Plein phare entre les deux tours (1/2)

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

La Rochelle, le vendredi 07 Octobre 2016

1ère partie : Tom Ibarra Groupe

Tom Ibarra : Guitare et composition

Pierre Lucbert : Batterie

Jean-Marie Morin : Basse

Christophe De Miras : Clavier

Nous sommes au «Festival Jazz Entre Les Deux Tours» dans sa 19ème édition. Il y a des ponts qui convergent et viennent se nicher ici Espace Bernard Giraudeau, pour partager l’histoire d’un soir les fruits de leurs éclosions musicales et oui, comme un bonheur n’arrive jamais seul, ce soir deux jeunes rameaux qui s’épanouissent à leur manière sont mis à l’honneur …

D’abord il y a Tom Ibarra Quartet, coup de coeur du festival et pour cause …

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Tout juste 17 ans compositeur et virtuose de la guitare, endorsé (Ibanez Guitars, Roland & DV Mark) allié à ses attachants compères et formidables musiciens eux aussi. Pierre Lucbert aux tous frais 20 ans, à la batterie, endorsé (Yamaha), Jean-Marie Morin à la basse et Christophe De Miras au clavier.

Ce soir Tom pousse plus loin encore ses limites pour donner davantage de consistance à son jeu, du relief et de la profondeur viennent auréoler un style déjà bien affirmé.

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Qu’il se pose la question ou non, Tom connait son chemin, perçoit sa destination. Il avance pas à pas comme chaussé de bottes de sept lieux, nous mène par le bout du coeur et de l’oreille dans son sillon et pense à dire au passage « thank you Bob » (hommage à Bob Berg) … C’est un hommage qui en appelle un autre avec un « So What » personnel et éclatant en voix de guitare pour dire à sa façon, respect Monsieur Davis. Lorsque soudain, arrive un magnifique orage accompagné de ses éclairs pour un solo batterie de Pierre Lucbert.

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Plus rien ne bouge, jusqu’a ce que surgisse au détour d’un chemin, « Monsieur chat » dans toute sa splendeur fier et élégant il daigne tout de même nous accorder son félin regard avant de prendre la poudre d’escampette pour se jeter aux bras de la douce et tendre « Mona » qui ne rêve que d’une lointaine « Exotic city »…

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  • Question
  • Thank You Bob
  • So What
  • Solo batterie
  • Mr Chat
  • Mona
  • Exotic City

2ème partie : Panam Panic Featuring Beat Assailant

Robin Notte : Fender Rhodes – Piano

Max Pinto : Sax ténor

Julien Alour : Trompette – Bugles

Julien Herné : Basse

Aurélien Lefebvre : Batterie

Adam Turner (Beat Assailant)

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De quoi vous tenir éveillé toute une nuit sans caféine avec une telle équipe ! Soudée comme un seul homme dans un alliage à la fois souple et résistant qui partage maintes influences musicales, dont Jazz Funk, Groove, en passant par le Rap qui s’invite en beauté !

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Ce soir toutes ces sonorités se mêlent avec soin dans une composition générale absolument chatoyante aux extraits de calme vif et de vif éclatant. Nous sommes dès le début propulsés dans un drôle de vaisseau au rythme d’une trompette lumineuse et aérienne qui tranche dans le vif du silence, soutenus par un sax qui nous plaque et nous charme totalement. Maintenue suspendus pour le reste du concert où le clavier souffle la pluie et le beau temps. Il est clair que le soleil n’a pas voulu se coucher ce soir et nous non plus !!!

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Akoda invite Gaston Pose au Caillou

par Philippe Desmond, photos Philippe Marzat.

Le Caillou, jeudi 29 octobre 2016

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Akoda chez Action Jazz on les connaît par cœur. Ben non, perdu !

Akoda c’est trois musiciens, ou quatre, ou cinq ou plus. Akoda c’est du jazz, du jazz créole comme ils le précisent et vous savez tous que ce qui caractérise le jazz, le vrai, c’est qu’il est imprévisible.

