Joli mois de mai à Bergerac

Par Jean-Claude Marron

Shaolin Temple Defenders

Shaolin Temple Defenders

Le Joli mois de mai du jazz en Bergeracois

Suite à l’inauguration au Rocksane avec la venue du groupe Soul blues bordelais Shaolin Temple Defenders , le mois de mai a résonné Jazzy dans toute l’agglomération bergeracoise.

Deux week end jazz à Bosset et Saint nexans ont permis de découvrir des artistes de talent.

Shannon Saxman Murray a séduit un large public dans son ciné concert, jouant fabuleusement de son sax devant des extraits de films des années 50. Un grand moment de grâce.

Deux groupes festifs , Mystère Trio quartet et  le Bokale Brass Band ont fait bouger la foule lors de deux soirées mémorables.

Une grande place était faite aux jeunes .

Les touts petits ont apprécié le concert pédagogique « Baby jazz » par la troupe Philro project. Les primaires des écoles du Fleix ont applaudi Pascal Faidy et Jean Yves Monjauze lors de leur spectacle raconte moi le jazz. Plus de 500  collégiens ont vibré lors du concert pédagogique d’Emilio Leroy quintet et l’atelier musique du lycée Maine de Biran a montré le talent de ses jeunes pousses en centre ville.

Le dernier week end a eu lieu le feu d’artifice de ce joli mois de mai avec pas moins de 17 concerts gratuits sous la boîte de jazz place Gambetta, où se sont produit des groupes locaux et des pointures de jazz tels les quatre talentueux compères  de Clarinet Summit ( Jérôme Gatius, Pascal Chéron, Alain Barrabes et Nicolas Dubouchet).

Les deux afters en soirée joués par Tant Jaco sextet et Swinging Dice ont fait danser les convives.

Les deux concerts du centre culturel ont attiré un public nombreux. Le Cotton Club Show nous a fait replonger dans une ambiance digne des cabarets new yorkais des années 30.

Jazz, swing, claquettes  de Fabien Ruiz et chansons de Faby Médina et Mathilde Ferry ont enchanté les spectateurs.

Le lendemain,c’est la magnifique violoniste  et chanteuse cubaine Yilian Canizares qui ,en mélangeant Jazz latin, rythmes africains et musique classique , a envoûté les chanceux spectateurs   du soir.

A noter que l’exposition Cabu Swing a permis à un large public de découvrir les 70 planches originales de Cabu, fan de jazz, qui a croqué les plus grands noms du jazz en écumant les festivals de l’hexagone ; un bel hommage.

Autant dire que cette treizième édition du Festival Jazz Pourpre a célébré le jazz dans tous tes ses composantes avec toute la force vitale et ses nuances poétiques.

Jazz Pourpre remercie la Ville de Bergerac, la communauté d’agglomération bergeracoise, le Département de la Dordogne et la Région Aquitaine pour leur partenariat et leur soutien.

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One night in Arcachon

Par Philippe Desmond.

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Il y a des soirs comme ça où rien n’est prévu et où tout n’est que surprises.
Pour des raisons sportives me voilà amené à passer une soirée à Arcachon. Seul.
Arcachon ce n‘est pas Ibiza, c’est même plutôt le contraire. Heureusement j’ai vu que Denis Girault le jeune clarinettiste jouait ce soir au Bronx avec le guitariste Pierre Ballue. Je découvre ainsi le Bronx, un bar à vins récemment ouvert dans le centre ville, tenu par Olivier, un passionné de jazz – et de vin – dont il a fait le thème de la décoration du lieu. Ayant un petit creux je m’offre d’ailleurs une ardoise de tapas  “Miles Davis” aussi éclectique dans sa composition que la carrière du maître.
Aussi peu de monde que dans les rues alors qu’il est à peine plus de vingt heures. Dommage car les deux musiciens assurent. Des standards de swing avec une pointe de manouche à la guitare, une version de “Georgia” curieusement et joliment chantée par Pierre Ballue avec la voix de Louis Armstrong,”Dinette” de Django, pas unchained, Reinhard,  du old jazz avec “Ain’t she sweet”, un répertoire très classique mais un très bon duo. Rythmiquement ou en soliste Pierre Ballue est  excellent et au chant il s’amuse bien. Quant à  Denis Girault c’est un remarquable clarinettiste, aussi à l’aise dans les aigus haut perchés que dans les graves profonds et surtout très volubile.
Plaisir de jouer des musiciens qui se tendent des pièges et se font des surprises, trahis par des sourires d’étonnement.
Lors d’une pose Denis me dit qu’à 22 heures il rejoint au casino d’Arcachon le Test’UT Big Band de l’école de musique de la Teste et m’invite à le suivre. Banco donc, passons du Bronx à  Broadway !

