bluesman Mem Shannon qui officie ce soir au club de Frenchmen street, le 30°/90° devant un bon public venu claquer des doigts et taper du pied. Un trio classique dont Mem Shannon en est le leader qui nous interprète ses compositions pour un Blues original,  très Louisianais, avant de se lancer dans les classiques du Delta Blues.

 

Open ears music series

Jesse Morrow

Jesse Morrow

Upstairs at the « Blue Nile » se trouve le « Balcony room » avec son superbe balcon surplombant Frenchmen Street d’où l’on voit et entend tous les soirs un Brass Band faire sonner ses cuivres pour régaler les curieux. Et, tout comme à l’Hi-Ho Lounge le lundi, c’est une autre asso qui propose de faire écouter des musiciens qui jouent un jazz différent (pour ne pas rentrer dans la polémique), une musique libre, débridée, aux portes du free jazz. Et, à New Orleans aussi, de fantastiques musiciens font évoluer la musique. D’ailleurs, des gens comme Delfeayo Marsalis, Khari Allen Lee et bien d’autres soutiennent cette démarche visant cette évolution. C’est le contrebassiste Jesse Morrow qui anime la scène avec ses complices Simon Lott à la batterie, Anthony Cuccia aux percussions, l’excellent tromboniste Jeff Albert et le talentueux Brad Walker au saxophone ténor.

Brad Walker

Brad Walker

Court premier set avec 2 compositions du leader du soir, Jesse Morrow puis un deuxième set où chaque participant exécutait un solo/impro avant de se retrouver tous pour des impros collectives. Et non, iI n’ y a pas que des Brass Band à New Orleans…

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Next Generation

On avait parlé de l’énorme travail du pianiste/chanteur Jessie McBride pour les jeunes et c’est au « Prime Example », excellent club convivial de N.Broad qu’il pésente, chaque mercredi, cette nouvelle génération de musiciens, encore dans les écoles de musique (Nocca, UNO à New Orleans et Berkley school à Boston).

Jessie McBride

Jessie McBride

De son piano, Jessie dirige avec beaucoup de discrétion cette jam session et présente le groupe de ce soir dans lequel on peut reconnaître, entre autre le magnifique trompettiste John Michael, issu de la Nocca et maintenant à la Berkley. Voilà des jeunes qui ont déjà, à 16-17 ans, du métier et surtout du talent et Jessie McBride les met à l’honneur et leur donne quelques ficelles.

Next Generation

Next Generation

Et, comme c’est une jam, voilà un « jeune ancien » de la Nocca, qui prend place à la batterie pour soutenir ces musiciens en herbe. Joey Dyson, discret, humble prend les baguettes et la jam prend alors une autre dimension et le public ne s’y trompe pas … que de talents dans cette next generation ! A suivre …

Joey Dyson

Joey Dyson

 

Johnny V & friends

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Johnny V (V pour Vidacovich) invite chaque semaine 2 autres musiciens pour former son trio au Maple Leaf. Ses invités de ce soir sont le remarquable bassiste (à 6 cordes), Chris Severin (entre autre, prof à la Nocca)

Chris Severin

Chris Severin

et celui qu’on ne présente plus, le pianiste-organiste-trompettiste, Nicolas Payton.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

N. Payton ne prenait que rarement sa trompette et préférait le piano électrique et l’orgue pour interpréter ses compositions. C’est un premier set avec une musique très intimiste qu’il proposait avant de se lâcher un peu plus dans le second. Les 2 sidemen de luxe faisaient tour à tour merveille dans leurs solos.

J. Vidacovich, Chris Severin, Nicolas Payton Trio

J. Vidacovich, Chris Severin, Nicolas Payton Trio

Et le concert se terminait, comme d’habitude, avec une dégustation de cookies préparés par Johnny V. Sympa, non ?