Confirmation ce jeudi soir au Caillou où je me rends par amitié, par plaisir bien sûr mais certain de ce que je vais entendre ; le samedi matin précédent j’étais aussi allé les écouter en show case au magasin Cultura de Bègles ; j’y avais même amené mes petits enfants de trois ans dont je me charge de l’éducation musicale… Ce jour là ils étaient quatre, Valérie Chane-Tef bien sûr, la pianiste compositrice leader du groupe, Franck Leymerégie aux percussions, Benjamin Pellier à la basse et François-Marie Moreau aux sax.

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Ce soir FM n’est pas là. Par contre une surprise nous attend en la personne de Gaston Pose (prononcer Possé) qui va compléter le groupe avec sa guitare de jazz.

Gaston Pose on le connaît notamment avec le Tri Nation guitar trio où lui l’Argentin joue avec le Français Yann Pénichou et l’Australien Dave Blenkhorn ; trois nations de… rugby. Valérie l’a invité, comme ça pour le plaisir, pour notre plaisir. Finalement vu d’ici l’Argentine n’est pas si éloignée des Caraïbes et ça devrait fonctionner ; ça va fonctionner et drôlement bien même. Gaston va amener sa touche latine, voire brésilienne en écho au piano chaloupé de Valérie. Pourtant il ne retrouve plus son médiator, pas son médicament mais son plectre, ce bout de plastique qui sert à pincer les cordes. Qu’à cela ne tienne une personne de l’assistance en découpe un dans une carte Fnac et voilà le travail !

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Le trio est en osmose parfaite, ils se connaissent par cœur, tombent toujours juste sur des rythmes parfois complexes et prennent visiblement du plaisir partagé ; Gaston Pose va s’intégrer avec justesse, écoutant d’abord, plaquant quelques accords discrets puis se lançant dans des chorus impeccables.

Les thèmes de l’album Mariposa sont égrainés et les ailes du papillons trouvent ce soir une couleur nouvelle et aussi chatoyante. Valérie, en chemise cravate s’il vous plaît, mène le groupe et dialogue tranquillement avec le public lors des transitions. Elle est toujours à la recherche du titre pour un morceau et demande au public de l’aider ; ça fait six mois que ça dure ! Je propose « Latino Concerto » libre de droits.

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Morceau de bravoure du groupe le « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg adapté d’un arrangement du pianiste Pierre-Alain Goualch (chronique du 24/05/2016 au Baiser Salé) ; du pur plaisir. Benjamin – qui me dira à la pose ne pas s’entendre, nous oui – y excelle à la basse sur un riff envoûtant.

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Franck, aux percussions, on dirait Shiva ; on ne sait pas combien il a de bras et de mains il est toujours époustouflant.

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Il me vient à l’esprit que comme ce soir Gaston est là ils pourraient aussi jouer du Nino Ferrer, « le Téléfon » par exemple mais j’ai trop honte de leur demander…

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Je préfère écouter les rythmes de maloya ou des morceaux venus de Guadeloupe, de la Réunion, berceau de Valérie, ou …des USA avec le « Children Song » de Chick Corea. On a même droit au standard des standards, avec « Caravan » qu’on imagine sur ces tempos, transporter des feuilles de tabac à cigare à Cuba plutôt que du sel au Sahara…

Voilà, encore une soirée qu’il ne fallait pas rater, ouf on y était !

Akoda sera ce mercredi 5 octobre au Point Rouge quai de Paludate, peut-être y aura t-il une autre surprise ?

Ah ! Au fait après le concert Gaston a retrouvé son médiator au fond de sa poche…

http://akoda.e-monsite.com/

 

Projet Karmarama de Mark Brenner au Rocher « Another World »

par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

Le Rocher de Palmer, vendredi 30 septembre 2016.

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Les frontières sont des inventions humaines, elles facilitent parfois les choses et souvent les compliquent, l’histoire en témoigne. En musique on parle plutôt d’étiquettes ou de chapelles certains esprits étroits s’abritant à l’intérieur de ces limites simplistes. Chez Action Jazz ce n’est pas le genre de la maison. La preuve ce soir nous allons écouter un groupe de pop – une étiquette me direz-vous – mais aux multiples facettes, des Beatles à la musique raga indienne et, rassurez vous les puristes, en passant par le jazz. De la musique en fait.