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De 2 musiciens nous voilà donc à  22 ! Des cuivres partout, 6 trompettes, 3 trombones, des bois aussi,  4 sax ( et oui vérifiez, les sax sont des bois !) 2 clarinettes et bien sûr une section rythmique et harmonique. Mélange des générations,  mélange des statuts avec des amateurs et quelques pros ou anciens pros, mixité avec un bon tiers de femmes mais parfaite cohésion pour un “simple big band d’école” comme me dira modestement David Raymond le chef d’orchestre. Le répertoire est très varié et parfois audacieux, présenté avant chaque titre avec élégance et passion par Marie-Christiane Courtioux dont le mari, au piano, à été longtemps un collaborateur de Michel Legrand. La merveilleuse chanson d’amour “All the thing you are” de Jerome Kern, “North Africa” de Chick Corea et aussi le délicat “Cristal Silence” choix osé pour un big band,  “Black Bird” de Paul McCartney (!) pour finir par un superbe medley de Miles Davis, “So what”, “All Blues”, “Seven Steps to heaven” et “Milestone”. Un solo de batterie époustouflant ponctuant cette série, adouci par le rappel chanté  “Feeling good”.

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Ce big band, d’école donc, est vraiment remarquable tant à  pleine puissance que de façon plus feutrée, Quelle bonne idée à eu Denis Girault – dont le père et le frère  jouent dans l’orchestre –  en me proposant de le suivre !

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Combien d’écoles de musique creusent ainsi leur sillon, formant des jeunes, des adultes, des séniors,  loin des feux de la rampe illuminant souvent des choses sans intérêt et sans mérite. Dire que beaucoup de ces écoles sont actuellement menacées pour des “nécessités “ économiques !  Soutenons les en allant les écouter même si ce soir – décidément – il n’y avait pas foule au casino,  contrairement à leur précédent concert qui était bondé.
La semaine prochaine le Test’ UT big band recevra celui de Bighampton la ville de l’état de New York jumelée avec la Teste et les retrouvailles s’annoncent magnifiques. Et oui, retrouvailles car les testerains se sont eux déjà  produits là bas aux USA, pays des Big Bands, et ils n’en sont pas peu fiers !
Minuit, Arcachon est désert sauf un ou deux bars branchés, la saison va bientôt commencer,  ou pas.

Pas de pétard mouillé pour Jimi…

Trio Francis Lockwood
Caillou du jardin Botanique  23 /06/2016

Par Annie Robert, photos Alain Pelletier

Francis Lockwood

Francis Lockwood

En face de nous, sur les quais de Garonne, on fêtait le vin, le vin de Bordeaux bien sûr…
Et ils étaient des milliers, le verre à la main, à transpirer sous un soleil de plomb dans l’espoir du divin breuvage…   Châteaux prestigieux ou petites cuvées, crus millésimés ou pas, blancs ou rouges, chacun attendait sa lampée de rêve… et il en a fallu sans doute beaucoup pour étancher la soif causée par les 35° ambiants, du feu en barre tombant sur Bordeaux…
De la chaleur et du rêve, sur l’esplanade du Caillou, on en a dégusté également mais pas de la même manière…
À l’ombre des parasols inclinés, calé dans un fauteuil de jardin, sirotant une bière fraîche, un mojito mentholé ou un verre de blanc givré, sur l’esplanade du Jardin Botanique, l’ambiance était plutôt au farniente délicieux qu’à la dégustation de sulfites. On était à l’aise et à l’ombre.
Et surtout assez impatient d’entendre ce que pouvait donner une interprétation en acoustique des grands succès de Jimi Hendrix.
Une folle idée que celle du Trio Francis Lockwood …. Avec deux difficultés majeures à contourner : l’absence de guitare et de voix, marques incontestées et fortes du guitariste.
De Jimi Hendrix, on connaît les succès planétaires dans les festivals, son style agressif, d’une virtuosité extravagante et un son particulier, reconnaissable entre tous, électrifié à fond, usant de toutes les possibilités de la guitare, fulgurances électriques et entrelacs psychédéliques, une approche révolutionnaire du genre, bien vibrante dans la tête de tous.
Comment passer de « ça » à un trio acoustique jazz classique : piano, contrebasse, batterie ?
Le défi n’était-il pas insurmontable et un peu délirant ?