L’instant Karmarama au Cuvier

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

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Le blog bleu d’Action Jazz parle de jazz bien sûr, quelquefois il se surprend à évoquer du blues ou du boogie-woogie mais ce soir il va vous parler d’autre chose. Et l’auteur avait depuis longtemps envie de parler de cette autre chose, envie de parler de musique tout simplement et surtout de ces musiciens là, pas forcément de jazz, pas du tout de jazz d’ailleurs, quoi que, John McLaughlin était bien parti dans ces sphères là…

Parlons du Mark Benner Band plus exactement de son projet Karmarama un mélange d’instruments indiens comme le sitar et le tabla et de guitares, claviers et batterie.

Nous sommes ce soir à un « apéro pop » au Cuvier, la salle de spectacle d’Artigues-près-Bordeaux. Trois fois par an un concert est offert par la municipalité, charge à une association locale –aujourd’hui le comité des fêtes – d’organiser la restauration et le bar. Une très bonne idée, qui fait le plein à chaque fois. Voir chronique du 24 mai 2015.

Le Mark Brenner Band c’est avant tout un groupe de pop-rock qui joue des reprises , mais un des meilleurs. Son leader Mark Brenner est britannique, mais vit en France depuis plus de vingt ans, ayant craqué pour un endroit qui fait rêver tant de monde, le bassin d’Arcachon. Chanteur, compositeur, bassiste, guitariste, ukuléliste, sitariste, il maîtrise aussi la contrebasse avec laquelle il peut jouer tout standard de jazz.

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Avec lui Thomas Drouart, pianiste éclectique passé par le reggae – il avait alors les dread locks – le jazz fusion, la pop, la soul, le funk… un cador qui lui aussi peut tout jouer,

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A la batterie un autre musicien éclectique qui a notamment joué avec le groupe de jazz fusion – pour faire simple – Post Image, Antony Breyer.

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Ce groupe est aussi bien capable de vous animer une soirée entre potes que de mettre le feu à un camping devant 2000 personnes un soir d’été. Le 10 juillet, devant plus de 40 000 personnes, ils seront d’ailleurs les animateurs de la fan zone des Quinconces le soir de la finale de l’Euro de foot. Ce groupe propose aussi un spectacle remarquable en hommage aux Beatles ; à voir.

Mais ces excellents musiciens et notamment le leader sont avant tout des artistes. Mark a à son actif plusieurs disques qui ne sont composés que de titres originaux, le prochain étant en cours de réalisation.

Ce soir Mark nous propose un autre de ses projets, Karmarama, aux accents indiens avec sitar, tabla etc… Les Britanniques ont un fort passé avec l’Inde, Mark entretient cet héritage. Récemment à la guinguette chez Alriq il a joué avec le projet Jazzindia du guitariste Tom Ibarra, comportant deux musiciens traditionnels indiens.

Le concert commence en duo, Mark au sitar accompagné au tabla par Matthias Labbé, venu spécialement de Paris, un des meilleurs joueurs de tabla actuellement, disciple de Anindo Chatterjee de Kolkata pour les connaisseurs. Certains dans l’assistance sont inquiets, ce genre de musique râga étant un peu spécial pour nos oreilles occidentales.

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Mais très vite le répertoire se fait plus familier, les arrangements indiens transformant avec bonheur des titres connus. Amusants ces début de morceaux qui se transforment en blind test ! « Here comes the rain again » de Eurythmics, puis « Roxanne » de Police, « Mercy Street » et « Solsbury hill » de Peter Gabriel bien sûr, la pépite « Running up that hill » de Kate Bush, « Fields of Gold » de Sting,« Somebody that I Used to Know » de Gotye, pas mal de Britanniques… 

Le jeu et la résonance des cordes sympathiques du sitar, le son typique du tabla métamorphosent ces titres ; des nappes de clavier viennent entretenir cette atmosphère parfois planante. On a même droit à un duel magnifique entre la batterie d’Antony et le tabla de Matthias, duel d’instruments, duel non violent de cultures, magnifique.

La pause permet de se ravitailler en tapas et rouge ou rosé dans une ambiance des plus douces et conviviales. Le public pour la plupart novice de ce genre de musique est déjà conquis.

