Monique Thomas Quartet « C’est si bon »

par Philippe Desmond, photos Irène Piarou.

Centre culturel de Créon, jeudi 20 octobre 2016.dsc00413

Il en va des habitudes comme du reste ; il y en a souvent de mauvaises mais heureusement il y en a de bonnes. Les « jeudis du jazz » de Créon d’après vous font partie desquelles ? Bien sûr des secondes et cela depuis maintenant huit saisons. Toujours le dernier jeudi avant les vacances scolaires… sauf cette année avec ce calendrier insolite où elles ont commencée un mercredi. Mais ce léger dérèglement n’aura pas suffi aux deux cent cinquante personnes présentes de rater ce rendez-vous.

Larural, l’association qui pilote de main de maître ces soirées n’est pas allée bien loin pour programmer cette première session de la saison. Elle a certes été chercher une chanteuse américaine mais à deux rues d’ici, la désormais Créonnaise – depuis 2005 – Monique Thomas. Pour l’accompagner, et bien plus encore, le batteur Didier Ottaviani son mari à la ville, Hervé Saint-Guirons à l’orgue et Yann Pénichou à la guitare.

Le principe de la soirée est toujours le même, ouverture des portes à 19 heures, dégustation de vin – ce soir les vignobles Desages à Baron – assiette garnie, pâtisserie, et à 20 heures jazz !

Carlina Cavadore et Serge Moulinier présentent le spectacle et la saison qui s’annonce, les lumières s’éteignent et comme à chaque fois ici le miracle se produit. Une salle animée, bruyante jusque là devient la plus attentive qui soit, avec une écoute exceptionnelle. Les musiciens apprécient vraiment.

Nous ne le savons pas encore mais nous allons assister à un concert exceptionnel mené de main de maîtresse par une époustouflante Monique Thomas. Non seulement elle chante merveilleusement mais elle a une présence scénique étonnante, capable de passer des émotions dans son chant tout en assurant les transitions avec un humour et une fantaisie remarquables. Une aisance incroyable, de la puissance, des nuances, des graves aux suraigus, aucune esbroufe, aucun procédé, un talent pur… et certainement beaucoup de travail !

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Monique est américaine donc, élevée au Gospel à Philadelphie. Messe obligatoire chaque dimanche, un peu contrainte et forcée, mais contrairement à chez nous où l’ambiance y est souvent mortifère, rythmée par ces chants et rythmes qui ne peuvent vous laisser de marbre et parlent à vos émotions, croyants ou pas. C’est de cela dont elle va tirer cette envie de chanter pour notre plus grand bénéfice ce soir.

Monique a décidé de nous faire un tour d’horizon du jazz, du Gospel au New Orleans et bien d’autres aspects. Départ en trombe avec un premier titre dynamique où transparaît déjà l’aisance de la chanteuse et la maîtrise des musiciens. L’orgue sonne très bien, déjà un chorus d’Hervé pour s’en persuader, la guitare de Yann est chantante et Didier se joue de sa batterie avec sa finesse habituelle. Ça devrait bien se passer.

Assez vite Monique attaque un Gospel commencé a cappella, puis rejointe par le trio et les battements de mains du public. Ce public elle va l’embarquer avec elle toute la soirée, le sollicitant, le faisant chanter, taper dans les mains comme dans le traditionnel « Sea Lion Woman » ou « See Line Woman » repris par Nina Simone, mais aussi en lui donnant le frisson comme dans cette déchirante version de « Strange Fruit » chantée dans un silence de cathédrale, quelques larmes coulant sur les joues de certains, dont les miennes. Il faut dire que les étranges fruits en question ne sont autres que des pendus, des esclaves noirs, un témoignage d’une autre époque que certains, lors des élections américaines qui se profilent, aimeraient voir revivre… Monique l’Américaine passe aussi un message politique, plus précisément humaniste.

