Nola nous voilà !

Par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

What’s up in Nola ?

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Après une journée d’orages, quelques rues très vite inondées, direction « Frenchmen Street où la musique reprenait ses droits et abrité sous un superbe grand balcon, un Brass Band fait hurler soubassophone, trompettes et trombones pour le plus grand plaisir des touristes. Dans les clubs, toujours autant d’effervescence et des musiciens qui donnent sans compter. C’est au Café Négril que débutait la soirée de retrouvailles où la plantureuse Dana Abbott, guitare en mains, reprenait de sa voix de rockeuse quelques standards de Blues et de Rhythm’n Blues avec une énergie toujours aussi impressionnante. A ses côtés, l’excellent Dominick Grillot, saxophoniste spécialiste des aigus  participait amplement au show.

Pour la deuxième partie de soirée, on découvrait un « BMC » (super club) entièrement rénové (bon, ça en avait besoin) et une ambiance encore Blues avec le super guitariste Texan, à la voix de BB King, Ed Wills.

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Nous sommes rassurés car New Orleans est toujours la ville de la musique et de la fête !

Nuit des maîtres de la percussion.         ( Snug Harbor)

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Le célèbre club de Frenchmen street proposait la nuit des maîtres de la percussion. Horacio « El Negro » Hernandez, véritable force motrice de la musique populaire à influence Latine partageait la scène avec un autre musicien de premier ordre, Bill Summers.  Les 2 compères et complices se produisaient en sextet. Clarence Johnson, excellent saxophoniste, prenait avec aisance et virtuosité, des chorus de toute beauté. Le pianiste Oscar Rosingnola s’avérait plus discret mais tout aussi efficace. Chris Severin, un des locaux de cette magnifique formation faisait chanter sa basse à 7 cordes avec beaucoup d’enthousiasme. Aux percussions, un redoutable joueur de conga drums dont j’ai oublié le nom mais pas la performance remarquable et John Wooton qui impressionnait par sa maîtrise du stell pans. Et puis, les maîtres de cérémonie et spécialistes des percussions latino-africaines, Horacio « El Negro » Hernandez à la batterie et Bill Summers faisaient le show avec une virtuosité déconcertante.

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Horacio Hernandez batteur mais aussi compositeur, arrangeur et producteur, s’identifiait par son style unique dans ce domaine de musique « Latin Fusion » mêlant le folklore au jazz, à la pop et au rock d’aujourd’hui. Toujours souriant, il s’amusait à provoquer les autres percussionnistes. Bill Summers est un musicien de premier ordre, spécialiste de tous les instruments traditionnels africains mais aussi de la « pop bottle » comme il le dit si bien. Sa « pop bottle » n’est autre qu’un vulgaire bouteille de bière, piquée aux consommateurs de la table de devant et dans laquelle il souffle pour jouer des mélodies avec humour. Impressionnant ! Petit moment de raillerie quand il montrait son tee shirt,  d’une des formations dans laquelle il évolue : Trumpet Ensemble » à moitié caché par un gilet et dont on ne voyait que … Trump (comme Donald) ! Il avouait ne pas faire de publicité pour lui, bien au contraire. Bref, un bon moment de rigolade. Un autre musicien local était ensuite invité à la fête et c’est le trompettiste Irvin Mayfield (un grammy au compteur)

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qui assurait quelques superbes chorus, duellisant même avec le saxophoniste pour le plus grand bonheur du public qui ne se privait pas de participer en tapant des mains. Pour le répertoire, les classiques du Latin Jazz, à commencer par Manteca et quelques compositions originales d’Horacio qui entraînaient des « battles » de percus et provoquaient des salves d’applaudissements et des cris de joie. 1h45 de bonheur pour ce second set. B Funky monday night !

Soirée de folie au célèbre club « Mapple Leaf » avec le trio du bassiste, co-fondateur des Meters, George Porter Jr.

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Un premier set à 100 à l’heure et un second à 200 à l’heure. Toujours souriant, il délivre, certes des lignes de basse formidable mais il en joue comme sur une guitare, reprenant les mélodies avec brio. Quelle classe !  Un répertoire funk typiquement Louisianais avec des compositions de George Porter Jr dans le 1er set et des reprises dans le second avec notamment un pot-pourri de quelques chansons célèbres de la Nouvelle Orléans dont le public reprenaient, à gorge déployée, les refrains.