Philippe Laccarrière

Philippe Laccarrière

Et bien tout simplement en n’essayant pas de transposer au clavier les éblouissements de la guitare. Le swing rythmique remarquable de Philippe Laccarrière à la contrebasse et de Frédéric Sicart à batterie vont lancer le set, le maintenir vivant et dense jusqu’au bout et le jeu lyrique de Francis Lockwood au piano va nous permettre de renouer dans de virevoltantes interactions avec les mélodies hendrixiennes. Une vraie redécouverte et un choix judicieux. Il ne fallait pas singer, pas imiter mais repenser les morceaux.

Frédéric Sicart

Frédéric Sicart

Évitant les solos étendus, Francis Lockwood a préféré des durées ramassées, traduisant ainsi celles des chansons originelles. Il  puise dans les « succès » hendrixiens (sauf le peu repris Burning of the Midnight Lamp) qu’il considère et traite comme des standards. Voodoo Child ,  Little wing  ou Fire  se mettent à vibrer sous la batterie rebondissante, les coups d’archets délicats et les envolées de lutin joyeux du clavier. Ces trois musiciens forts de leur expérience  n’ont qu’à se regarder pour s’entendre et se parler, efficaces, carrés et diablement inventifs.
Les thèmes se déploient, s ‘évaporent pour revenir en se faufilant comme des rubans flottants au vent  et c’est alors que nous saute aux yeux le côté mélodique et surtout la forte inspiration blues  d’Hendrix.
On découvre que sa musique émanait donc bien de formes musicales anciennes, parfois mêmes pré-blues, de formes nègres comme on en chantait pendant le travail de la terre ou les mélodies gospel. Une nouvelle écoute, une nouvelle approche : un Hendrix différent, plus émouvant mais toujours aussi puissant. Merci grandement à eux de nous l’avoir fait toucher du doigt et de l’oreille. En imposant un traitement acoustique à ces mélodies électriques, le trio a su en tirer l’essence, le côté un peu caché mais l’ossature profonde d’une œuvre si spéciale.
Quelques morceaux autres s’invitent  sans heurts: Poinciana ou All Blues de Miles Davis  dans une véritable filiation, et Pennylane les rejoint tout naturellement, sans fractures.
Transparaît alors une familiarité du trio avec l’univers et l’époque du guitariste, qui montre que Francis Lockwood peut faire siennes, sans surabondances stylistiques, les couleurs de son inspirateur, des couleurs qu’il partage et nous fait partager.
L’intensité jazzy monte au fur et à mesure du set, le vent se lève aussi, l’orage gronde au loin et se rapproche. Le plomb fondu qui a inondé Bordeaux se termine en éclair de musique chaude et d’orage à venir.
Le feu d’artifice de la Fête du Vin s’élancera ensuite dans la nuit rafraîchie, un peu mouillé, un peu secoué.
Nous, nous aurons assisté à un autre feu d’artifice qui n’avait rien d’un pétard mouillé, un beau feu d’artifice dû à trois beaux musiciens sans peurs et sans reproches et qui aurait satisfait Jimi Hendrix lui-même qui s’y connaissait en pétard, non mouillé bien sûr !

Magique Post Image

par Philippe Desmond, photos Alain Pelletier.

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Magique et rare, trop rare Post Image, alors ce soir ne ratons pas ce concert à la Guinguette chez Alriq, ce lieu enchanteur que le Belem vient de saluer en passant, suivi quelques minutes plus tard par un énorme immeuble flottant immaculé, certainement plus confortable mais moins enchanteur, au point de nous masquer le sublime coucher de soleil sur les façades bordelaises.