Mais aussi Monique la Créonnaise qui exprime avec humour sa joie de vivre ici et de se produire devant ce public local. Public qu’elle va gâter avec par exemple ce très bel arrangement de « Cheek to Cheek » et ses variations de rumba, avec le classique « Moanin’ » d’Art Blakey sur lequel elle va scatter superbement, le trio étalant lui tout son talent. Répertoire éclectique avec aussi le langoureux « Tight » de Betty Carter, « Look for the Silver Lining » message d’espoir, « Basin Street Blues » où Monique nous fait vocalement le solo de trompette de Louis, « Let my People Go » avec au passage un message contre le racisme, le sexisme, l’oppression…

Une leçon de chant, de swing, mais aussi de l’émotion et du contenu, loin d’un récital sans saveur, avec des musiciens que nous connaissons par cœur à Action Jazz mais qui nous ont encore épatés ce soir. Ils étaient pourtant un peu inquiets car même si les titres étaient des standards, c’était la première fois qu’ils les jouaient dans cette configuration et avec ces arrangements.

Final de « second line » Irène et Alain Piarou, habitués de NO, ayant des fourmis dans les jambes ; « là-bas pour ce genre de morceau tout le monde se lève et défile en faisant tourner les serviettes » précise Irène. En France aussi on fait tourner les serviettes mais pas là-dessus…

Salut et rappel enthousiaste du public qui se voit offrir une merveille de « C’est si bon » Monique, en bon professeur qu’elle est, guidant le chant de tous. Un bonheur.

Ce soir il fallait être à Créon, le feeling du jazz y était présent. Prochain rendez-vous le jeudi 15 décembre avec le Tri Nations trio.

http://www.moniquethomasmusic.com/

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Loïc Cavadore trio invite Sonia Nédelec ; du travail d’artistes

Par Philippe Desmond, photos Alain Pelletier.

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Les « Jeudis du Jazz » pour leur septième saison sont devenus un rendez-vous apprécié dans le Créonnais et au-delà. On parlerait presque d’habitude les concernant. Justement ces habitudes elles ne doivent pas s’installer dans le monde culturel et musical en particulier. Le programme de ce soir va être la parfaite illustration de ce qu’est un vrai travail d’artistes, avec ses prises de risques et ses mises en danger, loin d’une routine facile mais ennuyeuse à la longue.
Loïc Cavadore a eu carte blanche pour ce concert ; il a même eu page blanche ; il lui a été proposé une création pour l’occasion. La voie qu’il a choisie, celle de reprises de morceaux et chansons connus peut ainsi paraître hors sujet, la réalité est toute autre, il s’agit bien d’une vraie création de jazz, d’un spectacle complet et cohérent. Mais cela personne ne le sait avant le concert, ça va être la surprise.
Le public est un peu plus lent à arriver que d’ordinaire – mais il sera là – ce qui permet de déguster tranquillement le vin du jour du château Couteau ; un fait exprès pour cette soirée qui va couper les habitudes ? Assiettes de tapas, pâtisseries préparés par les bénévoles de Larural tout est là pour passer une bonne soirée.
Loïc Cavadore s’installe au piano, Nolwenn Leizour à la contrebasse et Simon Pourbaix à la batterie ; Sonia Nédelec l’invitée du trio les rejoint très élégante dans sa drôle de robe en corolle.

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L’intro de Simon aux mailloches ne permet pas de deviner le premier titre qui va au fil du phrasé de Sonia se laisser découvrir ; oui nous entendons bien « I’m Only Sleeping » des Beatles mais déjà le ton est donné, ce n’est pas une reprise c’est une interprétation au vrai sens du terme.
La contrebasse profonde de Nolwenn Leizour lance « Scarborough Fair » de Simon & Garfunkel chantée subtilement pas Sonia sous les gouttelettes de piano de Loïc et le drumming toujours enthousiaste de Simon, encore tout en retenue avant le final surprenant en climax de cette si jolie ballade. Superbe adaptation avec cette liberté qu’offre le jazz.

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On commence à comprendre la thématique du spectacle, de la pop tordue en jazz ; tu parles ! Voilà Brel qui déboule en attendant sa « Madeleine » qui ne viendra pas ; Sonia et le trio vont s’appliquer à traduire l’anxiété de l’attente dans un affolement complet du tempo qui passe du be-bop au hard-bop pour finir dans une déstructuration totale. La Madeleine est en miettes. Il me remonte alors à la mémoire ce concert de Brel vu en 1967 ici à Créon lors d’une Fête de la Rosière…
Voilà maintenant « Manon » ce joyau de Gainsbourg dans une interprétation sensible et émouvante, Simon aux baguettes s’y révélant explosif dans un développement surprenant du thème. Que de créativité des musiciens sur ces thèmes qu’on pourrait croire figés !