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La fête quoi. Le claviériste Mike Lemler faisait quelques belles envolées

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et le jeune monstrueux batteur Terranc Houston, au-delà du soutien qu’il apportait nous gratifiait de solos délirants qui faisaient hurler de joie le public. Bref, une soirée comme on les adore.

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Gregory Agid à la Maison !

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Les rendez-vous du mardi commencent par le Gregory Agid Quartet à « Maison », club renommé de Frenchmen street. Ce jeune et talentueux clarinettiste et saxophoniste anime depuis 5 ans déjà, ce club, tous les mardis soirs. Le club est toujours bondé et les 4 compères se régalent et nous régalent en interprétant les morceaux de leur CD et quelques uns du prochain qui sortira en fin d’année. Quelques standards se glissent dans ce répertoire basé en partie sur un hommage à ce maître de la clarinette, compositeur et professeur de Gregory qu’était Alvin Battiste. Le second set était l’occasion d’organiser une jam où J. Ross (nominé pour un Grammy) prenait place à la batterie. Il caressait les peaux avec une dextérité déconcertante, avec finesse et intelligence et le public ne s’y trompait pas. Un très bon moment. Vivement mardi prochain.

Amanda fait son show !

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Musique à Lafayette square et ce soir, c’est une pile électrique d’1m50 seulement avec un talent incontestable qui anime le magnifique podium. Amanda Shaw est une violoniste, chanteuse Louisianaise de 25 ans qui a pour répertoire, la musique Cajun. Formidable show woman, elle sautille sans arrêt, en chantant et jouant du violon pendant 1h30. De sa voix nasillarde et aigue, elle interprète ses compositions et quelques standards Cajun que le public, venu très nombreux, reprend en cœur. Elle innove en proposant une musique cajun électrisée aux parfums de rock. Eh bien entendu, même sur l’herbe … les gens dansent. Une artiste et un style de musique à découvrir, surtout pour ceux qui ont des fourmis dans les pieds.

 

Le Jazz au paradis

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Deuxième partie de soirée au Café Negril avec une formation tonitruante « Jazz in Paradise » qui reprend des chansons célèbres de la musique néo orléanaise à la sauce funky. Quelques titres de l’incontournable XXXXX sur un rythme effréné avec une section de cuivre détonante : 3 trompettes, 1 trombone, 1 sax baryton et 1 sax ténor qui chante également (Dominick Grillot), soutenue par un excellent batteur, 1 bassiste, 1 guitariste et 1 très bon pianiste franco-américain (Jérémy Habegger). C’est tous les jours la fête de la musique sur Frenchmen street !

C’est parti pour le French Quarter Festival 2016 !

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23 scènes réparties dans la ville et une programmation de 11h00 à 19h00 non-stop. Quelques noms que nous avons écouté en ce jeudi : John Boutté, chouchou des néo orléanais et son auditoire d’inconditionnels, Ellis Marsalis (le papa de la célèbre fratrie), l’excellent trompettiste et showman Kermit Ruffins, le bluesman local Johnny Sansone, le remarquable guitariste (à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas) Sonny Landreth, les indiens de Cha Wa et enfin, l’un des maîtres du funk local, avec son gros funk, son gros son : John « Papa » Gros. Avec la chaleur, le public était au rendez-vous, d’autant que c’est entièrement gratuit pendant 4 jours.

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Pour cette deuxième journée du French Quarter Festival, la Soul Queen of New Orleans, Irma Thomas démontrait qu’à 75 ans, elle avait toujours autant de punch et sa belle voix.

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Plusieurs milliers de fans ont pu assister à son show, sous un chaud soleil. Monk Boudreaux et ses Golden Eagles

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avec à l’orgue et au piano électrique, l’excellent Tom Worrell, faisaient danser le public avec des rifs lancinants funky. Les indiens dansant avec leurs somptueux costumes de plumes sont un spectacle à eux seuls. Enfin, sur la scène de Jackson Square, c’est James Andrews (cousin de Trombone Shorty) qui assurait le spectacle.

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Et, croyez-moi, avec le New Orleans All stars qui l’accompagnait, là encore, ça faisait frétiller les gambettes. Pot-pourri des chansons de Treme et des standards à la sauce funky étaient au répertoire et tout le monde chantait et dansait. Que du bonheur !