Les Beatles ne sont pas oubliés avec« Norwegian Wood » et son beau son de sitar, puis une version originale de « In the air tonight » de Phil Collins, le tabla donnant cette couleur caractéristique. Suit une composition de Mark Brenner et une surprise avec l’arrivée dans la salle et instantanément sur scène de Dany Ducasse – du John Perkins Group Revival – qui s’empare du micro avec son harmonica – toujours dans la poche – pour un excellent solo totalement improvisé car imprévu !

« Scarborough Fair » de Simon and Garfunkel, « A Horse with no Name » d’America, « I’m Yours » de Jason Mraz, « Budapest » de George Ezra complètent le set avec toujours cette présence envoûtante du tabla, et parfois du sitar de Mark, sur cette base pop. Pop music qui justement dans les années 60/70 a baigné dans cette culture alternative aux aspect spirituels légèrement embrumés de fumées diverses et variées plus ou moins légales… Mark passe d’un instrument à l’autre avec aisance, Thomas assurant rythmique ou harmonie avec ses claviers. Côté percussions c’est aussi du beau travail la batterie et le tabla se complétant fort bien.

Le public un peu désarçonné au début en redemande et deux rappels seront nécessaires pour le rassasier. Belle redécouverte de ces titres ce soir.

De la pop peut-être, de la world music pourquoi pas, mais l’esprit jazz n’est pas loin notamment dans certaines impros et d’ailleurs on s’en moque, le plaisir de la musique étant lui toujours présent. Les collaborations du Mark Brenner band avec des jazzmen reconnus comme Roger Biwandu, Jean-Christophe Jacques ou encore avec Shekinah Rodz confirment qu’en ce domaine les frontières sont heureusement bien fragiles pour ceux qui ont les oreilles ouvertes à tous les styles ; c’est le cas d’Action Jazz !

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Gainsbourg revisité au Baiser Salé

par Philippe Desmond.

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Me revoilà comme chaque année fin mai un soir à Paris, entre deux premières journées d’une quinzaine ayant pour objet une autre de mes passions. Alors puisqu’il est question de sets, direction rue des Lombards mais pour des sets musicaux cette fois et dans un lieu que j’adore, le Baiser Salé. Tous les lundis soir c’est jam – voir chronique du 27 mai 2015 – autour de François Constantin le grand percussionniste.

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Mais avant la jam il y a toujours un concert, certes souvent pas trop long, mais qui lance bien l’affaire. Coup de chance ce soir c’est un hommage rendu en jazz à Serge Gainsbourg et avec un des spécialistes du genre le pianiste Pierre-Alain Goualch qui avait sorti l’album « Exploring the music of Serge Gainsbourg » en 2001. Musicien redoutable au clavier, aux collaborations riches et variées, il joue ici avec le monstrueux bassiste Diego Imbert et une grosse pointure de la batterie, Loïc Pontieux ; François Constantin est bien sûr aux percussions, principalement aux congas pour la touche latino et caribéenne de la maison.

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Ça commence très fort – et en retard comme toujours – avec le titre peu connu  » Panpan Cucul » . Gros groove, chorus époustouflants, bref une belle fessée d’entrée !

Un riff rythmique envoûtant de basse annonce  » Bonnie and Clyde » dans un arrangement que Valérie Chane-Tef a d’ailleurs adapté avec Akoda. Piano tynerien, rehaussé, si c’est encore possible, par un festival de percussions de François pour une version latino d’un autre monde.

Un peu de calme et de sensualité avec  » L’eau à la bouche » mais pas pour longtemps, le tempo et l’intensité augmentant rapidement.

Quant au « Poinçonneur des Lilas » qui arrive, la RATP aurait dû le garder tant sa cadence est bien plus rapide que les machines actuelles ; pas beaucoup de trous entre les notes ! Que ça joue mais que ça joue ! Ce pianiste qui pour moi est une découverte est vraiment extraordinaire et ses compères ne le sont pas moins. Les chorus de basse de Diego sont de vrais solos de guitare quant à Loïc sa précision et son feeling nous régalent. François lui je le connais mais il m’épate toujours, on dirait qu’ils sont plusieurs…

La jam commence sans qu’on s’en rende compte avec la venue sur la scène – minuscule – de Myriam Bouk Moun pour chanter « Je suis venue te dire que je m’en vais » dans une version tellement nouvelle que même elle ne l’avait jamais chantée ainsi ; un genre de salsa parfois scattée, François aux timbalès dynamitant le tout ; des malades !