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Le titre suivant n’est pas connu du grand public mais c’est un morceau fétiche de Loïc Cavadore qui le propose souvent, « Bebe » d’Hermeto Pascual, une bossa nova qui va virer à la samba en passant par un superbe chorus de Nolwenn Leizour. Quel talent et quelle présence, la blondeur de ses cheveux et de sa contrebasse sur ce fond de rideau rouge.

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Le dernier titre du premier set, joué en trio, est une composition de Loïc Cavadore « Le Joueur de Flûte » écrite pour une pièce de théâtre. Une mélodie très riche qu’il développe subtilement au piano.
Curieusement une partie du public a l’air un peu désarçonné par ce qu’il a entendu avec – toujours ici – une écoute très attentive. C’est vrai que le groupe n’a pas choisi la facilité à une époque où nous sommes inondés de reprises édulcorées ou sans plus d’intérêts que les originaux, chantées – et non interprétées – par des vedettes en mal de vente de disques ou des chantailleurs de télé-crochets… Une autre partie du public, dont je fais partie, adore.

Le second set ne va pas ménager ses surprises, à commencer par une version d’un autre monde de « Modern Love » de David Bowie ; il a dû se régaler de là-haut. Une version qui après un départ truffé de breaks monumentaux vire au concerto ! « Ah si j’avais eu un vrai piano ! » me dira Loïc, lui qui a une formation classique et qui, en soliste virtuose qu’il est, épate même ses musiciens, son développement n’étant pas écrit et changeant à chaque fois me dira Nolwenn. Le tempo insistant de la grosse caisse le ramène sur terre, le thème revient, Sonia le reprend, c’est superbe.

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Climat poétique avec un titre de Nick Drake artiste peu connu disparu jeune dans les années 70. Sonia Nédelec y est à son aise, elle fait preuve de douceur et de délicatesse.

Une pluie de perles au piano introduit « Summer Soft » de Stevie Wonder, cette si belle chanson aux variations de tonalités caractéristiques. Et là devinez quoi, on enchaîne sur un titre de Pierre Perret, un des plus émouvants « Lily » avec des accords de piano que ne renierait pas Corea ; expressivité de Sonia, un choix osé, un choix réussi.

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Dernier titre avec « Al Otro Lado Del Rio » hommage au Che et une prise de risque absolue de Sonia Nédelec qui sans micro et a cappella enveloppe la salle de sa voix.

En rappel l’atmosphère se détend avec le petit bijou de Juliette « Tu Ronfles » lancé par une intro incroyable et amusante de Nolwenn Leizour à l’archet ; sa contrebasse respire, souffle, ronfle, s’ébroue !

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Prise de risque est l’expression qui revient dans les commentaires élogieux de fin de concert, merci à ces organisateurs et à ces artistes d’en prendre ainsi. C’était la première de ce spectacle, il y a des réglages à faire avouent les musiciens – « On a essayé de faire rentrer des ronds dans des carrés » lance Loïc – mais le niveau musical et artistique est déjà au dessus de bien des propositions actuelles.

Prochain « Jeudi du Jazz » en octobre avec des surprises nous a alléché Serge Moulinier…

http://www.larural.fr/

 

 

Serge Moulinier Trio au sommet.

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc

Ce soir, à Créon, Serge Moulinier a la pression. Dans ce lieu où avec les autres bénévoles de l’association Larural il accueille d’habitude les artistes c’est à son tour d’être sous les projecteurs. L’hôte devient hôte et réciproquement. Inconsciemment ou pas cela va rejaillir sur sa prestation et celle de ses acolytes et ils vont nous offrir un concert fantastique.

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Organisation bien rodée, ouverture des portes à 19 heures – et même avant car à cette heure là les tables devant la scène sont déjà occupées – dégustation de vin, assiettes de tapas, pâtisseries, boissons sucrées, brassées ou fermentées, conversations animées, convivialité…
A 20 heures extinction des feux dans la salle alors que la scène s’habille de rouge et le concert commence. Il commence très fort, c’est de bon augure.

