Nola’s news # 27

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

La longue journée au JazzFest continue sous le soleil et la chaleur  sur la plus grande scène, « l’Acura stage ». Au pied de la scène, plusieurs milliers de spectateurs sont amassés, les uns confortablement installés sur leur siège et les autres, debout devant les barrières à une quinzaine de mètres de la très haute scène. Le retour des « Meters » était un événement.

 George Porter Jr (Meters)

George Porter Jr (Meters)

C’était un délire quand les musiciens arrivaient sur scène et des les premières notes, tout le monde se mettait à danser, enfin essayait car il y avait tellement de monde … Heureusement, les immenses écrans permettaient aux spectateurs qui se trouvaient à plusieurs dizaines de mètres, d’assister tout de même au formidable spectacle proposé.

Léo Nocentelli (Meters)

Léo Nocentelli (Meters)

Du funk Louisianais comme on l’aime ici. Et ces soixantenaires n’ont pas perdu de leur fougue, bien au contraire. Du funk de grande classe.

Joseph "Zigaboo" Modeliste (Meters)

Joseph « Zigaboo » Modeliste (Meters)

Zigaboo avait une pêche d’enfer et martelait les peaux comme dans les années … 60, imposant un rythme d’enfer et ne laissant pas de répit à ses partenaires, entre les morceaux.

Art Neuville (Meters)

Art Neuville (Meters)

Excellent concert donc pour les inconditionnels de funk.

Changement de scène et c’est à la Blues Tent que l’on se dirigeait en essayant de se frayer un chemin pour se rapprocher de la scène, ce qui était un véritable parcours du combattant, tant il y avait de monde. Et tout ça, pour écouter une des superstars de cette musique black du sud, Buckweat Zydeco.

Buckweat Zydeco

Buckweat Zydeco

C’était un délire, là aussi, dès le début du concert et tous les spectateurs se levaient et dansaient avec une frénésie débordante. Buckweat provoquait et le public chantait avec lui. Quelle ambiance ! J’en ai encore la chair de poule tellement c’était intense.

Buckweat Zydeco

Buckweat Zydeco

Et, lorsqu’il duellisait avec le musicien qui jouait du rupboard (le frottoir comme disent les Cajuns), on frôlait l’hystérie.

joueur de rupboard

joueur de rupboard

Un concert vraiment délirant et une musique qui ne peut pas vous laisser assis. Prenez la peine d’ écouter du Zydeco par les grands représentants de cette musique (Buckweat Zydeco, Clifton Chenier, etc …). L’ accordéon au son très particulier est toujours très présent et les chansons sont souvent en français … enfin, en Cajun (parler Créole et Acadien). En tous cas, on s’est bien dépensé.

Retour à la Jazz Tent pour assister au concert de l’enfant chéri des néo-orléanais : le chanteur John Boutté. Encore une grande famille de musiciens, tout comme les Marsalis, les Neuville, les Jordans,etc …

John Boutté

John Boutté

Le chouchou des néo-orléanais est toujours cabotin et plaisantin pour le plus grand plaisir de ses fans. Et il y en avait énormément, plus que la tente, pourtant prévue pour 2500, ne pouvait en accepter. Les gens étaient assis par terre, dans les allées et au dehors. Et le crooner faisait son show, accompagné par une superbe formation, provoquant même quelques larmes lorsqu’il chantait « la vie en rose ».

On enchaîne, toujours sur cette même scène avec le « Nocca Allstar Alumni » pour une jazz jam de grande classe.

Nocca jazz jam

Nocca jazz jam

Tous les participants qui se succédaient étaient ou avaient été élèves de la Nocca (célèbre high school). Ca commençait avec un trio et Kyle Russell au piano puis c’est Jessie McBride qui prenait le clavier et les jeunes

Jessie McBride

Jessie McBride

élèves s’en donnaient à coeur joie. Mais, à 16 ou 17 ans, ils ont déjà une maturité, une maîtrise et une assurance incroyable.

Elève prometteur

Elève prometteur

Jeune élève à suivre

Jeune élève à suivre

Et puis, c’est Jason Marsalis qui s’installait à la batterie, cette fois, et non au vibraphone. Et oui, les Marsalis sont aussi passés par la Nocca.

Jason Marsalis

Jason Marsalis

Il groovait avec tous ces jeunes qu’il connait bien puisqu’ils viennent « jammer » dans les clubs. Le trompettiste Marlon Jordan issue, lui aussi d’une grande famille de musiciens, (c’est le frère de Kent et le fils de Kidd Jordan) se joignait à eux.