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Arrive une surprise avec une connaissance des Bordelais, récemment entendu dans nos contrées avec le Youpi Quartet, l’harmoniciste Laurent Maur. Avec son petit instrument et son ampli de la taille d’un sac à main, dixit François, c’est lui qui va imposer son arrangement de « La Javanaise » dont il va tisser et tordre la mélodie à l’envi. Les acquiescements de tête admiratifs du patron confirment l’impression générale de vivre un grand moment.

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La chanteuse Alice Soyer rejoint le groupe, avec Laurent Maur, pour « Couleur Café  » la chanson s’adaptant idéalement au style musical du soir. « Elisa » ensuite se latinise elle aussi, le même traitement étant réservé de façon plus inattendue à la vieille « Harley Davidson » qui en perd son arrogance agressive et métallique au profit d’une souplesse toute sensuelle.

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Un concert de toute beauté regorgeant d’une énergie joyeuse et de virtuosité. Et ici c’est comme ça presque tous les soirs mais systématiquement tous les lundis. Au fait, lundi prochain, au même endroit, on prend les mêmes et on recommence pour cet hommage à Gainsbourg, ne loupez pas ça si vous êtes dans les parages, vous pouvez même y aller exprès.

La jam démarre vraiment ensuite avec une succession de musiciens talentueux. L’île de Cantaloupe se transforme instantanément en un continent de groove et le reste est à l’avenant. Il est près d’une heure du matin et le premier set commencé peu après vingt deux heures se termine juste. Je déclare forfait pour le second, demain j’ai match sur le Central.

 

Nola news # 7

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Improvisation

Cliff Hines, Russel Batiste, Mario Abney, Charlie Wooton & friends

Cliff Hines, Russel Batiste, Mario Abney, Charlie Wooton & friends

« Instant Opus Improvised Séries » est une association qui œuvre pour l’évolution de la musique à la Nouvelle Orléans. C’est au »Hi Ho Lounge » que cette année, l’asso a posé ses valises, tous les lundis soirs. Un quartet de base, avec la crème de la modern generation : Cliff Hines (g),

Cliff Hines

Cliff Hines

Charlie Wooton (b) surnommé le Jaco Pastorius de la Nouvelle Orléans, l’extraordinaire batteur (dont on a déjà parlé) Russel Batiste (Joe Krown trio) et le non moins talentueux trompettiste Mario Abney débutaient une série somptueuse d’improvisations. Des impros où tout le monde se laissait aller dans des chorus, littéralement fabuleux. Ils étaient rejoints, alternativement par un superbe saxophoniste qui devait s’avérer aussi bon à la flûte mais aussi à la trompette… ils sont désarmants ces musicos … ! Un autre merveilleux saxophoniste prenait le relai et une batteuse prenait en cours les baguettes, pour enfin terminer ce set d’1h30 d’improvisations devant un public de passionnés venu nombreux, malgré l’heure tardive. Quelle soirée … ! avec une pensée pour mes amis restés à Bordeaux et qui auraient adoré.

Mario Abney

Mario Abney

Oreilles grandes ouvertes au balcon

Sur Frenchmen street, le « Blue Nile » a un deuxième club à l’étage. Outre l’immense balcon d’où l’on voit un Brass Band évoluer devant bon nombre de passants qui, attroupés devant, barre pratiquement le passage des voitures, c’est le « Balcony Room » qui propose aussi des concerts. Ce mardi soir, « l’Open ears music series » donne carte blanche à l’excellent saxophoniste Khari Allen Lee (formateur à la Nocca),

Khari Allen Lee

Khari Allen Lee

très actif et initiateur de plusieurs projets destinés, entre autre, aux enfants. Et, c’est la musique de son dernier album qu’il nous propose, avec un magnifique quartet dans lequel Jessie McBride tient le clavier.