Côté jardin Serge Moulinier avec un vrai beau piano et deux claviers électriques, côté cour Didier Ottaviani et ses fûts dont une magnifique caisse claire en bois, un vrai tambour, et au milieu Christophe Jodet à la contrebasse ; doghouse bass disent parfois curieusement les anglophones !

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Pas de round d’observation, « Blues art » du premier album de Serge entre dans le vif du sujet de suite. Le son est superbe, le piano sonne très bien, la contrebasse est ronde et profonde, la batterie est présente mais pas trop. On a déjà vu ce trio plusieurs fois mais ce soir il va avoir une autre dimension.

Allons y pour les références, ça peut aider les absents à se faire une idée ; Serge me rappelle par son toucher et la chaleur de son jeu le Oscar Peterson de Nigerian Marketplace, quant au trio Alain Piarou le comparera lui à EST. Il y a pire comme références.

Mais surtout le trio a sa propre personnalité à commencer par toutes les compositions originales – sauf une on y reviendra – très mélodieuses et qu’on se surprend à fredonner à l’unisson. Beaucoup de clins d’œil dans ces compos issues du dernier album « Tyamosé Circle » : « No Meat, and No Fish for Chris » écrite pour Christophe Jodet, celui-ci faisant chanter réellement son instrument ou ronronner à l’archer ; « Bal à Joe » en hommage au grand Zawinul avec des nappes au synthé rappelant la grande époque du Weather Report ; « Black Jacques » un hommage aux faux airs de fugue à l’atypique Jacques Loussier qui adaptait Bach en jazz.

Les trois musiciens sont au sommet de leur art, ils ont tant joué ensemble que l’osmose est parfaite, même eux s’en rendent compte, ils me le diront. Didier dans ces derniers titres n’est pas batteur, il est caresseur de peaux et de cymbales, superbe.

Pause buffet, le jazz nourrit l’âme, pas le ventre, déjà les premières réactions de spectateurs dont nombreux ignoraient ce qu’ils venaient écouter et ne le regrettent pas maintenant, des félicitations aux musiciens – mais attention les gars on vous attend au second set ! – un compliment aux ingés son et ça repart avec « Ding Ding Dong Song » une variation sur « Frère Jacques » ; putain de moine que c’est bon !

Au tour du batteur d’être mis en avant avec « It’s now for Did’ » et il va bien en profiter ; Avec un solo de batterie extraordinaire de dix minutes au moins – mais on ne les a pas vu passer – la version de ce soir pourrait être rebaptisée « Moby Did » (private joke aux amoureux de Led Zep) . Didier, me faire ça le jour où je débute la batterie c’est un coup bas !

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Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Le trio va se transformer en quintet avec l’arrivée d’Alain Coyral au sax ténor et de Christophe Maroye à la guitare électrique, une bonne vieille Telecaster. Prémices du nouveau projet de Serge Moulinier sur lequel nous reviendrons dans la Gazette Bleue.

Noël approche, et voilà déjà un cadeau avec une version du « All Blues » de Miles Davis à tomber ! Puis une composition originale avec « Court Métrage » et un titre dédié à Moulinier junior « Pedrito ». Croyez moi le quintet est déjà bien en place, ça va faire mal !

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Rappel, un en trio l’autre en quintet et une nouvelle fois une salle heureuse – à féliciter pour sa qualité d’écoute remarquable – et des bénévoles récompensés de leurs efforts.

Quelle chance, je le dis souvent, d’avoir si près de nous de tels musiciens, parlons en autour de nous, il n’y a pas que the Voice et Drucker dans la vie, il y a la vraie musique en live celle qui vous traverse, celle qui vous rend heureux.

Bon c’est pas tout, c’est jeudi et on va se faire un petit after au Tunnel à Bordeaux ou Roger Biwandu et son Cheeseburger De Luxe jouent ce soir de la soul et du funk. Le plaisir on ne s’en lasse pas.

Bordeaux Jazz All Stars au « jeudi du jazz » de Créon 12 février 2015.