Autour d’un des créateurs du groupe Dany Marcombe (basse) et de deux piliers du projet initial Freddy Buzon (tr, bugle) et Patricio Lameira (g, chant) trois éléments incontournables depuis des lustres dans le groupe Jean-Christophe Jacques (st, ss), Eric Perez (dr) et Frédéric Feugas (claviers, machines). Bientôt 30 ans que cette formation existe ! Après des années de folie avec de nombreux concerts dont certains partagés avec les plus grands, leurs prestations se font plus espacées sans que la qualité de leur musique ne soit nullement mise en cause, la preuve va nous en être donnée ce soir.

Le concert démarre très fort avec une composition de Jean-Christophe Jacques, pulsations puissantes de la rythmique basse-batterie soutenues par le riff incessant de la guitare, clavier et machines apportant une touche électro planante et actuelle ; sur cette trame épaisse Freddy et Jean-Christophe ajoutent de la fine broderie, souvent collés l’un à l’autre, à l’unisson ou à tour de rôle. Étonnant contraste entre cette rythmique soutenue et cette finesse.

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Freddy c’est notre Miles, chez lui les murs sont tapissés de photos du maître (voir portrait dans la Gazette Bleue #14 de janvier 2016) il le respecte, il ne le singe pas, il s’en nourrit. Dans ses mains – avec quelquefois une cigarette entre les doigts – la trompette devient parfois guitare ou claviers grâce aux effets électroniques. Ce soir Freddy a plaisir à jouer, il le dira mais ça se voit et surtout ça s’entend, il nous épate encore.

Jean-Christophe tant au soprano qu’au ténor c’est l’élégance, la musicalité, la pureté du son (portrait dans la Gazette Bleue # 11 de juillet 2015) lui aussi se fait plaisir, nous fait plaisir avec ses deux superbes instruments.

Dany Marcombe tisse lui inlassablement sa trame de fond, d’un son profond et intense, il est le pivot de l’ensemble comme il en est le créateur.

Dans ce travail de tissage il a un compère de choix en la personne d’Eric Pérez et son drumming riche et dynamique ; une batterie avec un énorme tom basse pour un son particulier.

Au claviers et aux machines Frédéric Feugas participe lui aussi à cet ouvrage en créant des nappes sonores insolites, allant de l’orage à l’écoulement de gouttelettes de rosée.

Patrice Lameira alternant guitare électrique et acoustique ajoute de la tension ou de la délicatesse. Quand sur certains titres il chante de sa voix haute les notes en même temps qu’il les joue, il apporte une dimension troublante.

Les musiciens se connaissent par cœur, l’osmose est bien là. Sur certains titres ça monte, ça monte jusqu’au climax avec un groove extraordinaire. C’est de la musique chaleureuse loin de la froideur d’un certain jazz fusion, on ressent des influences ethniques, de l’Est, de l’Afrique, du Brésil parfois dans la batterie. C’est un plaisir absolu pour nous ce soir, plaisir de les entendre, plaisir de les retrouver.

Le répertoire reprend une bonne partie du dernier album « Mandragore » sorti en 2011 déjà. Après une pause bienvenue en cette chaude – enfin – soirée d’été – enfin – le groupe nous offre même un magnifique « A Love Supreme – Acknowledgment » avant de revenir à ses propres compositions ; un régal suprême.

Ce soir l’institution Alriq retrouvait l’institution Post Image, les retrouvailles sous les lampions furent magiques.

http://post.image.free.fr/

La Gazette Bleue sur www.actionjazz.fr

Bossa, jazz, blues et balles jaunes…

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Quand on a plusieurs passions le fait de pouvoir les associer est un moment de bonheur. C’était le cas pour moi samedi soir, le club de tennis dont je suis dirigeant accueillant trois groupes de musiciens à l’occasion de la fête de la Musique d’Artigues-près-Bordeaux. Depuis très longtemps la commune organise cette manifestation le samedi le plus proche de la date officielle, celle de l’été et le club-house reçoit les formations plus acoustiques, loin de la grande scène très sonorisée du centre.