Jessie McBride

Jessie McBride

Superbes interprétations de compositions originales de Khari où la douceur se mêlait à l’émotion sur des tempos lents mais aussi rapides pour un modern jazz de grande classe. Sur scène, un autre musicien alternait percu et dessein à la craie, au gré de son inspiration. Encore une magnifique soirée.

Khari Allen Lee & friends

Khari Allen Lee & friends

 

Le Jazz au paradis

Soirée dansante au « Café Negril » où le saxophoniste Dominick Grillo et sa bande du « Jazz in Paradise » sévissait avec toujours autant d’efficacité.

Jazz in Paradise

Jazz in Paradise

Un peu plus loin, toujours sur Frenchmen street, c’est Kris Royal au saxophone alto qui animait le « 30°/90° » avec un premier set de folie. Un des jeunes chefs de file du funk néo-orléanais qui joue avec son band dans lequel opère le très demandé bassiste Max Moran, mettait le feu et provoquait une ambiance extraordinaire, malgré les décibels.

Khris Royal

Kris Royal

Max Moran

Max Moran

Autre ambiance, cette fois plus feutrée et plus jazzy au « Snug Harbor » avec l’excellent « Bridge Trio »  que l’on peut retrouver aux côtés de Donald Harrison Jr. Conun Pappas au piano,

Conun Pappas

Conun Pappas

encore Max Moran à la basse et à la contrebasse

Max Moran

Max Moran

et toujours le remarquable Joey Dyson à la batterie,

Joey Dyson

Joey Dyson

nous proposaient la musique de leur dernier album  « The search : Departure » et de magnifiques compositions de chacun d’eux, ainsi qu’un hommage à un musicien qui a laissé son empreinte au jazz local, Harold Batiste. Ils invitaient également Jessie McBride, musicien très impliqué dans le soutien de la « new generation » néo-orléanaise à chanter sur un morceau avec eux et ce, dans un club archi-comble. Superbe soirée.

The Bridge Trio

The Bridge Trio

Fire on the bayou !

3 scènes sont érigées près du Bayou St John, bayou se trouvant dans la ville et seul endroit où il y a un peu d’air à cette saison, pour l’annuel « Bayou Boogaloo Fest », durant 3 jours. Festival très familial et gratuit où tous les styles de musique sont représentés, de 11h00 à 20h00. On pouvait passer, d’une scène à l’autre, du rock au zydeco et à la musique Cajun des « Lost Bayou Ramblers », de la soul Queen Irma Thomas au funk de Kris Royal ou encore au jazz de Nolatet sous un soleil de plomb. Le toujours déroutant et imprévisible vibraphoniste « crazy » Mike Dillon

Mike Dillon

Mike Dillon

et ses remarquables complices du « Nolatet », Brian Hass aux claviers,

Brian Haas

Brian Haas

James Singleton à la contrebasse et à la trompette

James Singleton

James Singleton

et le spectaculaire batteur Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

se lâchaient durant 1h30 d’un concert qu’on n’est pas prêts d’oublier.

Nolatet

Nolatet

It’s just in New Orleans !

Un bien joli oisillon… Luc/ Chazarenc/Ker Ourio

par Annie Robert, photos Philippe Marzat

La Teste de Buch      Salle Cravey
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C’était la fête ce samedi 14 mai à La Teste de Buch: fête sur la place, flonflons et stands à guirlandes, animations, chichis et promenades mais aussi fête dans la salle Cravey juste en face qui recevait un Trio jazz inédit, un trio à peine sorti de l’œuf mais pas fragile pour un sou.
Cheveux en pétard, allure de collégien dandy, Matthieu Chazarenc officiait derrière les drums. Il fait partie de ces batteurs qui savent que leur rôle n’est pas seulement de taper le plus fort et le plus souvent possible. Léger, peu envahissant, soutenu mais aérien, il ne cherche qu’à colorer le morceau, sans arrêt au service d’ une atmosphère, de façon inventive et variée. Il nous a gratifié pourtant d’un solo époustouflant de force aux mailloches qui en a laissé plus d’un pantois et d’une écoute de tous les instants.