Mark Brenner, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un artiste, un vrai. Cet Anglais, girondin depuis vingt ans est multi instrumentiste (basse, guitare, ukulélé, sitar, batterie…) et aussi auteur compositeur. A son actif déjà sept albums, plutôt donc dans le genre pop. La pop il adore ça, mais attention pas n’importe laquelle, il en a certes fait son fond de commerce – je force volontairement le trait avec cette vilaine expression – car un artiste pour créer ça doit vivre, mais aussi sa marque de fabrique. Avec ses acolytes Thomas Drouart (claviers) et Antony Breyer (batterie) ils forment le meilleur groupe de reprises – ou covers ça fait plus chic – de la région. Ils sont capables de mettre le feu à la plus coincée des soirées, de faire dégoupiller une assemblée de notaires, ou de faire partir en vrille un camping de la côte en plein été. Beaucoup ne les connaissent que dans ce registre là. Certains, plus curieux, ont exploré d’autres facettes, celles de la création notamment, malheureusement moins vendeuses. Et pourtant…

Ce soir au Rocher de Palmer c’est donc la sortie officielle de l’album « Another World » entièrement écrit et composé par Mark, à un titre près d’Anoushka Shankar. En plus du trio de base, des invités, présents sur l’album ou non, sont annoncés : Shekinah Rodz chanteuse, saxophoniste alto, flûtiste, percussionniste (pas ce soir) un talent pur, plutôt estampillée jazz notamment avec son propre quintet déjà chroniqué sur ce blog, Jean-Christophe Jacques remarquable aux sax soprano et ténor, un pur produit de la scène jazz et jazz fusion (Post Image chroniqué aussi dans ce blog) les deux intervenant sur l’album et Emmanuel Lefèvre, que je découvre aux claviers et samples. Invité de dernière minute, le reconnu joueur de tabla Matthias Labbé qui accompagne de temps en temps le groupe por des concerts aux arrangements indiens (voir chronique du 28 mai 2016). Pour ce projet le groupe s’avance sous le nom Karmarama.

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On sait que les musiciens ont beaucoup préparé ce concert, c’est la première fois qu’ils lancent un album ainsi, espérant que le public répondra présent dans ce lieu magnifique qu’est le Rocher. Plus que présent le public, la salle est bondée. Les amis – ils en ont beaucoup – sont là, d’autres vont les découvrir.

La scène est couverte d’instruments, simplement mais joliment décorée, la première impression est bonne ; la première impression est la bonne. Les musiciens arrivent un par un, ajoutant leur touche musicale à cette intro un peu Floydienne initiée par le clavier d’Emmanuel Lefèvre. Le premier titre de l’album se profile « Technicolor » une ballade sur laquelle Shekinah va nous enchanter de sa voix et de sa flûte, et commencer son festival de la soirée ; elle va nous éblouir.

Mark et ses compères ont déjà joué dans toutes les situations, dans les bars, les soirées privées, sur la plage, récemment sur la fan zone de l’Euro 2016 en vedettes le soir de la finale devant des milliers de personnes ou encore en première partie de Francis Cabrel cet été à Arcachon et là pourtant on les sent tendus, très concentrés. Ils misent beaucoup sur ce concert et ont énormément bossé ; encore plus que d’habitude car ces gens là ont certes du talent mais surtout ils travaillent, répètent souvent. Reprises ou créations ils respectent le public tout simplement.

Mark adore les Beatles et les arrangements de « Human », rehaussés des violoncelles numériques de Thomas Drouart, nous le confirment, Eleanor Rigby n’est pas loin ; il revendique cette influence qu’il n’utilise pas comme un procédé mais qui fait partie de ses gênes. Il plaque sur cette jolie mélodie un texte à la fois nostalgique et humaniste. Les voix en harmonie, celle de Shekinah notamment sont impeccables, le tabla discret de Matthias ajoutant une touche délicate et colorée.

Ayant la chance de connaître l’album – superbement écrit et produit – depuis plusieurs semaines je le redécouvre, je le vois se développer comme dans la magnifique version du titre phare « Another World » dans lequel surgit Jean-Christophe Jacques pour un chorus improvisé de sax ténor encore plus riche que dans la version studio ; la magie du live. Allez, une étiquette jazz approved sur ce titre.