Trois groupes donc au programme mais d’abord plus de deux heures de prestation des élèves de l’école de musique municipale. Des débutants aux plus confirmés, des enfants aux adultes, des solistes à l’orchestre symphonique ou presque, du classique au blues en passant par du jazz et de la pop des dizaines de musiciens en devenir ont ainsi pu se produire sur la terrasse, la météo ayant subitement décidé de devenir agréable. Grande activité dans cette école et un beau mélange de générations et de styles.

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Sous ce nom se cachent trois musiciens dont deux sont bien connus chez nous. Au chant la merveilleuse Marie Carrié toujours aussi gracieuse et délicate dans ses prestations.

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A la guitare un maître du genre Yann Pénichou, son flegme et son talent.

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Mais il y a une surprise en la personne du saxophoniste Renato d’Aiello Italien exilé à Londres, pilier du Ronnie Scott’s, la Mecque du jazz dans la capitale anglaise. Ami des deux précédents il est en France pour quelque temps et va ainsi nous faire profiter de son sax tenor qu’il maîtrise à merveille. Quel dommage que le public ne réalise pas la chance qu’il a d’avoir de tels musiciens pour lui, plus occupé à se restaurer ou se désaltérer…

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Au programme des standards et de la Bossa Nova. Devant nous Stan Getz et João et Astrud Gilberto (en beaucoup moins monocorde!) pour notamment Corcovado et Samba de Una Nota. Beau duo de chants sur cette dernière merveille, Renato secondant Marie de sa belle voix grave susurrée. On connaît les qualités de guitariste de Yann, son sens de la mélodie et son élégance, on découvre le velouté au sax ténor de Renato d’Aiello. Un merveilleux moment – trop court, la programmation étant dense – pour démarrer cette belle soirée. Le trio joue pas mal dans le coin ces temps ci, profitez en.

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Tout autre style que ce trio, un cocktail de blues, de country, de jazz et de swing manouche ! Rien moins. Baptiste Dupeyron (g, ch, cb) Axel Delanis (harmo, g, ch), Boris Vaché (cb, g, ch) vont en trois mesures captiver le public enfin rassasié et désaltéré – ça c’est moins sûr – de leur prestation dynamique et enjouée. Trois excellents musiciens, polyvalents, Boris et Baptiste s’échangeant contrebasse et guitares capables à la fois de mettre de l’ambiance tout en produisant une qualité musicale de haut niveau. A la guitare ou à l’harmonica la maîtrise est là et au chant ça passe très bien aussi. Chaude ambiance nécessaire car la fraîcheur tombe sur la terrasse du club-house. D’ailleurs le dernier groupe va jouer à l’intérieur.

John Perkins Group

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On ne présente plus ces deux musiciens déjà chroniqués dans ce blog, rappelons simplement qu’après une parenthèse de plus de quarante ans, John Perkins (g, ch) et Dany Ducasse (g, harmo) ont décidé de rejouer ensemble l’année dernière! En prélude est invitée une toute jeune chanteuse, Oriane Fradet, quasi-débutante mais prometteuse pour un titre d’Amy Winehouse. Sympas les anciens !

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Le répertoire, du blues rock avec quelques reprises, de moins en moins, et des compositions originales, de plus en plus. Toujours cette belle atmosphère dégagée par les deux guitaristes, pleine d’émotion, de nostalgie, de voyages, avec des sons de guitares profonds et harmonieux ; ah la 12 cordes ! Plus de deux heures de concert – eh oui ils jouaient en dernier et en ont bien profité et nous aussi donc – devant un public nombreux – c’était plein – et sous le charme qui ne voulait pas les laisser partir !

Il est bien plus qu’Around Midnight et le club-house est noyé de notes depuis près de sept heures ! Alors il est temps, comme tout bénévole dans ce type d’événement, de tout remettre en ordre ! Une belle soirée, loin du foot.

Alê Kali chez Alriq ; une nuit ensoleillée

Par Philippe Desmond.

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Un bien triste printemps agité n’arrête pas de se traîner vers un été qui semble parti en goguette, la journée en a été le reflet total. Aller à la guinguette Alriq ce soir quelle idée ? Quelle bonne idée oui, merci de me l’avoir soufflée mon amie !