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Olivier Ker Ourio, breton des îles lointaines et harmoniciste délicat, silhouette longiligne appuyée sur son tabouret, tout en interrogations inquiètes ou en mélodies nostalgiques a su se montrer également un improvisateur sans drame mais pas sans âme. On lui doit les odeurs d’épice et de blues qui par instants ont envahi la scène, un « Syracuse » d’une fine douceur et des écharpes de rythmes créoles, gaies et dansantes.

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Quant au dernier, le petit géant, le meilleur guitariste sans doute de sa génération ( ou plus) que dire sur lui qui n’ait pas été dit….  Sylvain Luc est amoureux, depuis petit, depuis toujours et sans doute pour toujours aussi.
Amoureux de la musique  dont il a incorporé les atomes et les ondes, les oscillations et les complexités et amoureux de sa guitare, qu’il enserre et love contre lui, qu’il cajole et qu’il chouchoute, qu’il traite avec tendresse, avec respect, dont il tire l’essence et le parfum, qu’il berce en dansant, en équilibre sur sa chaise ; ou qu’il rend furie sous des accords électriques.

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Pas de problèmes techniques, pas de soucis de manche ou de cordes pour lui, c’est résolu depuis longtemps, bien loin derrière. La guitare fait corps, elle est ses tendons et ses muscles, sa voix et ses émotions, sa peau et ses ongles. Elle est son prolongement, son image mentale, sa virtualité.
En solo, il est éblouissant de virtuosité, d’intensité, rayonnant et son discours musical sans cesse renouvelé, jamais attendu se révèle généreux et grand ouvert. Lorsqu’il partage la scène comme ce soir, avec deux autres musiciens de grand talent, il sait écouter, se fondre, être au service, embellir les autres. C’est un partenaire idéal.
«  C’est un trio qui se rode… vous êtes un peu notre salle-test… », nous dit il en souriant.
Eh bien, on ne va pas s’en plaindre, bien au contraire !!!
Quel bonheur que cette petite incertitude, cette mise en danger, ces moments où ils se cherchent et se trouvent toujours, ses glissements d’un morceau à l’autre sans en avoir l’air, ces ruptures, ces fioritures qui circulent, reprises par l’un, amplifiées par l’autre, détournées et déployées. De l’improvisation pure, offerte, dangereuse et riante. Une intranquillité puissante.

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On se promène d’une compo de Sylvain Luc aux « Ponts de Paris » d’un clin d’œil à Queen avec un « We will rock you » déchaîné à des chants de grillons, d’un « Hymne à l’amour » à peine évoqué, au plus « Beau des tangos du monde ». Chacun mais toujours ensemble cherchant les limites du morceau, les passages secrets à emprunter et les trouvant toujours !!
Les minutes passent sans que l’on se lasse, toujours étonnés, toujours impatients de la suite, éclaboussés de couleur et déçus lorsque le set s’arrête. «  Comment déjà ? »
Ils ne pourront donc pas échapper au rappel qui sera aussi magique que le restant de la soirée.
Tout prêts du bord de la scène, c’est un peu comme s’ils nous invitaient dans leur salon. Matthieu Chazarenc a abandonné sa batterie pour une caisse à savon, des petits balais et un tabouret qui lui servira de caisse claire. Les deux autres l’entourent comme au coin du feu et ils entament une « Javanaise » délicate qui va s’étaler et mettre rapidement les voiles vers d’autres mélodies inconnues. (Improvisations, improvisations quand tu nous tiens.)
Pour un oisillon sorti de l’œuf, ce trio a déployé grand ses ailes, a regardé vers le soleil sans barguigner et nous a emporté avec lui pour finir dans un souffle d’harmonica, un accord délié  et une caresse au balai.