Choix cornélien pour ce  troisième jour du French Quarter Fest avec ses 23 scènes éparpillées dans toute la ville. Le toujours aussi fringant Little Freddie King déroulait son répertoire de Blues sudiste. Un squelette accrochait au micro rappelait que dans le sud, les croyances Voodoo sont toujours très présentes. Là encore, les indiens venaient chanter et danser sur les rythmes endiablés de cet infatigable Bluesman.

Little Freddie King

Little Freddie King

Les trois toniques trombonistes de Bonerama, remarquablement entourés d’un guitariste, d’un bassiste qui alternait avec son sousaphone et de l’excellent « A.J. » à la batterie, offraient un pop rock particulièrement funky. Formation à découvrir pour ceux qui ne les connaissent pas.

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THE BRIDGE TRIO – « The Search : Departure »

THE BRIDGE TRIO

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

The Bridge Trio est formé de jeunes musiciens de la Nouvelle-Orléans (Là-bas, on dit « NOLA »). Ce disque est leur deuxième, nous avions chroniqué leur premier dans la gazette n°2 (janvier 2014). Conun Pappas (piano, Fender Rhodes, synths), Max Moran (basse et contrebasse) et Joe Dyson (batterie, percussions), sont tous issus du célèbre « NOCCA » (New Orleans Center for Creative Arts). Joe Dyson et Max Moran se sont aussi formés au Berklee College of Music de Boston et Conun Pappas a été diplômé de The New School for Jazz and Contemporary Music de New York City. Ils ont chacun déjà accompagné les plus grands, citons Alvin Batiste, Donald Harrison, Terence Blanchard, Christian Scott et bien d’autres. Ils font partie de cette nouvelle génération de jeunes musiciens surdoués, dons les talents fleurissent un peu partout à « Nola ». Le nouveau disque est toujours aussi riche en compositions, treize au total, dont neuf signées Conun Papas, deux de Max Moran et deux de Joe Dyson. Dès le premier morceau, « Acces approved », on est soufflé par un jazz groove rappelant un peu Herbie Hancock période Head hunters. C’est épais et sensuel, une pépite. D’autres morceaux restent dans la fraîche couleur acoustique des débuts (« The encourager »), mais l’ambiance est à plus de groove, grâce à la maîtrise du Fender Rhodes, alliée à une utilisation plus fréquente de la basse électrique, renforcée par la puissante batterie. On trouve aussi des accalmies comme « Wondering », une superbe balade. Ce disque est revigorant, pêchu en diable, et on est impressionné par le chemin parcouru. Belle réussite, NOLA n’a pas de souci à se faire !

Par Dom Imonk

http://www.thebridgetrio.com

Auto produit par The Bridge Trio – 2015 – 0002

HILDEGARD

HILDEGARD

Par Dom Imonk

Parue le 01 juillet 2015 dans la Gazette Bleue N° 11

Hildegard est un groupe explosif et incroyablement doué, mêlant divers courants musicaux, rock, pop, expérimental, jazz. A la base, Sasha Masakowski (vocaux, synths) et Cliff Hines (guitare, basse VI, vocaux, synths, arrangts cordes), les leaders, sont issus de la scène jazz de NOLA, puisqu’ayant étudié à « NOCCA ». Ils ont d’ailleurs des albums à leur actif, citons entre autres « Old Green River » (avec les Sidewalk Strutters) et « Wishes » (avec Musical Playground) pour Sasha, et « Like Mystics of old » et « Wanderlust » pour Cliff. Ils ont beaucoup tourné et participé à des expériences solaires, comme Cliff Hines et le Mike Dillon Band. Pour Hildegard, ils se sont entourés de Max Zemanovic (batterie, percussions), de John Maestas (guitare, synths), de Max Moran (basse) et d’Andrew McGowan (piano, rhodes, orgue). C’est ce qui participe à donner ce son et cette richesse au disque. En toute simplicité, ils indiquent quelques influences comme Little Dragon, Knower, Tool, The Mars Volta et autres Tigran Hamasyan. On ne les citera pas toutes. Dix compositions aux ambiances très variées composent cet album, quatre de Sasha Masakowski et six de Cliff Hines. Parmi elles, il y a des atmosphères survoltées comme « A-Z » et « Sally Brown » qui ouvrent l’album, des mi-teintes comme « Siren Song » et « Witness » et des morceaux au feeling éthéré comme « Cabin 72 » et « Isolation ». La liste des invités révèle d’autres pointures de NOLA comme par exemple Oliver Bonie, Paul Thibodeaux et Martin Masakowski (bassiste, frère de Sasha). Signalons enfin le jeu de très haut niveau de tous ces musiciens, et le plaisir intense qu’on a pris à écouter ce disque.