Il est 21 heures, plus un nuage, un ciel d’un bleu azur presque inquiétant, un coucher de soleil éblouissant sur les quais de Bordeaux, une corne de brume, voilà une invitation au voyage qui ne se refuse pas. Direction le Brésil avec la soirée de sortie d’album d’Alê Kali la musicienne chanteuse brésilienne la plus connue de Bordeaux où elle est installée depuis cinq ans.

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Jolie scène, décorée des créations d’Eduardo Ver illustrant les titres de l’album, bien remplie avec Mathieu Cayla à la guitare, Anthony Duvalle aux percussions et l’étonnant bassiste brésilien Josias Pedrosa (les deux derniers déjà entendu au Caillou en 2015).

Avec Alê Kali et notamment sur l’album qu’elle présente on est bien sûr au Brésil mais loin des clichés habituels. De la samba oui mais parfois lente, souvent poétique, pas de folklore. D’autres rythmes qui me sont étrangers arrivent mais mes oreilles les apprécient de suite. De la modernité, du dub-blues « Nâo Precisa », de la pop-rock électrique énergique avec « Nâo me fale nada ».

Alê Kali c’est surtout une voix superbe, claire, sensible et une belle présence scénique rehaussée par le scintillement de sa tenue mordorée contrastant avec ses boucles noires. On ne comprend pas les paroles mais la douceur et la suavité de la langue brésilienne laisse augurer de belles histoires. La guitare de Mathieu Cayla installe souvent le climat des morceaux (au fait pourquoi on dit morceau comme pour la viande?) dans le registre très caractéristique de la musique du Brésil. Aux percussions Anthony Duvalle s’active sur ses nombreux accessoires avec énergie ou grande douceur, un régal. La découverte c’est Josias grand bassiste sachant excellemment tout faire, même du slap ou du dub. La grande classe.

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Le vent est tombé, la soirée devient presque douce grâce à la musique et à la beauté insolite du lieu, quelques verres de jus de canne distillé diplomatiques aidant bien à cette atmosphère. Des invitées sont appelées sur scène, Patricia Sireyjol et son cavaquinho, Valérie Chane-Tef au piano et même Ceïba qui y découvre le surdo, ce gros tambour brésilien dont le son très grave vous traverse le corps.. De la douceur on est passé à la chaleur car la piste de danse est remplie et ce qui n’était qu’un rappel devient presque un second set !

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Jolie parenthèse que cette nuit ensoleillée, demain il pleut…

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Festival Jazzellerault 2016

Par Kevin Abergele, photos Châtellerault Plein Cadre, Edd Marolleau

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23ÈME ÉDITION DU FESTIVAL JAZZELLERAULT 20 16. Samedi 4  juin au soir, les derniers feux de Jazzellerault se sont éteints avec le groupe lyonnais Electrophazz (avec en première partie les Groove Catchers), un cocktail d’électro, de rap et de soul de grande qualité. Retour sur cette 23ème édition qui s’est déroulée dans un climat plutôt morose : une météo peu clémente, des intempéries, pénurie d’essence, grèves… ne favorise pas à retrouver l’aspect festif habituel du festival et qui s’est ressenti sur la fréquentation. Mais cela n’a en rien empêché de faire de très belles découvertes artistiques tant au Club que sur la Scène Découverte.

Vendredi 27 mai : Robin McKelle
Dans sa robe noire, la chanteuse a livré devant près de 1000 personnes son répertoire soul-pop avec notamment son nouvel album très personnel, « The Looking Glass ». La diva a embrasé le public avec un show des plus incroyables : Un concert teinté de multiples couleurs mêlant compositions et reprises qui ont fait lever et danser les spectateurs, entrecoupé d’émotions avec sa voix seule et son piano.

Samedi 28 mai : Hugh Coltman
C’était au tour de Hugh Coltman de mettre le feu aux spectateurs du festival samedi soir ; une palette vocale exceptionnelle, des musiciens de grand talent… une fois encore un show des plus délectables.
Et cela ne s’arrête pas là : Hugh a poussé la porte du Club de Jazzellerault quasiment plein pour offrir aux spectateurs un magnifique jam en compagnie des artistes en place, le Frédéric Chauvigné Quartet et la délicieuse Florence Grimal. Une fin de soirée emplie d’émotion, de finesse et d’élégance.