Tous les titres de l’album vont être égrainés mais surtout magnifiés, le concert partant franchement vers l’Inde à la fin. Cette musique, qui apporte ses arrangements et ses accords particuliers, pas mal d’autres l’ont intégrée, les Beatles bien sûr mais aussi John McLaughlin et Shakti ou encore Didier Lockwood avec Raghunath Manet ; la chance de tous les avoir vus… sauf les premiers.

Shekinah Rodz je l’ai dit, va nous éblouir, au chant, à la flûte, au sax alto. Il paraît que depuis quelques jours elle ne tenait plus en place et ce soir cette énergie s’est libérée pour nous, une chance.

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Son confrère saxophoniste Jean-Christophe Jacques n’est pas en reste, son duo au soprano avec Mark sur « Rewind the Life » est sublime de finesse ; c’est beau et émouvant.

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Emmanuel Lefèvre va apporter une touche électro avec ses samples et ses machines tissant des nappes harmoniques planantes. Matthias Labbé assis en tailleur, au tabla et au ghatam, va distiller ses sons épicés  ; « Il a un cerveau au bout de chaque doigt » souligne quelqu’un, belle formule.

Quant aux titulaires du groupe ils vont eux aussi nous épater nous qui croyions les connaître par cœur. Antony Breyer surplombe ses collègues sur sa toute nouvelle Yamaha bleue – comme la note – une vraie bête de course qu’il prend un réel plaisir à piloter ; breaks en place, variété des rythmes, quel travail. Thomas Drouart n’en menait pas large en arrivant, comme toujours, et on va le voir se détendre, toujours impeccable dans ses interventions aux multiples facettes ; à la rythmique de basse il est monstrueux.

Quant au boss, vêtu d’un sherwani blanc, s’il commence avec sa basse fétiche, il va vite passer à la guitare acoustique alternant avec le sitar qu’il maîtrise parfaitement. Son duo avec Matthias au tabla, arrivé tout en douceur on ne sait comment à la fin d’un titre, va subjuguer l’assistance et lancer le morceau de bravoure du concert « Paschim Vihar (I’m in love with sound) » un raga-électro-funk d’une autre planète, couronnement de la soirée.

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Surprise lors des rappels avec l’arrivée sur scène d’une danseuse de Baratha Natyam, cette danse classique sacrée de l’Inde, si gracieuse et expressive ; superbe Géraldine Nalini.

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Une soirée merveilleuse dans différents univers et que nous ne souhaitons pas sans lendemain ; producteurs, organisateurs de festivals ne laissez pas passer une telle qualité musicale. A l’heure où les festivals de jazz s’ouvrent à d’autres musiques profitez-en !

Dehors il pleut, fini l’été indien, mais ce que la vie peut être belle !

http://www.mark-brenner.com/

Marc Ducret et Journal Intime Toulouse 18/09/16

Par Stéphane Live

En ce dimanche 18 septembre, l’association « Un Pavé Dans Le Jazz » présente ses activités pour le trimestre à venir. Cette soirée à lieu à Toulouse, au Théâtre du Pavé, structure située dans les faubourgs de la ville rose.

L’accueil du public se fait autour d’un verre, et les premiers arrivants ont pu avoir un aperçu du concert de Marc Ducret et de Journal Intime (Sylvain Bardiau, trompette, Matthias Malher, trombone, Frédéric Gastard, saxophone basse) en entendant les balances. Ce son de cuivres envahi le hall du théâtre et l’attente est longue car l’avant goût était tonitruant.

On patiente en découvrant les futurs concerts mis en place par « Un Pavé Dans Le Jazz ». Un mélange de free jazz, de musiques improvisées dont une création dans une grotte de l’Ariège, ou comment l’art pariétal peut se mêler au jazz actuel. Cette programmation est proche de celle de l’association bordelaise Einstein On The Beach, que certains connaissent peut-être grâce aux sessions Le Monde Est Free au Rocher De Palmer.