Du grand art !!
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Tribute to Miles Davis ; Roger Biwandu Sextet

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

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Miles Davis, au delà de l’extraordinaire musicien, n’était pas un homme facile, pas le genre à qui on tape sur le ventre. Depuis bientôt 25 ans qu’il a quitté ce monde je le soupçonne, depuis là où il se trouve, de toujours se comporter comme le dieu qu’il a été. Ce mercredi par exemple il a bien tenté de torpiller l’hommage qui allait lui être rendu. L’énorme averse qu’il nous a envoyée dessus au moment de nous rendre à l’Apollo n’avait elle pas pour but de nous couper l’envie d’y venir ? Raté. Alors n’est il pas à l’origine de l’énorme embouteillage qui a quasiment paralysé Bordeaux juste après ? Encore raté, l’Apollo s’est rempli et drôlement même ! Mais le coup le plus rude avait été porté en début d’après-midi quand le Miles bordelais, Freddy Buzon, avait dû déclarer forfait pour un petit problème de santé  tout ça certainement par une intervention divine du vrai Miles… Pensez donc, le trompettiste KO juste avant le concert, la concurrence écartée, c’était le coup de grâce !

« Allo Mickaël, c’est Rodge, tu fais quoi ce soir ? Non non tu ne gardes pas les enfants, on a besoin de toi, juste un peu, à l’Apollo » Et c’est comme ça qu’au pied levé le trompettiste Mickaël Chevalier s’est retrouvé leader du sextet le soir même ! Un trompettiste fan de Freddie (Hubbard) qui pour un concert de Miles remplace un Freddy, le Miles bordelais, de quoi s’y perdre.

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Avec lui le chef de projet, à la batterie, Roger Biwandu, Olivier Gatto à la contrebasse, Francis Fontès au piano, Alex Golino au sax ténor et Jean-Christophe Jacques au sax alto. Que des très bons !

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L’Apollo est blindé – 500 personnes selon les syndicats, 1000 selon la police – quand débute le concert avec le fringuant « Milestone » ; ça sonne de suite parfaitement, Jean-Christophe endossant le costume de Cannonball Adderley. On reste à la fin des 50’s avec « Freddie Freeloader » (Freddie le pique-assiette) du magique et monumental album « Kind of Blues » ; le sextet est exactement la réplique de l’original, Davis, Adderley, Coltrane, Kelly, Chambers et Cobb. C’est du sur mesure. Puis « Two Bass Hit » et le joyau « So What » que le sextet va faire briller jusqu’à l’éblouissement. Le chorus d’Olivier Gatto, particulièrement en verve ce soir, réussit par son originalité initiale à faire taire l’assistance, pour ensuite revenir des profondeurs, se rapprocher tout doucement du thème et le relancer. Magnifique. Nous voilà propulsés en 1968 avec « Pinochio » et Miles, Herbie, Wayne, Ron, Tony sont là sous nos yeux et dans nos oreilles. Quelle qualité musicale et si proche de nous !

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La pause est bienvenue pour décompresser les corps. Chapeau Mickaël belle suppléance ! « Facile ce sont des standards » ose-t-il me dire ! Personnellement ça me fascine cette capacité des jazzmen – les très bons – à s’adapter ainsi. Ces standards justement pour qui certains font la fine bouche, les mêmes peut-être qui vont aller écouter du Mozart ou du Beethoven ; c’est pas des standards peut-être ça ? Et en plus avec le jazz les standards sont constamment revisités, tordus, interprétés et ainsi toujours nouveaux. Alors vive les standards !

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Ça repart avec « Straight No Chaser » de Monk repris sur l’album « Milestone », « ESP » et « Nefertiti ». Mickaël Chevalier est libéré et fait plus qu’honneur à sa sélection tardive, une prouesse. Jean-Christophe Jacques joue de mieux en mieux, cantonné à l’alto ce soir il en tire le meilleur, quant à Alex Golino toujours aussi imperturbable il nous entraîne loin lui aussi dans ses chorus.

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Parlons de la section rythmique ; mon dieu quelle claque ! La contrebasse gigantesque d’Olivier Gatto -on s’en faisait tous la remarque – le drumming hyper actif, créatif, impulsif de Roger Biwandu, les doigts de magiciens et le groove de Francis Fontès sur le clavier – tout neuf – quelle qualité. Leurs joutes triangulaires faisaient même l’admiration des trois compères soufflants.

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Pour finir « All Blues » un autre joyau de la couronne. Dans le public, tous KO debout.

Là-haut il paraît que Miles a fini par lâcher du bout des lèvres « Good job men » c’est vous dire !