Lundi 30 mai : Les p’tits loups du Jazz
Les enfants de CM2 de l’école élémentaire Claudie Haigneré, alias les p’tits loups du Jazz ont eu le courage d’affronter le trac de la scène en compagnie de L’Harmonie Châtelleraudaise et ont offert une superbe prestation de chorale sous la direction d’Emmanuel Boulanger, accompagnés de musiciens professionnels.

Mardi 31 mai : Chucho Valdés

Chucho Valdés avait ramené le soleil. Il fallait bien ça pour faire oublier la pluie l’espace d’une soirée. Hier, le pianiste cubain – de 74 ans s’il vous plait – a montré une nouvelle fois sur la scène qu’il était un géant du Jazz (et pas seulement en raison de sa taille). Son association avec les Afro-Cuban Messengers – quatre jeunes musiciens pétris d’énergie et de talent – a fait des merveilles.
Un concert éblouissant où Chucho nous a offert généreusement tous ses univers musicaux, de la musique africaine au tango-blues, de Rachmaninov à Gershwin, et pour finir une magnifique composition en hommage à son père Bebo Valdés…
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Mercredi 1er juin : Richard Bona
7 ans après son passage à Châtellerault, le facétieux bassiste a présenté son dernier album « Héritage » en avant-première. Sur scène, le Camerounais, par sa voix, et ses musiciens, par le rythme, nous ont fait voyager entre Afrique et Cuba, devant un millier de personne, dont certain n’ont pas résisté à l’envie de danser. Avec son sens du groove torride et un jeu torrentiel, d’une précision sans pareil, Richard Bona est assurément un bassiste virtuose.

Jeudi 2 juin : Lagrène Faraò Willis White Quartet
Propulsés au dernier moment sur la grande scène pour palier au retard de Bireli Lagrène, Le Corsican Trio, trois jeunes musiciens venus tout droit de Corse ont ravis un public venu pour écouter un Bireli qui finalement n’est pas venu (une fois de plus).
Le trio Faraò White Di Piazza (remplaçant de Gary Willis), déstabilisés par l’absence de leur leader, ont assuré malgré tout une très belle prestation.

Vendredi 3 juin : Malted Milk & Toni Green
Quand Toni Green a demandé qui est sexy dans la salle, bien peu de doigts se sont levés. Et pourtant. La soul chantée par la diva américaine suscite forcément de l’amour. Devant 900 personnes, la chanteuse de Memphis a montré, avec le groupe Malted Milk, ce que vibrer veut dire. Un projet qui fait définitivement parti de la crème de la Black Music Française.

Samedi 4 juin : Clôture avec les Groove Catchers ft. Julien Stella et Electrophazz
Cette dernière soirée est un peu à l’image de l’édition 2016 de Jazzellerault : de grande qualité au rayon des artistes, un peu morose côté public. On peut regretter que le public n’ait pas répondu présent en masse (environ 200 personnes) pour ce qui était quand même un bel événement.
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Nos coups de cœurs :
Petit Pino Dervieu Trio + Florence Grimal : Trois musiciens complices pour une musique colorée et parfois métissée à laquelle s’ajoute la voix veloutée et grave de Florence Grimal entraînant le trio dans une sensualité et une fougue qui donnent à ce quartet une couleur vraiment singulière. La musique qu’ils proposent, autour de standards et de compositions, est résolument ancrée dans la tradition tout en la malmenant parfois pour mieux en révéler la saveur.
Frédéric Chauvigné Quartet : Les couleurs du tango argentin, de multiples fenêtres vers le jazz latin, moderne, festif, voilà un semblant de définition du magnifique programme de ces compères. Une réunion des plus atypiques de par la présence de l’accordéon et des percussions.
L’avenir pour Jazzellerault s’écrit en musique avec l’assurance d’une 24ème édition. Même si, côté financier, les temps ne sont pas simples. Sur cet aspect-là, la satisfaction est toutefois de mise pour l’organisateur avec le soutien actif du mécénat. Jazzellerault reste un événement culturel majeur de notre territoire.