Par Dom Imonk

http://hildegardband.com/

Auto produit par HILDEGARD – 2015

Nola’s news # 49

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

A New Orleans, tout commence par une « second line » (parade) et c’est sous une chaleur étouffante qu’un Brass Band et ses danseurs déambulaient dans le parc Louis Armstrong lors du traditionnel rendez-vous du jeudi « Jazz in the Park ».

Second line

Second line

Tout ce petit monde démarre du pied de la scène et sillonne le magnifique parc, entraînant derrière lui une foule de gens, ombrelles et mouchoirs blancs en mains, jusqu’au pied de la statue de Satchmo (Louis Armstrong)

Second line

Second line

pour une petite démonstration de danse au son des thèmes festifs de Tremé. C’est au tour du chanteur-tromboniste Glen David Andrews d’animer la grande scène. Il rendait hommage à son cousin disparu Travis « Trompet Black » Hill et enchaînait, lui aussi, les succès de Tremé, repris allègrement par les spectateurs.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

L’ambiance montait de plus en plus et l’on commençait à danser, un jambalaya dans une main et une bière dans l’autre. Ca, c’est Nola : la musique, la danse … et la bouffe !

Glen David Andrews

Glen David Andrews

Les gens affluent, habillés quelque fois d’une façon excentrique et faisant le va-et-vient au stand de boissons (même alcoolisées) et s’en donnaient à coeur joie car « Jazz in the Park » est toujours une fête où on vient en famille retrouver les amis pour un moment de partage.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

L’ambiance devait encore monter d’un cran quand les « Wild Magnolias » avec l’excellent pianiste Tom Worrell

Tom Worrell

Tom Worrell

le formidable chanteur, showman, Bo Dollis Jr

Bo Dollis Jr

Bo Dollis Jr

et les « Mardi Gras Indians »

Indian

Indian

faisaient leur apparition sur scène pour un show d’1h30. Bo Dollis faisait chanter et danser l’assistance comme il sait si bien le faire et, malgré la forte chaleur, les indians dansaient sur scène avec leurs splendides costumes.

"Mardi Gras Indians"

« Mardi Gras Indians »

Bo Dollis, les Wild Magnolias et les Indians mettaient littéralement le feu dans le parc avec leurs chants et danses particulièrement entraînantes.

Bo Dollis et sa soeur

Bo Dollis et sa soeur

Bref, une fin d’après-midi comme on les aime.

Nola’s news # 48

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Tous les mercredis, le club « d.b.a. », sur la plus musicale rue de New Orleans, Frenchmen street, reçoit Walter « Wolfman » Washington et il y a toujours beaucoup de monde qui vient l’écouter.

Walter "Wolfman" Washington

Walter « Wolfman » Washington

Non, il n’est pas hué quand il entre sur scène mais c’est au cri du loup (wolfman) que ses supporters l’accueillent. Walter Washington est un excellent guitariste et un très bon chanteur. Mais, chanteur de quoi …? Il est inclassable car il touche un peu à tout. Ce soir encore, il le prouve en commençant par de la soul puis un blues et enchaîne avec un morceau jazz de sa composition.

Walter "Wollfman" Washington quintet

Walter « Wollfman » Washington quintet

Il continue avec du funk et bien sûr, tout le monde danse. Maintenant, c’est du rythm’n blues et quand il appelle une chanteuse (une petite mamie très dynamique) pour interpréter quelques classiques du genre, on est toujours dans le même registre.

Walter "Wolfman" Washington et sa chanteuse

Walter « Wolfman » Washington et sa chanteuse

Mais très vite, la chanteuse part dans la soul pour le plus grand bonheur des spectateurs qui chantent à tue tête les refrains. Les musiciens sont alors stimulés par la bonne ambiance qui règne dans le club et réalisent chacun leur tour, de superbes chorus. Les spectateurs en redemandent encore et encore, en chantant et dansant … un verre à la main. Normal, on est à Nola !  Le quintet en termine alors par du funk endiablé … et c’est encore une bonne soirée de passée.