Marlon Jordan

Marlon Jordan

Enfin, honneur était rendu à Ellis Marsalis, d’abord pour sa carrière mais aussi pour son soutien à toutes les initiatives qui permettent aux jeunes de pratiquer la musique.

Ellis Marsalis, honoré

Ellis Marsalis, honoré

Tout heureux de l’honneur qui lui était fait en public, il se mettait au piano (comme il le fait, une fois par semaine au « Snug Harbor) pour interpréter une de ses compositions et 2 standards.

Ellis Marsalis

Ellis Marsalis

La journée n’était pas terminée pour autant, mais on en reparlera.

 

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Nola’s news # 19

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

La chaleur est toujours étouffante pour l’ouverture de ce Jazz Fest 2015 et le ciel s’assombrit. Un petit passage à la « Gospel Tent » pour écouter les 3 excellents chanteurs de cette formation « collage 3 » très bien accompagnés et qui, entre rap et prêche, ravissent les spectateurs, debout , les mains levées au ciel.

Collage 3

Collage 3

Et puis, retour à la « Jazz Tent » après une visite rapide des 11 scènes installées sur cet hippodrome. On découvrait alors un très bon trompettiste/chanteur Maurice « Mobetta » Brown accompagné d’une jeune saxophoniste et soutenu par une section rythmique efficace. Musique entraînante, moderne et des compositions bien faites.

Maurice "Mobetta" Brown

Maurice « Mobetta » Brown

Un très bon moment alors qu’il alternait le chant et le jeu de trompette très au point. De très bons musiciens que l’on reverrait bien en club.

Maurice "Mobetta" Brown

Maurice « Mobetta » Brown

Et puis, après le père, voici le fils. En effet, c’est au tour de Kent Jordan (fils de Kidd Jordan) de montrer ses talents. Très bon flûtiste et pourtant très bien secondé par un jeune saxophoniste et le brillant clarinettiste Gregory Agid, Kent avait l’ai un peu perdu sur cette scène.

Kent Jordan

Kent Jordan

Il n’était pas très à l’aise, prenant certes quelques bons chorus mais il devait laisser la vedette à Gregory Agid qui, restant pourtant à sa place de sideman, ravissait le public sur 2 ou 3 interventions. Un très bon bassiste et un bon batteur créaient, avec un inventif jeune pianiste, une excellente assise mais ça ne suffisait pas pour faire un triomphe.

Kent Jordan et Gregory Agid

Kent Jordan et Gregory Agid

Un Gregory Agid qui va jouer à 5 reprises, dans diverses formations, durant ces 3 premiers jours du Jazz Fest. C’est un sideman qui, aujourd’hui, a volé la vedette au leader supposé. Toutefois, la musique proposée était bonne, s’apparentant par moment au latin jazz. Si le leader n’était pas dans son meilleur jour, nous passions quand même un moment agréable.

Sur la plus grande scène « Acura stage » (du nom de la marque de voitures et qui sponsorise cette scène), à quelques pas seulement de la « jazz tent », se rassemblaient des milliers de spectateurs pour écouter le très attendu « Tedeschi Trucks Band ».

Tedeschi Trucks Band

Tedeschi Trucks Band

La foule faisait une ovation à l’arrivée des 2 stars et rapidement, Derek démontrait son talent de guitariste en accompagnant sa femme. Il prenait des chorus de toute beauté avec un son de guitare bien à lui et une virtuosité qui en font un grand Monsieur. Suzan Tedeschi déployait son talent de chanteuse et son mari, guitariste des « Allman Brothers » partageait bien la vedette. Ils étaient accompagnés par un belle section de cuivre, de très bons choristes, et soutenus par une excellent rythmique, notamment un batteur omniprésent. Un triomphe pour ce couple.

Retour à la Jazz Tent où s’aglutinaient de nombreux fans de cet artiste local Nicolas Payton.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Un Nicolas Payton, plus organiste/pianiste que trompettiste, en trio. Et quel trio. Un magnifique contrebassiste Vicente Archer et le très créateur Bill Stewart à la batterie accompagnait Nicolas Payton pour un répertoire rafraîchissant. Le public était conquis et le leader prenait quelques courts chorus à la trompette.