Marc Ducret arrive sur cette scène avec un décor inexistant, un éclairage minimaliste, mais ce n’est pas un problème car notre esprit va se remplir de mille images au fil de ce set. Pas d’accessoire particulier pour la guitare, seulement une pédale d’effet et aucun dispositif électro-acoustique pour les trois cuivres. Marc Ducret nous conte la genèse de son album et les conditions dans lesquelles il a été composé. Le concert reprend le répertoire de l’album « Paysage, avec bruits », il n’y a pas meilleure description de ce que l’on verra sur scène ce soir que ce titre. Tout défile devant nous, des paysages avec des ambiances calmes ou plus tendues, oppressantes parfois…. Contemplatif par moment et plus sur la défensive pour d’autres… Lorsque les trois cuivres jouent ensemble on est dans une sorte de bestialité, de furie où la guitare de Marc Ducret vient délicatement se poser, tel le pointillisme des peintres, par petites touches le morceau avance et se construit. Dans des passages plus intimes l’échange est calme et léger, on apprend à écouter ces instants de quasi silence où les instruments apparaissent tranquillement et dialoguent, on écoute le souffle des musiciens, les doigts effleurer les instruments.

Les morceaux, d’environ 15 minutes chacun, nous font traverser des terres inconnues. La culture, l’imaginaire de chaque spectateur l’amènent sur des rivages différents. La richesse de ces expérimentations est de laisser libre cours au public, pas de règles établies pour l’écoute, on se laisse aller, l’imagination est au pouvoir. Aucune vision urbaine ici, de la nature, de la campagne, des forêts, des bords de mers….On marche, on court… On contemple, on observe l’environnement ou des animaux. Cette musique à la fois expérimentale, complexe et rafraichissante est un vrai régal pour les neurones.

On laisse les quatre musiciens, après 1h30 de concert, avec du regret mais le cœur rempli d’émotions, d’images et avec l’envie de réécouter tranquillement chez soi l’album studio de cette collaboration. Les habitants de la région bordelaise auront la chance de revoir le trio Journal Intime dans une configuration différente le 13 avril 2017 au Théâtre des Quatre Saisons de Gradignan.

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Coup de vent sur le bassin

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

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Best Western La Teste de Buch le samedi 17 septembre 2016

Ce soir l’association Bassin’ Jass présidée par monsieur Jean Claude Doignié invite la formation Tenor Battle composée aux saxophones ténors de Claude Braud, Pierre Louis Cas, Philippe Chagne et Carl Schlosser ténor et flûte.

La section rythmique est assurée par Patricia Lebeugle à la contrebasse, Franck Jaccard au piano et Stéphane Roger à la batterie.

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Ni flonflons ni paillettes, juste une sobre décontraction aux sourires généreux, c’est la touche des grands qui gagnent leur place, dans le coeur des gens.

D’ailleurs tout le monde est là de 7 à 77 ans, du découvreur au connaisseur. Ici et maintenant chacun peut y trouver son compte et marquer ses points …

Le voyage commence à l’heure, le décollage s’amorce enfin, nous voilà soudain empoignés par une première volée de mots fulgurants et cuivrés.

La formation riche d’amitié, d’une réelle complicité et d’humour que ces messieurs et dame partagent à volo …

C’est l’union sacrée des sages qui a su préserver son esprit d’enfant pour le laisser se manifester et courir librement hors de sa bulle comme un supplément d’âme frais et tendre.

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Il ne semble pas que les prévisions météorologiques aient annoncé tant de souffles ce soir et pourtant !!  Un souffle tournant depuis les points cardinaux, presque espiègle, fougueux, en petites fugues et bouquets fleuris, tout y est.

Dès la première page de la soirée nous sommes surpris de temps à autre les yeux mi-clos, entrain de déguster intérieurement la qualité de jeu de chaque artiste pour nous faire prendre conscience que nous sommes ce soir au creux de l’instant nommé privilège.

Tenor Battle, leur album sorti en janvier 2016 nous est présenté à cette occasion. C’est la musique des année 50, jazz swing, boogie, blues, adaptée par nos compères.

D’ailleurs c’est avec Flight of the foo birds de Neil Hefti popularisé par Count Basie mis à l’honneur ce soir, que précisément une femme féline est apparue subitement sur l’espace carrelé noir et miroitant. Comment vous dire ?… Aussi légère et vive portée par ce rythme surchauffé ondulant, sautillant, bondissant et enjoué, lorsque la belle prend la main de son ami ravi semble-t-il  … Les voilà tous deux glissants et virevoltants avalés dans le ruban multicolore des saxos, piano, contrebasse et battant pavillon de la joie d’un couple enchanté. Vous pouvez me croire, ce fabuleux duo a bel et bien existé, même s’il n’a pas quitté mon imagination avant ce soir. Ceci dit je suis certaine que d’autres ailleurs et à d’autres moments les ont également remarqué …