Nola’s news # 42

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Depuis 1 semaine et l’annonce du décès d’une des figures montantes du jazz de la Nouvelle Orléans, Travis « Trumpett Black » Hill, à l’âge de 28 ans, lors d’une tournée au Japon, tous les jours sont organisées des « second line » (défilé derrière un Brass Band) dans les rues de Tremé. Elles partent toutes du club « Ooh Poo Pah Doo » où Trompett Black animait la scène, tous les lundis. Hier soir, après la second line, c’est le « Cafe Istambul » qui appelait les très nombreux musiciens à se recueillir en musique (on est à New Orleans) et rendre hommage à Travis.

Peinture hommage

Peinture hommage

Un peintre avait réalisé un portrait et l’on pouvait, comme pour un livre de condoléances y apposer sa signature. Le plus émouvant, et j’en ai encore la chair de poule, c’est lorsque le Preservation Hall Orchestra entra dans le club en jouant la fameuse marche funèbre néo-orléanaise.

Preservation Hall Orchestra

Preservation Hall Orchestra

Après quoi, l’hommage commençait toujours en musique, mais cette fois dans la joie avec un morceau qui faisait déjà danser le public. Et, il y avait un nombre impressionnant de gens venus partager avec la famille ce moment de recueillement. Plusieurs « têtes d’affiches » étaient présentes et venaient se produire pendant 30 minutes. Et c’est Walter Wolfman Washington qui commençait cet hommage.

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

« Wolfman » jouait et chantait du blues mais aussi 2 thèmes rapides et entraînants. Puis, c’est Brother Tyrone qui prenait la suite et venait chanter quelques standards du rythm’n blues avec beaucoup de ferveur, comme il le fait à chaque représentation.

Brother Tyrone

Brother Tyrone

Le public se déchaînait, chantait et dansait. Brother Tyrone partageait régulièrement la scène avec Travis à Ooh Poo Pah Doo, ainsi d’ailleurs que le très apprécié pianiste Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Nous étions dans un spectacle comme pouvait le faire James Brown et on oubliait presque pourquoi on était là.

Brother Tyrone Band

Brother Tyrone Band

C’est comme ça à la Nouvelle Orléans, on partage joies et peines, toujours en musique. C’était au tour du « Dirty Dozen Brass Band » de rendre hommage, et on connaît leur entrain. 30 minutes de folies durant lesquelles ils demandaient aux spectateurs de rester debout et de danser.

Dirty Dozen Brass Band

Dirty Dozen Brass Band

L’excellent trompettiste Leroy Jones était venu se joindre a à eux pour une prestation à tout casser.

Leroy Jones

Leroy Jones

Puis, le « Big Sam’s Funky Nation » occupait à son tour la scène pour un moment de frénésie car Big Sam est un showman qui sait « mettre le feu » … et c’est bien ce qu’il a fait. Il a même organisé des chorégraphies depuis la scène que les spectateurs exécutaient.

Big Sam

Big Sam

Et les « Funky Nation » donnaient, comme d’habitude tout ce qu’ils avaient et le public adhérait à cent pour cent.

Big Sam's Funky Nation

Big Sam’s Funky Nation

Le « New Breed Brass Band » poursuivait cet hommage et quand on parle de Brass Band, on parle bien sûr, de musique entraînante et joyeuse, comme pour parader dans les rues.

New Breed Brass Band

New Breed Brass Band

Cette excellente formation devait laisser la place à un autre Brass Band tout aussi important à Nola, le « Brass-A-Holic »

Brass-A-Holic Band

Brass-A-Holic Band 

qui lui aussi jouait cette musique de Brass Band si particulière. Chaque demi heure donc, les groupes se succédaient et l’ambiance n’avait pas le temps de retomber. Corey Henry, autre tromboniste- chanteur, faisait son show d’une intensité incroyable.

 

Corey Henry

Corey Henry

Sa formation s’était étoffée et l’on y retrouvait avec plaisir le saxophoniste Calvin

Calvin

Calvin

et le guitariste June Yamagushi qui donnaient une dimension encore plus importante à cet orchestre.

June Yamagushi

June Yamagushi

J’ai rarement connu une telle ambiance et lorsque Corey Henry et James Andrews (cousin de Travis) faisaient monter sue scène la mère de Trumpett Black pour l’honorer, on atteignait alors le sommet de l’émotion.

Corey Henry, mère de Travis, James Andrews

Corey Henry, mère de Travis, James Andrews

Quoiqu’il en soit, tous étaient là pour honorer Travis et James Andrews, très ému, au bord des larmes se présentait sur scènes avec ses musiciens et chantait et jouait en montrant le ciel du doigt.