Nicolas Payton

Nicolas Payton

Il alternait ses interventions entre orgue, trompette et claviers. Il jouait même du piano électrique et de la trompette, en même temps.Il s’adonnait aussi au chant, en fin de concert. Prestation pas époustouflante (on devient difficile) mais très honnête et un Bill Stewart très présent.

Bill Stewart

Bill Stewart

Et puis, subitement, le public rajeunissait et envahissait littéralement cette jazz tent. Le service d’ordre avait même des difficultés à faire asseoir tout ce jeune public venu applaudir et danser avec leurs idoles de « Snarky Puppy ».

Snarky Puppy

Snarky Puppy

Immense ovation à l’arrivée de cette petite bande (9 musiciens) de Texans, toujours de bonne humeur, communiant avec leurs fans. Ils faisaient chanter le public qui s’était déjà adonné à la danse. Ambiance formidable sous ce chapiteau où la gaieté prévalait.

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Et, tout d’un coup, patatras, le speaker vient annoncer au micro qu’un gros orage, voire une tornade se prépare et doit arriver dans la demi heure qui suit et demande donc l’évacuation immédiate. Tout le monde est frustré, musiciens et public, déçus mais, à New Orleans, on ne plaisante plus avec la météo. Il y a tellement de mauvais souvenir … (Katrina). Alors, tout s’arrête, au bout de 3 chansons et on s’exécute, avec ponchos et parapluies. Dommage, la fête a tourné court mais tout de même, encore un bon moment passé.

Snarky Puppy

Snarky Puppy

 

Nola’s news # 18

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Jazz Fest 2015

Jazz Fest 2015

Cette édition 2015 du Jazz Fest débutait avec une chaleur intense et orageuse mais les festivaliers étaient toujours aussi nombreux et nous y retrouvions quelques relations venues pour l’occasion, de divers états. Le JazzFest est toujours un marathon et nous commencions avec du blues.

Larry Garner

Larry Garner

Larry Garner, sa superbe voix et son jeu de guitare sensible nous proposait un blues du Delta bien sûr avec beaucoup de tendresse et de générosité. C’est un bluesman à part qui, comme Kenny Neal, revendique cette forme de blues si particulière et émouvante.

Larry Garner

Larry Garner

Toujours un ravissement d’écouter ce merveilleux artiste et le public était venu nombreux sous cet immense chapiteau appelé « Blues Tent ».

On passe au chapiteau à côté , « Jazz Tent » pour écouter cette fois un jeune homme de 81 ans (je dis un jeune homme car, si vous aviez vu la pêche …), saxophoniste réputé puisque néo-orléanais et qui s’adonne depuis toujours au free jazz.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

Kidd Jordan commençait donc en présentant son 4Tet et en saluant le public nombreux (connaisseurs et curieux) et en le remerciant d’être là au début de son concert car il ne sait pas s’il y aura autant de monde à la fin … Son humour est intact, sa fougue et son plaisir de jouer le sont aussi. Il se régale à improviser avec ses complices et joue des thèmes personnels qu’il déstructure pour mieux les restructurer avec une vivacité surprenante.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

Il joue sans arrêt et ses compagnons de jeu s’amusent tout autant. Bref, un très bon moment musical.

Un petit tour au Village Indien pour voir différentes danses indiennes expliquées par un narrateur venu des tribus du nord, à la frontière canadienne.

Tribu indienne du nord

Tribu indienne du nord

Quelques belles démonstrations retraçant les coutumes de ces premiers occupants des Etats Unis et du Canada.

Indien du nord

Indien du nord

Je vous passe le moment si agréable du repas (cochon de lait Po-boy) avec quelques crawfish (écrevisses) et ce goûteux sandwich au cochon de lait … un régal. Bon, le coca par-dessus va faire sursauter les épicuriens mais, on est au Jazz Fest et le vin n’est pas le breuvage courant …

Restauration au Jazz Fest

Restauration au Jazz Fest

Sur la scène « Fais Do Do », c’est un blues cajun que proposait le chanteur/guitariste Paul Sanchez. Toujours beaucoup de monde devant cette scène où les Cajuns se donnent rendez-vous pour danser le one step. Les paroles sont le plus souvent en cajun, ce mélange de vieux français et de créole et quelques spectateurs chantent les refrains aux consonances  acadiennes.

Scène "Fais Do Do"

Scène « Fais Do Do »

C’est vraiment amusant d’entendre parler ces gens si sympathiques parler ce cajun et qui revendiquent leur appartenance à la culture française. Un moment agréable.

Paul Sanchez

Paul Sanchez