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Playlist de la soirée

1. My Delight (Rashaan Roland Kirk)

2. Stolen Sweets (Wild Bill Davis)

3. Flight of the foo birds (Neal Hefti)

4. Moten Swing (Bennie & Buster Moten)

5. After Supper (Neal Hefti)

6. Comin’ home baby (Bob Dorough and Ben Tucker)

7. Drums boogie (Gene Krupa)

8. Shiny Stockings (Frank Foster)

9. Cristo Redentor (Duke Pearson)

10. My Full House (David Newman)

11. The preacher (Horace Silver)

12. Robbin’s Nest (Charles Thompson/Illinois Jacquet)

13. In A Mellow Tone (Duke Ellington)

Le prochain concert de l’association Bassin’ Jass :

Le samedi 15 octobre, Les oracles du phono avec Nicolas Fourgeux ténor, Jacques Sallent trompette, Vincent Libera trombone, Jean Pierre Caré Banjo, Mathieu Bianconi Sousaphone, Stan Laferrière Batterie, Daniel Huck alto et chant.

http://www.bassin-jass.net

Un air frais et doux, venu de Québec au Caillou

Par Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc  

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Si le Caillou a pour simple coutume de nous offrir de beaux ricochets musicaux dont il a le savant secret… ce soir alors il en est un à marquer d’une pierre blanche, oui blanche comme neige et chaleureuse tel un été indien. Ce jeudi 8 septembre 2016, nous voilà face à trois jeunes musiciens forts de leurs talents aux allures boréales.

Il s’agit de Simon Bellemare à la batterie, originaire de Sherbrooke, Jeanne Corpataux, la petite magicienne à l’archet, contrebassiste. Elle a étudié le piano et le violoncelle durant 6 ans, puis la contrebasse à partir de ses 11 ans originaire de Drummondville et Simon Denizart, leader du groupe, pianiste et compositeur français, originaire de Créteil.

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Les trois jeunes gens se sont connus à l’université de Montréal en 2011.

Ils sont alors influencés musicalement par Esbjörn Svenson, Avishaï Cohen, Tigran Hamasyan et Keith Jarrett, dont ils jouaient quelques reprises à l’époque.

En 2013, leur projet voit le jour et s’avance, remarquable et remarqué.

En 2014, ils sont sélectionnés pour le concours de la relève du festival de Rimouski … Cet élan va les porter pendant 20 dates dans une tournée à travers le Québec, où le public charmé les accueillera cordialement, tout comme nous ce soir…

Le trio est uni au label canadien ( The 270 Sessions ) qui produit leur premier disque  ‘’between two worlds‘’ sorti en 2015, s’en suivra alors une tournée européenne en France et en Pologne, toujours avec succès. Si vous ne les connaissez pas encore, allez tendre l’oreille vers leurs deux disques, dont le dernier ‘’beautiful people’’ ouvrira notre soirée, comme le précise Simon Denizart, ce titre est un hommage à la beauté malgré un contexte parfois très difficile… Suivi des titres : Monique, Leaving Créteil, If my balcons could talk, No more love et Family time qui s’égrainent avec délice.

Nous voilà gratifiés d’une prestation toute en beauté, douceur, finesse et élégance bref, la classe pour une rentrée mélodieuse à souhait et pleine de promesses…

Après une petite pause bien mérité pour le sympathique trio, nous voilà embarqués par le titre between two worlds, puis, Pocket Wheels, Last Dance, Skyline, A day in Hell, et If i Were a Rockstar qui lui rappelle sa conseillère d’orientation lui suggérer de suivre la filière plomberie, ce qui n’était vraiment pas un bon tuyau … Il a bien été inspiré de ne rien en faire et de persévérer dans son propre choix pour son bonheur et le notre avec…

Quelques clients du Caillou qui étaient attendus ailleurs après le dîner n’ont pas pu dire non à l’irrésistible et sont restés comme tout le monde jusqu’au bout des rappels…

Non et non, le bonheur partagé ne se refuse pas…!

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Le Hot Swing Sextet enfièvre la Guinguette.

par Philippe Desmond.