James Andrews

James Andrews

Peu à peu, le groupe grossissait sur la scène qui n’était plus assez grande.

une partie de la section de cuivres

une partie de la section de cuivres

James Andrews Band

James Andrews Band

Des éléments de « Bonerama » venaient participer à l’hommage dans une ambiance surréaliste.

Tromboniste de Bonerama

Tromboniste de Bonerama

L’ambiance était à son comble quand les indiens faisaient leur entrée et traversaient le club pour rejoindre la scène en chantant et en dansant.

Indian

Indian

Indian

Indian

Big Chief Bo Dollis Jr était également présent

Big Chief Bo Dollis Jr

Big Chief Bo Dollis Jr

Le temps n’avait plus d’importance et tous ces musiciens jouaient avec la ferveur que Travis avait sur scène.

Indian et Bo Dollis Jr

Indian et Bo Dollis Jr

James Andrews avait donc réussi à regrouper tous ces musiciens pour une véritable communion.

James Andrews

James Andrews

James Andrews + invités

James Andrews + invités

Enfin, l’autre cousin de Travis, Glen David Andrews venait lui aussi rendre hommage dans une ambiance qui n’arrêtait pas de monter.

Glen David Andrews

Glen David Andrews

Lui aussi, très ému, invitait le public à chanter et à danser, encore et encore. La longue soirée se terminait avec un chanteur de gospel bien connu à Nola, Josh. Sa voix atteignait des extrêmes dans les aigus.

Gospel singer, Josh

Gospel singer, Josh

Et comme dans les églises de Louisiane, Josh faisait monter l’ambiance par ces chants de gospel impressionnants

Gospel singer, Josh

Gospel singer, Josh

et entraînait le public à crier le nom de Trompett Black en finissant allongé par terre. 5 heures de musique pour un hommage extraordinaire, un partage et une solidarité hors du commun. C’est vraiment la première fois de ma vie que j’assistais à un tel événement de cette ampleur, d’une telle intensité et d’une émotion aussi bouleversante. Il fallait bien toutes ces photos pour témoigner de cet hommage. Travis « Trompett Black » allait avoir 29 ans le 7 août prochain. RIP.

 

 

Nola’s news # 35

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

David Torkanowski 4 Tet

David Torkanowski 4 Tet

La 2ème partie de soirée nous conduisait au club « Gasa Gasa » sur Freret street où tous les lundis, il y a un concert « free ». Et hier soir, c’était l’excellent pianiste David Torkanowski qui animait et invitait 3 autres musiciens. Public clairsemé en ce lundi, lendemain de « Mother day » mais public intéressé  et attentif. David Torkanowski avait invité le guitariste, aussi néo-orléanais Shan Kenner.

Shan Kenner

Shan Kenner

Pour accompagner ou improviser ensemble, il y avait aussi un excellent contrebassiste/bassiste, Chris Severin

Chris Severin

Chris Severin

qui ne s’attardait pas à faire de la figuration ou de l’accompagnement, mais qui avait son mot à dire dans cette improvisation collective. Il s’y employait, tantôt à la contrebasse, tantôt à la basse électrique,

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avec toujours beaucoup de maîtrise et d’inventivité. Quel son à la contrebasse … et la basse à 6 cordes ouvre tellement d’horizons … La batterie était tenue par un autre néo-orléanais, Jermal Watson, avec efficacité et créativité.

Jermal Watson

Jermal Watson

Mais, c’est tout de même le guitariste Shan Kenner qui se mettait en évidence, tout au long de ces 2 heures d’improvisation collective. En 2 heures, 4 improvisations avec, certes des temps plus faibles mais les temps forts étaient tellement intenses qu’on était transporté dans un autre monde.

Shan Kenner

Shan Kenner

2 heures de pur bonheur où on se laissait transporter par ce fabuleux quartet. Quand on les pensait à court d’idée, le guitariste changeait pour la guitare sèche, amplifiée et ça repartait. D’autres fois, c’était le contrebassiste qui prenait la basse électrique et qui relançait. Et David Torkanowski, aux claviers, jouait le plus souvent sur sa tablette sur laquelle il avait enregistré un certain nombre de choses, tant mélodiques que percussives et il s’amusait bien.

David Torkanowski

David Torkanowski

C’était une soirée à ne pas manquer.