Par Philippe Desmond

Elitiste le jazz ?
Soir d’hiver à Créon, pas foule dans les rues, il est 19 heures, de la musique parvient d’une salle municipale où une majorité de femmes aux tenues acidulées dansent au rythme de la zoumba. Beaucoup d’autres s’affairent chez eux après une jolie journée comme février est capable de produire. Les souvenirs d’une jeunesse passée ici qui remontent. Tiens, la place de la Prévôté est couverte de voitures et quelques petits groupes convergent vers la rue(lle) Montesquieu. C‘est jeudi, c’est Créon, c’est jazz : un des « jeudis du jazz » prévus cette année et ceci pour la sixième saison consécutive.
A l’approche du hall de la salle culturelle une bonne odeur de soupe vient vous chercher, elle en provient. Une association fait la promotion d’un évènement qu’elle organise bientôt dans le coin à Baron « Poireaux pommes de terre ou potiron marrons ? ». Sympa comme accueil. Mais déjà quel monde ! « Ceux qui ont réservé le repas merci de faire la queue à gauche, les autres vous pouvez entrer pour la dégustation de vin ». Très sympa comme accueil !
Public très familial et de tous les âges, pas mal d’enfants, des connaisseurs certes mais surtout des personnes venues découvrir et passer un moment agréable. Ils ne vont pas être déçus. Tiens des connaissances, Monique Thomas cette si belle chanteuse et ses jolies petites filles et Didier Ottaviani le batteur de papa qui arrive, tiens Serge Moulinier l’élégant pianiste ; ils ne jouent pas mais participent à l’organisation de cette soirée dans leur village.
Mais ça sent de plus en plus bon ! Et oui au fond du hall les musiciens sont en train de déguster un ragout de bœuf aux pêches qui va s’avérer délicieux quand ce sera notre tour d’y goûter. Laissons les manger tranquille ces grands artistes de la scène jazz régionale et bien au-delà.
Nous voilà installés en ayant pris soin au passage de nous munir d’une – première – bouteille de bordeaux du producteur local qui assure la dégustation. Le traiteur tourne à plein régime, le bar est pris d’assaut, c’est gai, c’est bruyant on est bien.
Et le jazz ? Oui il arrive ! Du jazz ? Ici ? Dans cette ambiance ? Et bien oui et voilà la magie de l’histoire, réussir à marier l’excellence musicale – le concert va le confirmer – et une fête populaire au bon sens du terme, chaleureuse, amicale. Le jazz élitiste ? Et quoi encore !
Serge Molinier, maître de cérémonie, prend la parole ; il remercie les bénévoles de l’association Larural qui organisent cette soirée. Oh que oui on peut les applaudir car ce n’est pas une mince affaire que d’accueillir autour de 300 personnes, oui 300 personnes un soir d’hiver à Créon pour du jazz.
Les musiciens entrent sur scène et un et deux et trois et c’est parti pour plus de deux heures entrecoupées d’une pause « il faut faire travailler le bar » nous dit Roger Biwandu. Pour la musique on va être gâté on le sait, cet hommage à Art Blakey on l’a déjà vu plusieurs fois même s’il n’a pu se tenir à St Emilion cet été à cause de la soudaine tornade. Mais pour la plupart c’est une découverte, ce sera une très belle découverte. Pour le concert je vous renvoie à ma chronique du 14 novembre 2014, pas le même concert bien sûr, en jazz ce n’est jamais pareil mais pour l’essentiel il n’y a rien à changer ; c’est excellent. Ah si ce soir nos musiciens se sont habillés, costumes cravates pour ces messieurs qui ont fait un effort ; Shekinah, elle, est toujours élégante. Ah aussi la scène qui n’a rien à voir, une belle et grande scène, bien éclairée à la mesure du talent du Bordeaux Jazz All Stars.
Lumière, ovation, sourires, c’est gagné. Vraiment un grand bravo et un grand merci aux organisateurs qui malgré les difficultés mettent leur passion au service du grand public ; Chapeau !
Au fait une petite précision : le concert était gratuit !

http://www.larural.fr
Le lineup : Shekinah Gatto (sa), Alex Golino (st), Laurent Agnès (t), Sébastien Iep Arruti (trb) Olivier Gatto (b), Francis Fontès (p), Roger Biwandu (d).

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Photo Philippe Desmond