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Guinguette Alriq le jeudi 8 septembre 2016.

A Bordeaux depuis quelques jours la canicule étire l’été et entretient une ambiance de vacances, faisant presque oublier que la rentrée est déjà bien installée. Mais ce jeudi soir brutalement les degrés ont chuté, dix de moins que la veille et il fait presque frisquet en arrivant à la Guinguette Alriq. Qu’à cela ne tienne le Hot Swing Sextet s’en occupe, il va enfiévrer le lieu de sa sensationnelle énergie musicale, une énergie qu’on souhaite la plus renouvelable possible.

Comme d’habitude la Guinguette est bondée, son succès et sa fréquentation ont été extraordinaires toute la saison pour la plus grande joie des musiciens qui ont ainsi bénéficié de cette magnifique exposition devant un public pas forcément là pour eux mais qui aura ainsi pu les découvrir. Détail non négligeable, les artistes ayant un intéressement à la recette, trouvent ici un lieu qui récompense leur talent et leur travail de façon très correcte ; ce n’est pas le cas partout.

Dès les premières mesures des couples se lancent sur la piste de danse , le ton est donné ; bientôt ça va danser partout. Et oui, un tel groupe de jazz swing il y a quelques années n’aurait pas forcément intéressé grand monde, ou alors des vieux nostalgiques de cette musique old school de leur jeunesse. Par bonheur, petit à petit et grâce notamment à des associations de danse swing, le public s’est réapproprié ce jazz festif, et ce public est jeune. Ce soir deux associations bordelaises sont présentes pour passer aux travaux pratiques, Tap Swing et Swing Time.

La qualité du groupe est bien sûr un élément décisif ; qualité musicale mais aussi esthétique. Il se sont sapés comme des milords, costards sombres, cravates, casquettes de titi pour les uns chapeau claque pour d’autres ; il ne leur manque que les gants blancs.

Le HSS c’est Thibaud Bonté à la trompette, Bertrand Tessier aux saxophones ténor/soprano, Erwan Muller et Ludovic Langlade à la guitare, Franck Richard à la contrebasse et Jericho Ballan à la batterie, tous d’excellents musiciens. Ils ont choisi délibérément de jouer cette musique de swing des années 30, ce jazz primitif, ce jazz de fête, loin de l’image intello que certains styles du genre ont pu faire naître. Mais attention, pas au prix d’une qualité musicale moindre. Si entre deux passes de rock-swing on dresse l’oreille on entend des chorus de feu, des duels de haut vol ; le swing ne se décrète pas, il se fabrique et ici l’atelier est très performant. Leur dernier CD en témoigne.

La nouvelle piste en bois, la bonne, la vraie, est maintenant prise d’assaut obligeant le repli pour certains sur l’ancienne piste rugueuse en béton qui vous ralentit les pirouettes et use vos souliers, on danse même sur la terrasse entre les tables et les plantes vertes. La température est remontée, que dis-je la température, la fièvre ! En effet arrive le morceau de bravoure historique du swing, le « Big Apple » qui se danse en solo et en cercle chacun passant au centre à tour de rôle. De la folie douce.

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Dans le second set Gaëtan Martin et son trombone viennent rajouter un turbo au moteur déjà puissant du groupe qui va ainsi tout dévaster sur son passage ! Je m’enflamme ? Pas sûr, l’état de ma chemise peut en témoigner… Le lendemain c’est les courbatures et douleurs musculaires qui rappelleront à certains et certaines la soirée endiablée qu’ils ont passée.

Mais voilà minuit, des dizaines de cendrillon redescendent sur terre et partent se coucher, demain il y a école mais au moins ça c’est fait, ce plein d’énergie, de joie et de musique.

En bonus la playlist pour les amateurs (merci Franck) :

1 set
My blue heaven
St Louis blues
I can’t give you anything but love
All that meat and no potatoes
Shine
St James infirmary
Honeysuckle rose
Big Apple 
920 special
Topsy

2 set

Margie
Bei mir bist…
What’s your story
Who’s sorry now
The mooche
Avalon
I’m gonna lock my heart
By and by
Sweet Georgia Brown

Rappel
Ain’t she sweet
I found a new baby

http://melodinote.fr/artist/hot-swing-sextet/

http://www.actionjazz.fr